LE PERFECTIONNEMENT PROFESSIONNEL DANS LE DOMAINE DE LA FORMATION À DISTANCE

Diane Gérin-Lajoie
Centre de recherches en éducation franco-ontarienne
Institut d’études pédagogiques de l’Ontario / Université de Toronto

 

La présente communication portera sur les résultats d’une étude nationale, menée en 1998 en partenariat avec le Réseau d’enseignement francophone à distance du Canada (REFAD) et financée par le Bureau des technologies d’apprentissage, Développement des ressources humaines du Canada. Cette étude avait comme objectif d’examiner l’utilisation des technologies d’apprentissage et leurs applications pédagogiques dans le domaine de la formation à distance, dans le cadre particulier du perfectionnement professionnel d’un groupe de formateurs et de formatrices. Une série d’ateliers offerts par le REFAD a servi de toile de fond à notre analyse. L’équipe de recherche s’est intéressée de façon particulière aux trois volets suivants : 1) l’efficacité des technologies d’apprentissage dans un environnement éducatif, 2) les applications pédagogiques liées à l’utilisation des technologies d’apprentissage et, 3) le transfert des technologies d’apprentissage en milieu de travail, à partir des connaissances acquises dans le cadre des ateliers. Nous avons ainsi tenté d’évaluer l’application et l’efficacité des technologies utilisées dans leurs contextes respectifs, afin de mieux comprendre de quelles façons ces mêmes technologies peuvent répondre le plus adéquatement possible aux besoins du processus d’apprentissage.

Au plan méthodologique, nous avons effectué une analyse qui comprend deux volets : le premier étant d’ordre quantitatif et le second, d’ordre qualitatif. Nous avons, dans un premier temps, administré un sondage. Le questionnaire, dont la plupart des questions étaient fermées, a été envoyé aux 304 individus qui ont participé aux ateliers pendant l’année 1998-1999. Ce sondage a été utilisé à des fins exploratoires. En plus de nous fournir des informations factuelles sur les participants et les participantes, il nous a aussi permis de sélectionner notre échantillon pour le deuxième volet de notre recherche. Ce dernier a consisté à effectuer des entrevues individuelles semi-dirigées avec un échantillon de 53 individus qui ont participé aux ateliers, huit des neuf animateurs et animatrices de ces ateliers et un représentant du REFAD. Enfin, dans un troisième temps, nous avons effectué une analyse documentaire, à partir de certains documents utilisés dans le cadre des ateliers. Nous nous sommes penchées, plus particulièrement, lors de cette analyse documentaire, sur la conception pédagogique en lien avec les technologies utilisées.

L’étude nationale qui sert à la présente communication, a fourni, en premier lieu, des renseignements importants sur le profil des formateurs et des formatrices qui suivent les ateliers de perfectionnement offerts par le REFAD. De plus, d’examiner le déroulement des ateliers offerts par le REFAD nous a fourni de précieuses informations sur l’utilisation des technologies d‚apprentissage dans le domaine du perfectionnement professionnel. D’une part, nous avons été en mesure d’analyser le processus de formation qui prend place lors de la tenue des ateliers du REFAD et d’autre part, de situer les résultats de notre étude dans le contexte plus large de la problématique de la formation à distance, des technologies d‚apprentissage et du perfectionnement professionnel.

En ce qui concerne les ateliers du REFAD, les données recueillies indiquent que, dans l’ensemble, les apprenants et les apprenantes inscrits à ces ateliers sont satisfaits des résultats obtenus. D’après les commentaires recueillis, le REFAD semble, en effet, atteindre son objectif qui consiste à permettre aux formateurs et aux formatrices de se sensibiliser ou de parfaire leurs connaissances en matière de nouvelles technologies d’apprentissage dans le domaine de la formation à distance. En principe, ces ateliers de perfectionnement professionnel doivent aussi permettre aux participants et aux participantes d’assurer le transfert des nouvelles connaissances acquises dans leur milieu de travail respectif. D’après les résultats de notre étude, ce transfert de connaissances semble être réalisable dans la majorité des cas. On semble aussi être satisfait du contenu des ateliers et on nous a également indiqué que les animateurs et les animatrices des ateliers avaient, pour la plupart, atteint les objectifs qu’ils et qu’elles s’étaient fixés, lors de la livraison de ces ateliers. Des critiques ont néanmoins été faites sur les outils technologiques utilisés dans certains des ateliers. Quelques participants et participantes ont aussi déploré le fait que des problèmes techniques soient survenus dans certains sites.

Les entrevues avec les animateurs et les animatrices ont permis de mieux comprendre leur point de vue en ce qui a trait au mariage de la technologie et de la pédagogie dans le contexte de la formation à distance. Tous et toutes ont insisté sur l’importance de partir des besoins de l’individu et non pas de la technologie comme telle, quand onfait de la formation à distance. Selon leur point de vue, l’apprentissage n’est pas possible si l’utilisation de la technologie ne repose pas sur des fondements pédagogiques solides. Il semble cependant que, dans le contexte de la présente étude, la technologie demeure encore un outil à apprivoiser pour certains des apprenants et des apprenantes. Les gens ressentent encore le besoin de se familiariser avec les technologies et trouvent parfois laborieux de composer avec les divers média, surtout dans une situation où le temps est limité, comme c’est le cas des ateliers suivis, où la durée de ceux-ci est de deux heures.

Le besoin de perfectionnement professionnel pour les formateurs et les formatrices qui travaillent dans le domaine de la formation à distance ne fait pas de doute, la preuve étant la popularité des ateliers de formation offerts par le REFAD. Les technologies d’apprentissage vont continuer à prendre de plus en plus de place dans la vie de tous les jours, surtout pour les groupes qui souffrent d‚isolement géographique, comme c’est le cas des francophones au Canada, plus particulièrement pour ceux et celles qui vivent en milieu minoritaire. Dans ces conditions, la formation à distance demeure l’outil par excellence, puisqu’elle offre la possibilité d’établir un système de communications qui favorise l’acquisition de connaissances et permet de briser l’isolement. Le rôle des formateurs et des formatrices qui travaillent dans le domaine de la formation à distance est important. Ces individus doivent s’assurer que les technologies d’apprentissage qui sont utilisées dans ce contexte démontrent un souci pédagogique constant.

Notre étude nous a permis de constater à quel point il est important de venir appuyer le travail des responsables de la formation à distance dans les diverses institutions d’enseignement au Canada. Les ateliers de perfectionnement professionnel du REFAD offrent, dans une certaine mesure, ce soutien et tentent ainsi de répondre à un besoin réel.

Il reste, cependant, que les institutions d’enseignement doivent fournir, pour leur part, l’encadrement nécessaire pour que les formateurs et les formatrices puissent assurer un travail de qualité auprès des membres de leurs institutions respectives.

Le contenu de la présente communication devrait ainsi présenter un intérêt certain pour les décideurs et les décideuses du domaine de la formation à distance, puisque celle-ci se penche sur des questions à l’heure en ce qui concerne les besoins de l’apprenante et de l’apprenant en matière de formation et de technologie.

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