Le rôle du visuel dans l'enseignement par Internet
Le nécessaire et le possible entre la télé-machine et l'apprenant humain: l'exemple du cours Communication visuelle: l'alphabet

 

Claude Cossette, professeur titulaire

Département d'information et de communication, Université Laval

Claude.Cossette@com.ulaval.ca

&

Francis Masse, stratège des infomédias

professionnel et chargé de cour en communication visuelle

Département d'information et de communication, Université Laval

Francis.Masse@com.ulaval.ca

 

65e congrès de l'Acfas &laqno;La science parle français»

du 12 au 16 mai 1997, Université du Québec à Trois-Rivières

http://www.fse.ulaval.ca/fac/explorinter/acfas/acfasint.html

 

Colloque 435 Exploration d'Internet, recherches en éducation et rôles des professionnels de l'enseignement

Table ronde 2 La dimension cybernétique et les réservoirs documentaires multimédia

 

&laqno; De la même manière que

les chercheurs et les scientifiques

ont adopté la révolution électronique,

les enseignants

devront y recourir

dans leurs programmes de formation

comme dans leurs méthodes pédagogiques.»

 

Stanley Chodorow, historien

recteur de University of Pennsylvania

Oui, Internet est en train de révolutionner la communication. La communication scientifique, politique, commerciale, interpersonnelle, et -pourquoi en serait-il autrement?- la communication pédagogique.

 

1. Le pédagogue et son public

 

Naguère encore, le professeur avait devant lui un public captif: la personne avide de connaissance avait besoin du professeur pour se développer. Mais, aujourd'hui, les sources de connaissance sont diverses: livre, télévision, groupes communautaires de tout intérêt... et, dorénavant, Internet.

 

Les étudiants sont nos clients

Or, l'étudiant d'aujourd'hui fait partie d'un public beaucoup moins captif qu'avant. Personnellement, je considère que mes étudiants sont mes &laqno; clients ». Pas dans le sens que cela me rapportera plus d'argent de les considérer ainsi, mais dans l'esprit que ce sont eux qui me font vivre, je leur suis donc obligé, cela m'honore de me considérer comme leur serviteur.

Les étudiants sont nos client pour une autre raison: un client, c'est la condition de survie du "fournisseur" (vendeur de biens dans un centre d'achats, et professeur pour une clientèle étudiante). Normalement, le fournisseur entretient sa relation, courtise, d'une certaine manière son "client".

Je considère effectivement les professeurs comme des dispensateurs de services qui ont devant eux des clients qu'ils doivent satisfaire. S'ils n'y arrivent pas, c'est la scission, le chahut, les drop-outs, le mur... Mais si ce sont des clients, intervient le besoin de recourir au marketing.

Techniquement, le marketing est une méthodologie de la mise en marché qui se préoccupe de toutes les étapes à partir du moment où une personne pense à un produit ou un service jusqu'au moment ou ce produit ou ce service est intégré à la vie du destinataire - y compris donc, le service après-vente. N'est-ce pas là un beau défi pédagogique?

Les professeurs ne sont pas des marketers de métier, bien sûr. Néanmoins, la philosophie marketing pourrait peut-être rendre service à l'Université. Le marketing nous prévient qu'il ne suffit pas de mettre au point un programme, un cours: le marketing impose de se préoccuper de &laqno; toutes les étapes jusqu'au moment ou ce produit ou ce service est intégré à la vie du destinataire » - dans le cas qui nous préoccupe, de l'étudiant donc. Mais quelle université se préoccupe autant de ses étudiants?

Philosophiquement, le marketing consiste à appuyer toute ses actions sur les besoins et désirs du client destinataire. Dans cet esprit, ne devrions-nous pas agir davantage en marketers? La pédagogie ne consiste-t-elle pas à "indiquer le chemin" qui permettra à l'étudiant d'être lui-même? Ce qui est pour le marketer un moyen est pour nous une condition liée: il n'y a pas d'apprentissage durable sans besoin éprouvé, sans désir titillé. C'est pour cette raison que l'esprit marketing est un recours nécessaire pour les vrais pédagogues.

Enseigner, c'est communiquer; communiquer, c'est persuader. Pour mettre en marché, "persuader", il faut avoir quelque chose de précis à offrir, et l'offrir dans un USP comme disent les publicitaires, un "Unique Selling Proposition", "un énoncé véritablement clair, alléchant et qui est réellement caractéristique".

C'est dans cet esprit que le cours ComViz Communication visuelle: l'alphabet a été mis au point, et c'est dans cet esprit qu'il est "publicisé" auprès de la clientèle étudiante internaute.

Dans la Page d'information disponible sur Internet, on lit des affirmations du genre: &laqno; Nouveau! », &laqno; NE MANQUEZ PAS VOTRE CHANCE ! », &laqno; Apprenez sans connaissances préalables ! », &laqno; Cours conçu par le spécialiste de la communication visuelle, Claude Cossette ! », &laqno; Apprenez vous-même comment maîtriser la communication visuelle avec ComViz », &laqno; 1er cours sur la composition des images avec crédits universitaires », &laqno; Étudiez et créez vous-même des images bien composées pour vos usages journalistiques, publicitaires ou pédagogiques », &laqno; Travaillez à votre rythme et de chez vous ».

 

(Image "Page info")

 

Le prof contre l'ordi

Certains professeurs se désolent de voir leur "pouvoir" sur les étudiants leur échapper. Moi, je me console: je sais que je suis utile aux étudiants et que je ne serai pas remplacé par l'ordinateur. Un professeur est différent d'un ordinateur, vous savez. Contrairement à l'ordinateur, je suis une personne avec laquelle mes étudiants peuvent tisser une relation.

Voici quelques uns de leurs commentaires à la question ouverte "Commentaires" du dernier questionnaire d'évaluation de mon enseignement. Cela a donné l'occasion à 17 de mes 22 étudiants de s'exprimer; sur les 17 commentaires, 14 ont spontanément fait des commentaires sur leur professeur du genre de ceux-ci: &laqno; La relation entre les étudiants et le prof est super. Et c'est ça qui donne de la valeur au cours », &laqno; J'ai apprécié l'idée des convocations à des rendez-vous en tête-à-tête », &laqno; Le cours le plus intéressant et le plus motivant que j'ai eu jusqu'à maintenant; le professeur est très disponible ».

Comment je vais continuer à donner la même impression à mes étudiants du cours sur Internet ComViz Communication visuelle: l'alphabet ? Par une stratégie de communication étudiants/professeur en cinq points:

1. je fais une petite intervention "d'encouragement" sporadiquement au fil du cours (sonore, de vive voix);

2. l'étudiant peut, à tout moment, s'adresser à son tuteur personnel par courriel;

3. tous les étudiants sont abonnés à un Forum par courriel sur lequel ils peuvent intervenir (tous leurs camarades prennent connaissance de leur intervention par courriel); ils reçoivent de la même manière les commentaires de leurs camarades et du professeur;

4. un certain nombre d'exercices sont corrigés par les tuteurs qui renvoient leurs commentaires, personnels à chaque étudiant, par courriel en dedans de 48 heures;

5. selon les besoins, les étudiants sont convoqués (par courriel, évidemment) à un Partage en ligne (chat) pour y discuter de certaines notions qui semblent causer problème.

 

Malgré l'engouement qu'a créé chez moi l'avènement d'Internet, je ne me sens pas en compétition avec l'ordinateur. Il est vrai que les étudiants sont très exigeants sur le talent communicationnel de leurs professeurs. Ils sont les enfants de la télé: c'est la télé qui a été pendant 18 ans leur baby-sitter. Un professeur est toujours plus ou moins comparé à Tom Cruise, Nastassja Kinski ou Gérard Depardieu.

Pour moi, un professeur est d'abord un communicateur et un motivateur. J'ai presque envie de dire: avant d'être un savant. Reconnaissons qu'un PhD qui enseigne à des étudiants du bacc reproduit le même rapport relationnel qu'un bachelier en mathématiques qui enseignerait les multiplications à un écolier de troisième année du primaire. Dans les deux cas, l'expertise cruciale est la pédagogie, non pas les mathématique. En effet, il ne peut pas y avoir d'apprentissage sans étudiant motivé, et il ne peut pas y avoir de transmission de connaissances sans communication.

Un pédagogue (donc, un professeur?), c'est ça: un communicateur et un motivateur. Le Petit Robert dit: &laqno; Pédagogue: personne qui a le sens de l'enseignement. » Et donne en exemple de la forme adjective: &laqno; Professeur très savant, mais peu pédagogue » comme si les deux termes étaient contradictoires. Mais même sur Internet, c'est là le rôle premier du professeur: structurer la matière de manière communicationnelle, compte-tenu des publics auxquels elle est destinée.

 

 

2. La structure de ComViz

 

Le cours ComViz Communication visuelle: l'alphabet est structuré en dix Modules, comme les éditions autonomes d'un magazine. Le cours reprend d'ailleurs certains principes des médias de masse imprimés.

 

Un Plan de cours détaillé

L'étudiant a accès à un Plan de cours détaillé qui l'amène d'hyperlien en hyperlien à divers endroits nécessaire ou utiles pour son cheminement d'apprentissage. Cette page est structurée dans deux cadres: un pour la Table des matières, un qui ouvre les hyperliens de la Table des matières.

 

(Image Plan Cours 1)

 

Il dispose ainsi continuellement sous les yeux, de la Table des matières qui comprend 12 points:

1. Description du cours

2. Intérêt de ce cours

3. Inscription

4. Objectifs

5. Compétences préalables

6. Les enseignants

7. Communication

8. Contenu du cours

9. Méthodes pédagogiques

10. Ressources documentaires

11. Évaluation

12. Échéances

 

L'écran d'ouverture mène à des informations complémentaires comme le site du Département d'information et de communication ou les Pages personnelles des enseignants.

Chaque section du Plan de cours est truffé de pointeurs pratiques qui sont "vendus" avec des présentations du genre: "On ne peut ignorer le site Internet IKONQuébec qui rassemble une masse imposante d'information sur la communication visuelle" ou "How magazine is the business and creative resource for graphic designers", etc.

 

(Image IkonQ)

 

Quand on pointe sur un site extérieur à ComViz , un 2e écran s'ouvre. Une décision importante a été prise ici: quand le lien est ailleurs dans ComViz c'est l'écran de droite qui s'enclenche vers la nouvelle page; quand le lien est à l'extérieur de ComViz c'est un 2e écran qui s'ouvre. De cette manière, l'étudiant est toujours "retenu" dans le site ComViz .

Évidemment, des Boutons de navigation sont continuellement présents à l'écran. Ces boutons permettent à tout moment à l'étudiant de bifurquer vers une nouvelle direction. Ces boutons sont au nombre de six:

· Courriel,

· Partage en ligne,

· Forum par courriel,

· Votre dossier,

· Plan du cours,

· Plan du Module

 

Chacun de ces boutons ramène directement l'étudiant à la page nommée.

 

Des Modules bien structurés

Chaque Module est structuré sur deux cadres comme le Plan du cours lui-même: le cadre de gauche pour le Plan (table des matière), le cadre de droite ouvre la matière de l'élément clicqué dans le Plan-Table.

 

(Image Page d'accueil Mod)

 

On a opté pour reprendre systématiquement une Table des matières avec une distribution identique de la matière d'un Module à l'autre:

1. Le mot du prof

2. Dans ce Module...

3. Que savez-vous?

4. Augmentez vos connaissances!

5. Développez vos habiletés!

6. Élargissez votre culture!

7. Échéance

8. Vous avez appris?

9. Exergue

(Remarquez le style "motivateur" -voire, "publicitaire"- adopté dans la seule manière de nommer les parties de cette Table des matières.)

 

"2. Dans ce Module..." énumère de manière simple (laconique?) les compétences à acquérir:

"3. Que savez-vous?" présente un petit pré-test simple pour piquer la curiosité de l'étudiant:

"4. Augmentez vos connaissances!" constitue le coeur du Module en ce qui concerne l'acquisition des connaissances; il comprend des lectures, des démonstrations, des auto-tests (Laquelle est laquelle?), des pointeurs sur des sites extérieurs, etc.

 

(Image Laqu?)

 

"5. Développez vos habiletés!" permet à l'étudiant de vérifier, sur le mode interactif, s'il est capable d'appliquer ses connaissances à des résolutions de problèmes.

Par exemple, ici, on lui demande de composer un panneau-réclame avec des éléments graphiques qu'il reçoit en ligne. Il peux grossir ou réduire les éléments, les déplacer... et même, voir quelle allure aurait son panneau dans la ville. S'il est satisfait, il clicque et son panneau s'en va chez son tuteur qui lui fera des commentaires.

 

(Image Aldo 1)

 

(Image Aldo 2)

 

"6. Élargissez votre culture!" propose d'autres avenues pour ceux qui veulent approfondir leurs connaissances. On y trouve des pointeurs, des références de livres (avec mention de la Cote de la bibliothèque pour faciliter le repérage sur place), ainsi de suite. Comme l'écrivait mon collègue, Gilles Lemire: &laqno; Les rapports aux lectures à faire entraînent le besoin de voir ailleurs et la satisfaction de la curiosité intellectuelle. Cette composante essentielle assure à l'apprenant l'étendue indispensable des compétences à acquérir dans le cadre de la formation ponctuelle à laquelle il s'adonne. »

"8. Vous avez appris?" vous amène à évaluer les connaissances acquises. Il s'agit d'un test objectif, avec images au besoin, dont vous avez le résultat en quelques secondes.

 

(Image Éval)

 

Un contrat clair

Internet nous permet de considérer un nombre varié de modes d'évaluation. Nous avons mis au point des codes de sécurité qui empêcheraient, par exemple, un étudiant de refaire une évaluation après avoir pris connaissance du corrigé.

Mais comme dans plusieurs cas d'évaluation en classe traditionnelle, l'étudiant malhonnête peut sans doute réussir à frauder. Comment en effet, vérifier que ce n'est pas une autre personne qui fait le test en inscrivant le Mot de passe qui lui a été révélé par le postulant?

Nous avons décidé de ne pas être "plus catholique que le Pape": nous usons de prudence sans être tatillon. Nous considérons que l'étudiant qui s'inscrit et qui paye pour apprendre n'a pas comme objectif premier de flouer le système.

 

Quand aux évaluations. elles sont parfois de type formatif comme dans ce cas-ci où l'étudiant lit sur son écran: &laqno; Si vous désirez disposer d'un feedback sur votre travail, identifiez votre meilleure composition et faites-la parvenir à votre tuteur qui vous retournera son avis en 48 heures par courrier électronique. Il vous accordera pour votre travail, à simple titre indicatif, une note sur 10.»

Tout un train d'évaluations de type sommatif ont été mises au point. Elles sont de quatre types:

1. Une Évaluation de connaissances est présentée à chacun des Modules. Chacune de ces évaluations est corrigée automatiquement et compte pour 5 points pour un total de 50 points.

2. Deux Exercices sont comptabilisés pour 10 points chacun; le premier se situe au Module 3 et le deuxième, au Module 8.

3. Un petit Essai critique est aussi comptabilisé pour 20 points. Cet essai se situe au module 6. Il est corrigé par le tuteur.

4. La participation au Forum par courriel compte pour 10 points.

L'ensemble totalise 100 points.

 

Évidemment, à tout moment, l'étudiant peut consulter son dossier en ligne.

 

3. Des choix réfléchis

 

Utiliser Internet pour un cours obligatoire et qui n'est même pas offert en classe nous a forcé à réfléchir sur un certain nombre de questions. Nous en évoquerons ici quelques unes.

 

Linéarité contre foisonnement

Internet est à la fois un multimédia et un hypermédia. Multimédia, il permet d'intégrer les textes, les sons, les images animées. Hypermédia, il donne la possibilité de parcourir une matière de multiples façons différentes, de batifoler sur le chemin des écoliers avant de revenir à sa "page de devoir", de faire des incises (une petite jase avec un ou une camarade), ainsi de suite.

Dans ComViz Communication visuelle: l'alphabet nous avons pris deux décisions majeures quand à la forme:

1. comme le cours ComViz Communication visuelle: l'alphabet est avant tout un instrument d'apprentissage, il serait structuré de manière relativement linéaire. L'étudiant pourrait progresser selon ses désirs personnels... jusqu'à une certaine limité; la structure inciterait fortement à un cheminement séquentiel.

Par ailleurs, la bonne communication commande des messages brefs et à contenu simple. Mais la communication pédagogique exige des messages explicites, la répétition sous des formes variées.

Nous avons donc navigué entre les écueils de la longueur encyclopédique et du simplisme massmédiatique.

 

2. le cours ComViz Communication visuelle: l'alphabet n'exploiterait pas à fond toutes les possibilités d'Internet. Les jeunes "cybermaniaques" sont friands d'interactivité, d'animation, de son, etc. Mais les réseaux ne permettent pas une véritable interactivité (le téléphone visuel est encore embryonnaire). Or une image est déjà en soi un document lourd; point n'est besoin d'y ajouter d'autres "gadgets" qui décupleraient les temps de chargement... et les possibilités de planter. Un message est même ajouté qui répète sans cesse en bas d'écran: &laqno; Patience! ComViz est un cours sur l'image. Télécharger beaucoup d'images prend beaucoup de temps: c'est le prix à payer pour devenir visualiste compétent.»

 

Parler professoral ou journalistique?

Par ailleurs, la langue d'usage fut aussi questionnée. Si un professeur veut être compris des étudiants, il doit adapter son langage à son public, pensions-nous. A fortiori si la communication ne se fait pas en face à face.

Je ne peux m'empêcher de rappeler deux faits scientifiques quand à la langue de communication:

1. la loi du linguiste-communicateur George Zipf est incontournable: le bonne communication se fait avec les mots les plus courts, les plus simples et les plus polyvalents qui sont finalement les plus utilisés; ans cet esprit, un texte doit comprendre 75% de mots de deux syllabes.

2. ce qui est "communicationnellement" bon pour l'étudiant est bon aussi pour le professeur. A preuve, une recherche réalisée par le professeur Turk auprès de 1580 scientifiques de Grande-Bretagne (rapporté dans O'Connor, M. et Woodford, F. (eds) Writing Scientific Papers in English, Elsevier Publ. 1975). On présentait à tous ces scientifiques deux textes d'une page sur "L'effet de l'adrénaline sur l'agressivité", un des rapports était écrit par un prétendu Dr Brown et l'autre par un supposé Dr Smith. Les deux textes présentaient les mêmes arguments dans le même ordre, ils comportaient le même nombre de mots techniques et les conclusions étaient identiques.

Le deux textes n'étaient différents que sous un aspect: le texte du Dr Smith était écrit dans un style "universitaire" avec des phrases longues et des mots compliqués; le texte du Dr Brown appliquait les règles de la communication efficace: phrases courtes, ponctuation diversifiée, mots simples.

Résultats: 69,5% des scientifiques préférèrent le texte simple du Dr Brown, qu'ils trouvaient plus stimulant, plus intéressant. Mieux encore: 75% des répondants trouvaient même que le Dr Brown était un chercheur à l'esprit mieux organisé que le Dr Smith.

 

Par ailleurs, il est important -comme dans le discours parlé- de varier le ton, de dramatique à humoristique, de critique à encourageant, de poétique à technique. Le cours ComViz Communication visuelle: l'alphabet recourt à une variété de "couleurs" de langage. Il arrive même que le professeur intervient "sonorement".

 

(Image K7 Bulle)

 

 

Des repères visuels

Un effort particulier a été fait pour donner au cours ComViz Communication visuelle: l'alphabet un environnement visuel homogène. On a créé pour cela un logotype qui, associé à d'autres éléments graphiques (bandeaux, filets) façonne un milieu graphique reconnaissable facilement: dans ComViz l'étudiant se sent chez lui... ou dans un pays étranger dès qu'il perd ces (ses?) repères visuels.

 

(image LogoComViz)

 

 

 

 

Finale: La place de la relation interpersonnelle

 

Deux points avant de terminer:

1. quelle place peut bien avoir la relation interpersonnelle dans cette "pédagogie techno-virtuelle" ?

Au risque de surprendre les techno-craintifs, j'affirmerais qu'un cours Internet bien pensé crée plus d'occasions d'interaction professeur/étudiants qu'un cours à grand groupe en salle.

 

2. quelles ressources sont nécessaires pour réaliser un cours sur Internet?

Voici quelques uns des ingrédients qui nous ont permis de réaliser le cours ComViz Communication visuelle: l'alphabet avec des moyens relativement ordinaires:

· un professeur qui comprend le rôle de la communication de masse dans la pédagogie

· un professeur qui est ouvert aux nouvelles technologies de l'information

· des ressources humaines en programmation

· des ressources humaines en révision linguistique (Internet est un domaine de l'édition)

· des ressource humaines en communication visuelle

· un mini parc informatique

· pour les étudiants inscrits: l'accessibilité à des laboratoire informatiques.

 

Mise en garde

Nous ne prétendons pas que la formule Internet soit la solution à toutes les situations de formation universitaire. Pas plus qu'aucune autre formule pédagogique, d'ailleurs: que ce soit un cours magistral, une lecture dirigée, des expériences en laboratoire, des cours par correspondance... télévisé, ou d'autres.

Mais Internet permet de porter le service (pédagogique) "à domicile", ce qui n'est pas peu dire. Internet permet d'intégrer plusieurs formes d'apprentissage qui étaient auparavant disponibles en des lieux différents: amphithéâtre pour le cours magistral, bibliothèque pour la lecture, téléviseur familial pour les cours télévisés, ainsi de suite.

Et il semble qu'Internet soit assez interactif et diversifié pour harponner n'importe quel jeune qui a accès à un ordinateur le moindrement performant. Ne sont-ce pas là des ressources incontournables pour un professeur passionné?

 

Envoi

Je prenais connaissance, il y a quelques jours, de ce proverbe amérindien: &laqno; Nous n'héritons pas de la terre de nos parents, nous l'empruntons à nos enfants.» Je me sens comme celà par rapport à Internet: je délaisse les méthodes que j'ai apprises pour acquérir celles qui seront les plus répandues chez mes... petits enfants.

 

Claude Cossette