V- L'OPTION DU COMITÉ: LA DÉCENTRALISATION VERS LES FACULTÉS
ET LES DÉPARTEMENTS
Quoi décentraliser ? Nous dirions simplement : tout ce qu'il
est possible de décentraliser en respectant les exigences de l'unicité
corporative, les obligations légales de l'Université, les
exigences de sa représentation collective et, surtout, les besoins
de coordination liés à la responsabilité institutionnelle
de servir la société.
Le meilleur moyen de responsabiliser les gens, c'est de leur faire confiance.
Dans une organisation qui se veut dynamique et qui veut tirer tout le profit
possible de la compétence et de l'engagement de ses membres, on doit
partir du principe que les membres des unités de base sont intelligents,
compétents et responsables et qu'ils ont à coeur la réussite
de leur unité et de l'ensemble auquel elle appartient. De surcroît,
dans une organisation aussi diversifiée qu'une université,
on doit accepter que les gens à la base savent probablement mieux
que quiconque ce qui est bon pour leur unité. En contrepartie, la
société attend d'un établissement comme l'Université
Laval qu'il ait des objectifs institutionnels communs, qu'il ne soit pas
un simple amalgame d'unités disparates et désordonnées,
mais qu'il ait un plan d'ensemble et une action cohérente, qu'il
se donne des standards communs et des moyens d'évaluer ses composantes
et leur performance. Il est aussi difficile qu'indispensable de réaliser
cet équilibre entre unité et diversité, entre coordination
et décentralisation.
Vers qui décentraliser ?
À cet égard, l'option du comité est claire et peut
se résumer de la façon suivante :
- Déjà, beaucoup de responsabilités incombent aux
départements et aux comités de programmes. Elles ne doivent
pas être diminuées, bien au contraire. Il faudra sans doute
mieux définir, « localement », les rapports entre
ces instances. À cet égard, tout en reconnaissant les mérites
de la bidimensionnalité et sa nécessité en certaines
circonstances (v.g. programmes d'enseignement ou de recherche requérant
le concours de plusieurs départements ou facultés), le comité
rejette d'emblée une application uniforme et contraignante de ce
« principe », rejoignant ainsi le rapport Bélanger
qui cite ce cas comme un exemple de non-adaptation à la diversité
des situations facultaires.
- Il est, par contre, sinon impensable, du moins irréaliste de
prendre comme unique base de décentralisation le département.
À toutes fins utiles, cela voudrait dire supprimer les facultés
et établir un lien direct entre les instances centrales et plus de
70 divisions. Aucun spécialiste de l'organisation en général
et de l'organisation universitaire en particulier ne recommanderait un tel
virage.
- Sur la base de tout ce qui précède et, notamment, de la
consultation sur le rapport Bélanger, le comité ne croit pas
qu'il y ait lieu de retenir la division en quatre secteurs, à tout
le moins comme base de la décentralisation des pouvoirs de coordination
de l'administration de l'Université. Nous verrons plus loin que la
notion de secteur peut très opportunément être retenue
à d'autres fins.
- Que reste-t-il comme instance possible de décentralisation ?
Quoi d'autre que la FACULTÉ, division de l'Université qui
existe depuis ses origines médiévales et qu'on retrouve dans
presque toutes les universités du monde et, notamment, en Amérique
du Nord ?