VI- LA NOTION DE FACULTÉ ET SON APPLICATION DANS LES GRANDES UNIVERSITÉS CANADIENNES

A. Nature et rôle de la faculté

Le comité a donc été amené à réfléchir sur la nature de cette division de l'université qu'est la faculté et à tenter d'en dégager les fonctions.

La chose n'est ni facile, ni évidente, car ces fonctions ou leur importance relative varient d'une faculté à l'autre. Elles varient en particulier en vertu de la dialectique faculté- département. Ainsi, à l'Université Laval, on pourrait ranger les facultés sur un spectre. À une extrémité, on trouverait, bien sûr, les facultés dites « non-départementalisées » (Droit, Théologie, Philosophie, Médecine dentaire), puis les facultés où la réalité facultaire prime sur la réalité départementale (v.g. Médecine) et, à l'autre extrémité, une faculté qui est presque une fiction (Arts), précédée de facultés où les départements paraissent prendre plus d'importance que la faculté qui les regroupe.

Toutes les facultés ont cependant les fonctions suivantes :
La plupart jouent aussi le rôle d'interface avec le monde extérieur. Nous reviendrons sur cette dimension du rôle de la faculté.

Enfin, un certain nombre, et à des degrés divers, font office de :
Pour plusieurs de ces fonctions, on pourrait reprendre l'image du spectre et opérer un rangement des facultés. Notons au passage que ces variations entraînent des variations correspondantes dans le rôle du doyen, qui peut présenter des différences importantes d'une faculté à l'autre.

Cette diversité n'est pas à bannir, au contraire. Elle traduit l'évolution des disciplines et des champs d'études aussi bien que des réalités culturelles, sociologiques et économiques. Elle reflète aussi une capacité d'adaptation de l'université qu'on ne lui reconnaît pas généralement. Il ne faudra pas s'attendre à ce qu'au terme de sa réflexion, le comité en arrive à proposer un tableau des facultés qui ferait totalement abstraction de ces adaptations historiques, qui serait parfaitement fondé sur le plan scientifique et dont on pourrait aisément dégager une notion univoque de faculté.

Nous aimerions revenir sur un des rôles de la faculté dont on ne perçoit pas toujours l'importance et qui, aux yeux du comité, est majeur. Il s'agit de la fonction d'interface avec le monde extérieur.

On parle souvent de façon abstraite et générale de la relation entre l'université et la société. Dans la réalité concrète, cette relation s'établit le plus souvent par l'entremise des facultés qui sont en interaction avec un environnement spécifique. La relation de l'université avec le monde de la santé se fait principalement à travers la faculté de médecine et les autres écoles du secteur des sciences de la santé. Sa relation avec le monde juridique passe principalement par la faculté de droit. Ses liens avec le monde agro-alimentaire s'établissent surtout par la faculté des sciences de l'agriculture et de l'alimentation. Et ainsi de suite.

Il nous semble y avoir ici certaines réalités incontournables et des richesses à préserver pour le bien des étudiants, pour la vitalité de l'activité de recherche et pour la fécondité des rapports entre l'université et la société.

B. Application de la notion de faculté dans les grandes universités canadiennes

Pour voir comment la notion de « faculté » est utilisée pour structurer les universités canadiennes, nous avons choisi d'examiner le cas de celles qui sont comparables à l'Université Laval par la taille et par l'importance qu'y prennent les études avancées et la recherche. En fait, nous avons choisi les universités suivantes :
The University of British Columbia (U.B.C.)
The University of Alberta
The University of Western Ontario
McMaster University
The University of Waterloo
The University of Toronto
Queen's University
McGill University
L'Université de Montréal
On trouvera dans le tableau de l'annexe V la répartition des disciplines et champs d'études entre les facultés dans ces universités.4
4 Pour des fins de comparaison et, compte tenu de leur plus grand degré d'autonomie que celui des facultés, nous avons considéré comme des facultés l'École polytechnique et l'École des hautes études commerciales de l'Université de Montréal. De même nous avons considéré comme une faculté la School of Graduate Studies de la University of Toronto puisqu'elle joue le même rôle et a le même statut que les facultés d'études supérieures des autres universités et qu'elle est dirigée par un doyen.

5 Si on inclut l'École d'optométrie directement reliée au comité exécutif.