Rapport préliminaire déposé au Conseil d'administration de l'Université Laval, à sa séance du 15 octobre 1997.
Chapitre 1
Introduction
Au tournant du siècle, l'Université Laval fêtera ses 150 ans d'obtention de sa charte et ses 340 ans d'existence en tant que grande université francophone ayant acquis une solide réputation internationale et ayant joué un rôle déterminant dans le développement des sociétés québécoise et canadienne.
"Dans les sociétés comme pour les hommes, il n'y a pas de croissance sans défi" *. Pendant toutes ces années, l'Université Laval a su relever les défis qui se sont présentés à elle en s'adaptant aux diverses mutations organisationnelles, académiques et aux courants de pensée en matière d'enseignement supérieur. La globalisation rapide de l'économie, la transition accélérée vers une société du savoir et l'explosion des connaissances, notamment grâce aux NTIC, sont autant de changements auxquels l'université - et la société - est aujourd'hui confrontée.
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* Citation de J.-J. Servan-Schreiber, Le Petit Robert (sous l'entrée
"défi"), Les dictionnaires Robert-CANADA S.C.C., Montréal,
1988.
Dans ce contexte, les attentes face à l'université augmentent et se diversifient. L'Université Laval, seule grande université dans l'Est du Québec, est sollicitée, à l'occasion de façon contradictoire, pour répondre à des besoins locaux liés à la reconversion économique de la région de Québec, pour s'adapter aux besoins renouvelés de formation des jeunes et des adultes, pour contribuer par la formation, la recherche et le transfert technologique au développement du Québec. Grande université de recherche, elle doit également développer sa position concurrentielle dans un environnement mondial en même temps qu'elle doit s'ajuster à un mode de financement contraignant. Enfin, elle doit répondre à des attentes accrues aux plans de la qualité, de l'efficacité et de la transparence de toutes ses opérations. Bref, l'heure est à la créativité et à la définition de nouveaux modes d'organisation et d'action.
LA MISSION
Dans le but de mobiliser les énergies de la communauté, la Commission croit nécessaire que l'Université Laval se donne un énoncé de mission et elle espère qu'il sera l'objet d'une appropriation par l'ensemble des membres de la communauté universitaire.
La formation des personnes est au coeur de l'action universitaire; formation initiale des jeunes et, de plus en plus, formation continue des adultes, elle doit constituer la base de la mission de l'Université Laval. La recherche et la création sont des caractéristiques fondamentales de l'université; leur rôle, en appui à la mission de formation doit être clairement précisé dans l'énoncé de mission d'une institution qui, comme l'Université Laval, se situe dans le groupe restreint des grandes universités de recherche du monde. Enfin, il faut réaffirmer que le but ultime de la formation universitaire est le développement de citoyens responsables, qualifiés, capables de s'adapter au changement et de contribuer à l'avancement de la société.
À la lumière des traditions de l'Université Laval et des grands changements sociétaux, la Commission d'orientation recommande l'adoption de l'énoncé de mission suivant:
Recommandation: L'Université Laval place l'étudiant au coeur de ses préoccupations et se donne pour mission de lui assurer, dans un environnement de recherche et de création de haute qualité, une formation initiale et continue qui en fera un citoyen responsable, critique et ouvert au changement.
Dans l'accomplissement de cette mission, l'Université Laval
Pour ce faire, les membres de la Commission croient que l'Université Laval doit conserver et développer les caractéristiques suivantes:
Quelques considérations générales
LA TAILLE
Le nombre d'étudiants à l'Université Laval est une variable qui ne cesse de fluctuer. De moins de 5 000 en 1960, les effectifs étudiants ont atteint 36 000 en 1992 et, malgré une baisse marquée du nombre d'inscriptions ces dernières années (1993-1996), Laval se classe toujours parmi les plus importantes universités au Québec et au Canada en regard du nombre d'étudiants inscrits.
Cependant, le nombre d'étudiants que l'on doit admettre à l'Université Laval est la source d'un débat continuel qui oppose les concepts d'université de masse à université d'élite. Pour être éclairé, ce débat devrait s'appuyer sur une redéfinition de la notion d'accessibilité aux études universitaires. En ce sens, l'accès doit être déterminé en prenant en considération la préparation des étudiants, leurs qualifications et leur motivation, les ressources disponibles pour offrir une formation de qualité et les besoins de formation de la société. Dans ce contexte, il faut réaliser que la surpopulation dans certains programmes peut entraîner une détérioration de la qualité de la formation parce qu'elle rend plus difficile une relation fructueuse professeur-étudiant. D'autre part, le manque d'étudiants dans certains programmes empêche l'offre de certains cours et altère ainsi la qualité du programme de formation offert.
On ne peut passer sous le silence les impératifs de la formule de financement des universités qui tient compte pour une large part du nombre d'étudiants inscrits. Les variations d'effectifs ont donc une incidence majeure sur le financement de l'université et ont, dans une certaine mesure, orienté les comportements de toutes les universités québécoises. Dans la planification de son développement, l'Université Laval doit être attentive aux effets pervers de cette formule de financement; si elle doit se doter d'une stratégie de recrutement, celle-ci ne doit pas viser la simple "course aux étudiants" mais bien plutôt l'atteinte d'objectifs académiques clairs mettant en relation le nombre d'étudiants, leur qualité et leurs besoins de formation avec la capacité d'accueil de ses programmes.
La Commission considère que la taille globale de l'université ne peut être que la résultante des capacités d'accueil des divers programmes de formation et des divers départements. Comme ces programmes et ces départements doivent être dynamiques et être capables de s'adapter, les capacités doivent elles aussi être considérées comme évolutives.
En complémentarité avec la détermination des capacités d'accueil, il y a lieu de favoriser des stratégies proactives de recrutement visant à assurer une bonne diversité dans la provenance des étudiants (diversité régionale des diplômés de collèges, étudiants provenant d'autres provinces et de l'étranger, étudiants adultes...). Ces stratégies doivent être conçues de façon à rechercher non pas un nombre illimité de candidats mais plutôt, en regard des capacités d'accueil, les candidats les plus susceptibles de satisfaire aux exigences du programme, exigences qui devront d'ailleurs être sujettes à des révisions fréquentes pour assurer une bonne adéquation aux besoins de formation.
La Commission estime en ce sens qu'il appartient aux facultés, de concert avec leurs départements, de se doter de stratégies de recrutement fondées sur une évolution des attentes et des besoins de la société, des capacités d'accueil en regard de la qualité de formation offerte et des ressources disponibles. Ces stratégies de recrutement feront vraisemblablement appel à toutes les collaborations nécessaires avec les étudiants, les diplômés et les partenaires du réseau de l'enseignement.
LES PROGRAMMES DE FORMATION
Un des défis que doit relever l'Université Laval est de savoir arrimer de façon dynamique les programmes de formation aux besoins évolutifs de la société. L'université a, depuis plusieurs années, mis en place un système d'évaluations périodiques de ses programmes. Plus récemment, elle a développé un système plus rigoureux d'évaluation intégrée des programmes et des unités, qui permet d'appuyer la nécessaire intégration de la recherche et de la formation et de tenir compte de la qualité des ressources engagées dans les programmes de formation. Parallèlement, la Commission des universités sur les programmes (CUP), créée suite au dépôt du rapport des États généraux de l'Éducation à l'automne 1996, a entrepris une vaste opération de révision de la qualité et de la pertinence des différents programmes de formation universitaire à l'échelle provinciale, avec pour objectif d'assurer une meilleure coordination dans l'offre globale de programmes. L'Université Laval se doit évidemment de tenir compte des résultats des travaux de cette importante Commission.
Au-delà de ces divers mécanismes d'évaluation de
programmes, il revient aux membres de tous les départements d'être
en constante remise en question face à la pertinence de l'offre de
cours et de programmes. Les membres de la Commission d'orientation suggèrent
donc que les critères suivants soient pris en compte lors de la mise
sur pied ou l'adaptation des programmes de formation:
La nécessité de formations fondamentales et critiques;
L'amélioration de la formation reliée aux langues, aux préoccupations
internationales et aux nouvelles technologies de l'information;
La préoccupation d'ajuster de façon dynamique les formations
aux besoins évolutifs de la société et d'informer les
étudiants des défis, des contraintes et des exigences du marché
du travail;
L'avantage d'intégrer de façon plus efficace et imaginative
les activités de la vie étudiante aux divers projets de formation;
Le souci de sensibiliser les étudiants à l'importance et aux
bénéfices de la formation continue.
LE LIEN ENSEIGNEMENT - RECHERCHE
La recherche universitaire se justifie principalement et d'abord comme un moyen de formation. Pour donner toute la richesse nécessaire au milieu universitaire de formation, la recherche et la création doivent s'exercer au plus haut niveau possible de qualité. Dans une grande université de recherche comme l'Université Laval, c'est selon des standards mondiaux de qualité que les activités de recherche et de création doivent être évaluées pour assurer aux programmes de formation aux trois cycles la qualité et la pertinence exigées dans un contexte de plus en plus compétitif et globalisant.
Les membres de la Commission croient au caractère fondamental du lien enseignement et recherche et à la nécessité de renforcer ce lien tout comme l'environnement de recherche et de création. En conséquence et pour ce faire, la Commission estime que l'enseignement de premier cycle (et spécialement lors des premiers trimestres de formation) doit bénéficier de l'apport et de la contribution des professeurs qui font de la recherche. Tous les professeurs devraient normalement être impliqués dans des activités d'enseignement au premier cycle et les meilleurs d'entre eux devraient être actifs dans les cours de base où se développe l'attrait pour le champ disciplinaire. Par ailleurs, la Commission souhaite que des activités de type "séminaire pour les étudiants de première année", reliées à la familiarisation d'activités de recherche soient intégrées dans les programmes de formation de premier cycle. Ce type d'enseignement pourrait s'accompagner d'un système de tutorat entre les étudiants du doctorat et les étudiants de premier cycle pour enrichir l'interaction entre formation et recherche.
Chapitre 2
LA FORMATION FONDAMENTALE: UNE EXIGENCE DE SOCIÉTÉ
Problématique
Les programmes de premier cycle se sont de plus en plus spécialisés au cours des années. Un certain nombre de cours plus "pointus" ont été ajoutés au détriment de cours fondamentaux. Influencés surtout par le désir des professeurs d'ajouter aux contenus au fur et à mesure du développement des connaissances, mais aussi par les attentes des étudiants et des employeurs, les programmes ont eu tendance à se centrer autour de disciplines spécifiques, réduisant d'autant les objectifs d'acquisition de connaissances plus larges et interdisciplinaires.
L'évolution rapide des besoins de la société, de même que les transformations qui en découlent dans l'organisation des activités économiques et sociales et sur le marché du travail comme tel, exigent une révision de la situation. Si les entreprises continuent de demander des diplômés fonctionnels dès leur arrivée sur le marché du travail, elles reconnaissent de plus en plus les bienfaits d'une formation générale garante d'adaptabilité à moyen et long termes. Les diplômés universitaires doivent maintenant posséder des connaissances et des habiletés larges et diversifiées de façon à être polyvalents et capables de s'adapter à des exigences de travail changeantes et de plus en plus complexes. Ils doivent aussi posséder les outils requis pour travailler dans un contexte grandissant de mondialisation. Ils doivent avoir appris à apprendre et être prêts à actualiser régulièrement leurs connaissances par des activités de formation continue.
Orientations
Sans nier la nécessité d'un certain degré de spécialisation dans les programmes de baccalauréats, la Commission propose d'élargir les curriculum pour assurer une formation plus fondamentale qui fera des diplômés de premier cycle des "têtes bien faites", des citoyens à l'esprit ouvert, autonomes, capables d'apporter une contribution au développement de leur milieu et de la société dans son ensemble et de répondre aux exigences du marché du travail. Dans bien des secteurs, la véritable spécialisation devrait être offerte aux cycles supérieurs.
Il faut viser à ce que les étudiants de premier cycle acquièrent des outils qui leur permettront de poursuivre leur formation et leur développement tout au long de leur vie. Les programmes d'études doivent être orientés vers l'acquisition de solides connaissances de base mais également vers le développement d'habiletés telles que l'esprit d'analyse, de synthèse et la communication. À ce titre, la richesse de la diversité des programmes offerts à l'Université Laval est certainement à exploiter dans la perspective d'une formation plus large des étudiants. Les membres de la Commission considèrent à ce sujet que les programmes de formation doivent être enrichis par une mise en commun des ressources académiques et pédagogiques des différents départements. Ce décloisonnement des structures académiques pourrait entre autres se réaliser par une exploitation en ce sens de la bidimensionnalité, bien présente dans les structures de l'université et qui y trouverait toute sa justification.
Les diplômés doivent aussi maintenant maîtriser une deuxième et même une troisième langue et être habiles dans l'utilisation des nouvelles technologies de l'information et des communications (NTIC).
Recommandation: Que les programmes de premier cycle soient orientés vers l'acquisition de connaissances fondamentales et d'habiletés de base qui feront des diplômés des personnes autonomes, polyvalentes, capables de contribuer au développement de leur milieu et de la société dans son ensemble, dans un contexte de mondialisation des savoirs et des activités.
Quelques moyens
La combinaison des intérêts et pratiques disciplinaires et des mécanismes de financement des unités à l'Université Laval a fait que, dans bien des cas, la diversité des ressources professorales disponibles sur le campus n'est pas pleinement exploitée au service des différents programmes. On note ainsi, dans le répertoire des cours, un nombre important de cours qui ne sont pas donnés par des professeurs du secteur disciplinaire pertinent. Les exemples des cours de "statistiques pour..." ou de "informatique pour..." sont les plus visibles, mais on relève ce genre de situation dans plusieurs autres secteurs. Par ailleurs, formule de financement interne aidant, on ne trouve pas assez de pratiques de collaboration entre les unités dans la supervision des étudiants de deuxième et troisième cycles. Enfin, les programmes vraiment multidisciplinaires sont encore trop rares et souvent mal desservis alors que tous reconnaissent l'importance croissante des problématiques multidisciplinaires dans la société. Tout cela fait que nous n'utilisons pas nos ressources de la façon la plus optimale; dans le contexte actuel de diminution de ces ressources et de rareté problématique dans certains secteurs, il importe que nous modifions nos pratiques pour offrir une meilleure formation, pour mieux utiliser toutes les ressources disponibles et, si possible, pour dégager des marges de manoeuvre qui nous permettront d'entreprendre de nouvelles activités et de générer de nouveaux revenus.
Recommandation: Que les facultés et départements soient invités à mettre en commun leurs ressources disciplinaires pour enrichir et diversifier les contenus de programmes tout en optimisant l'utilisation de ces ressources.
Quelques moyens
LA QUALITÉ DE LA FORMATION
Problématique
La qualité de la formation au premier cycle a toujours été une préoccupation majeure de l'université et cette préoccupation s'est particulièrement renforcée au cours des dernières années. L'évaluation périodique des programmes va dans ce sens tout comme la mise en place du Réseau de valorisation de l'enseignement et l'adoption de la politique d'évaluation des enseignements. Ceci dit, la forte valorisation accordée à la recherche depuis une vingtaine d'années afin que l'Université Laval soit reconnue comme une des grandes universités de recherche au niveau canadien a pu laisser croire à beaucoup que la qualité de la formation était moins prioritaire. Il faut réaliser que, pour assurer une formation de qualité, une grande université de recherche se doit d'avoir une composante de recherche dynamique; c'est maintenant acquis à l'Université Laval. Tout en maintenant notre objectif d'une activité de recherche et de création concurrentielle au plus haut niveau, il faut en exploiter pleinement les résultats et réaffirmer l'importance à accorder à la formation de premier cycle de façon à ce que l'Université Laval soit également reconnue comme une grande université de formation. Au-delà des mesures prises au cours des dernières années comme la création du Réseau de valorisation de l'enseignement et la politique d'évaluation de l'enseignement, il faudra investir dans le développement pédagogique, en particulier dans le contexte de l'arrivée des nouvelles technologies de l'information et des communications, donner aux nouveaux professeurs un encadrement accru pour les lancer dans leur carrière d'enseignant et mieux reconnaître les efforts investis par les professeurs dans le développement pédagogique au moment de la promotion.
L'Université Laval a été affectée par une baisse du nombre d'étudiants inscrits au cours des dernières années et, surtout, par une diminution considérable du financement gouvernemental. En dépit de ces contraintes, elle doit prendre les moyens pour garantir la qualité de la formation tout en recherchant une utilisation optimale des ressources réduites.
Orientations
L'étudiant est au coeur des préoccupations de la communauté universitaire et, conséquemment, la qualité de la formation de premier cycle doit être considérée comme une priorité. Pour assurer à la fois la qualité des programmes offerts, la qualité des professeurs qui y enseignent et la qualité des étudiants qui y sont inscrits, des mesures spécifiques doivent être prises.
Premièrement, les programmes doivent être régulièrement révisés et les cours évalués pour assurer, par un suivi approprié, la qualité, la pertinence et la mise à jour des contenus offerts.
Deuxièmement, quant aux professeurs, en plus de leur compétence scientifique, leur aptitude aux relations interpersonnelles et à la communication, leur motivation pour l'enseignement et leur intérêt pour la pédagogie doivent être pris en compte lors de l'embauche et dans les évaluations en vue des promotions. Il faut, par ailleurs, offrir aux nouveaux professeurs des activités d'encadrement pédagogique mieux structurées durant leur première année en poste et mettre à la disposition de tous les professeurs et chargés de cours des ressources accrues en soutien au développement pédagogique, en particulier pour favoriser une utilisation croissante des NTIC.
En troisième lieu, quant aux étudiants, il faut prendre les moyens pour attirer les meilleurs candidats possibles dans nos programmes. L'évaluation des dossiers des candidats en vue de l'admission doit tenir compte non seulement des résultats académiques mais de la motivation à mener des études à terme. Dans ce sens, les effets de la suppression des critères d'admission autres que l'obtention du D.E.C. devront être analysés et la politique devra être révisée s'il y a lieu.
Le recrutement et la sélection des étudiants doivent aussi être faits en tenant compte de la capacité d'accueil des programmes.
Enfin, des mesures particulières d'encadrement doivent être offertes tout au long des études et particulièrement durant les premiers trimestres, de façon à favoriser la réussite du plus grand nombre et à permettre l'augmentation du taux de diplomation. Dans cette perspective, la qualité de la relation professeur-étudiant doit être reconnue comme un facteur important de réussite des études et facilitée par la réduction de la taille des groupes.
Recommandation: Que, au-delà de la révision périodique intégrée des programmes et des unités, les programmes soient revus régulièrement pour en assurer la pertinence et la qualité compte tenu de l'évolution des connaissances et des besoins de formation.
La vitesse d'évolution des connaissances est telle, dans certains secteurs comme le génie électrique ou la microbiologie que les contenus de programmes et de cours doivent être adaptés régulièrement, à un rythme plus rapide que le cycle de sept ans prévu pour les évaluations périodiques. Des liens soutenus avec la recherche et le milieu économique pourront aider à identifier les besoins d'ajustements.
Par ailleurs, la qualité de la formation passe par la qualité du corps professoral. Dans ce domaine, l'Université Laval a procédé, au cours des dernières années à un recrutement de haut niveau et elle a mis en place des moyens pour assurer un bon soutien pédagogique aux professeurs. Ceci dit, des mesures supplémentaires sont souhaitables pour poursuivre dans la voie de l'amélioration de l'action pédagogique du corps professoral.
Recommandation: Que des mesures spécifiques soient prises pour renforcer la compétence pédagogique des professeurs.
Quelques moyens
Par ailleurs, la qualité de l'enseignement dépend directement de la qualité des interactions qui s'établissent entre les étudiants et les professeurs et entre les étudiants eux-mêmes. Elles seront enrichies par la présence d'étudiants d'origines diverses et, dans le contexte actuel de mondialisation, par la présence d'étudiants en provenance de l'étranger. Les actions de recrutement prennent donc, dans ce contexte, une importance stratégique pour amener à l'Université Laval le corps étudiant désiré, non seulement en termes de quantité, mais aussi et surtout en terme de qualité et de diversité.
Recommandation: Que toutes les facultés se dotent de stratégies de recrutement visant à attirer à l'Université Laval les meilleurs candidats-étudiants possibles et à assurer une diversité de la provenance des effectifs étudiants pour enrichir le milieu de formation, notamment au plan culturel.
Après avoir attiré à Laval les étudiants souhaités, il faut leur fournir un encadrement de qualité pour leur permettre de progresser rapidement dans leurs études et pour accroître la probabilité qu'ils obtiennent le grade désiré. Toutes les études sur le sujet indiquent que la qualité de l'encadrement durant les premiers trimestres à l'université joue un rôle déterminant dans le succès des étudiants. C'est surtout sur ce plan que devront porter nos efforts.
Recommandation: Que des mesures spécifiques d'encadrement des étudiants soient prises pour favoriser une progression rapide des étudiants dans leurs programmes et une hausse des taux de diplomation.
Quelques moyens
LES LIENS ENTRE LE COLLÈGE ET L'UNIVERSITÉ
Problématique
Malgré des progrès récents, l'université et les collèges ont eu tendance à travailler chacun de leur côté sans suffisamment tenir compte de la continuité nécessaire entre les deux niveaux d'enseignement. Il en est résulté des redites dans certains cours ou programmes et des contenus manquants dans d'autres. Les consultations effectuées au cours de la dernière année, et tout particulièrement des derniers mois, ont confirmé le désir des collèges de s'asseoir avec l'université pour établir divers partenariats et ententes.
Dans ce contexte, la question de l'intégration des diplômés du secteur collégial professionnel (D.E.C. technique) et de la reconnaissance des acquis se pose avec de plus en plus d'acuité. Il faut offrir à ces finissants des collèges des voies d'accès à des diplômes universitaires. On doit pouvoir mettre en place de véritables cursus intégrés pour assurer aux étudiants qui ont choisi une formation technique au collège la possibilité d'obtenir ensuite un grade universitaire dans des délais optimaux.
Orientations
Des liens étroits doivent être établis entre les professeurs des collèges et ceux de l'université de façon à s'informer mutuellement sur les contenus des programmes, à les ajuster pour assurer une continuité dans la formation, et éventuellement à collaborer dans la préparation, l'offre et l'évaluation des programmes. Par ailleurs, l'Université Laval devrait établir, avec les différents collèges des régions dans lesquelles elle recrute ses étudiants, des programmes spécifiques de collaboration pour faciliter l'intégration à l'université des diplômés du secteur collégial professionnel.
Recommandation: Que des collaborations systématiques s'établissent entre tous les intervenants de l'Université et des Collèges afin d'assurer un meilleur arrimage des deux niveaux d'enseignement.
Quelques moyens
L'INTERNATIONALISATION
Problématique
La mondialisation des marchés et le passage progressif de la société dans une économie du savoir remettent en question les façons traditionnelles de faire. Cette nouvelle réalité incite l'université à adapter en conséquence le type de formation qu'elle offre. En effet, pour être mieux préparés à affronter le contexte international, les finissants doivent avoir développé des compétences et acquis des connaissances qui ne sont pas encore systématiquement incluses au menu des programmes disciplinaires. C'est pourquoi l'université doit être à l'affût des tendances, à l'écoute des besoins de la société pour répondre aux nouvelles demandes. Elle doit donc mettre en place les moyens d'assurer son ouverture sur le monde et celle de ses diplômés.
Orientations
L'Université Laval a démontré l'importance qu'elle accorde à l'internationalisation en adoptant une politique à cet effet au printemps 1997. Il importe maintenant de développer des moyens concrets en relation avec les études de premier cycle. On peut penser, entre autres, à l'intégration dans les programmes d'activités d'apprentissage axées sur les phénomènes internationaux, de cours de langues, de collaborations interuniversitaires facilitant les échanges académiques à l'étranger ou encore au développement de profils de formation à caractère international dans les programmes. Les étudiants doivent être sensibilisés aux phénomènes liés à la mondialisation et conscients du rôle qu'ils peuvent jouer en relation avec leur domaine d'étude.
La facilité et la rapidité du transfert des savoirs entre les pays exigent par ailleurs que les universitaires maîtrisent les outils de transmission de l'information. Il devient de plus en plus essentiel que les finissants possèdent une deuxième et même une troisième langue. L'apprentissage d'autres langues doit être systématiquement intégré dans les programmes de formation. Le même principe doit aussi s'appliquer aux nouvelles technologies de l'information et des communications. Les finissants universitaires de toutes les disciplines doivent en effet être à l'aise avec ces nouveaux outils d'information. Les membres de la Commission sont donc d'avis que les programmes de cours doivent être adaptés en conséquence.
Recommandation: Que le caractère international de l'Université Laval et de ses programmes soit accentué et devienne l'une de ses lignes de force.
Quelques moyens
LA PRÉPARATION AU MARCHÉ DU TRAVAIL
Problématique
Le premier cycle universitaire conduit, dans une large mesure, les diplômés
au marché du travail tout en offrant une formation préalable
aux études de deuxième cycle. Actuellement, environ
80 %* des étudiants ont pour première motivation, en s'inscrivant
à l'université, de se trouver un emploi à la fin de
leur baccalauréat et d'améliorer ainsi leurs conditions de
vie. Sans perdre de vue la formation fondamentale qu'elle doit assurer,
l'université doit aussi se préoccuper d'assurer un arrimage
avec les besoins du marché du travail. La transmission de connaissances
de pointe et la capacité de les appliquer doivent être complétées
par le développement d'aptitudes et d'habiletés chez les étudiants.
En effet, l'université a la responsabilité de transmettre
à la fois le savoir, le savoir-être et le savoir-faire.
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* Confédération des associations d'étudiants et
d'étudiantes de l'Université Laval (CADEUL), Recherche
sur le travail rémunéré durant les études et
la situation financière des étudiants à l'Université
Laval, mai 1995, Université Laval.
Les employeurs formulent deux critiques principales à l'égard des finissants de l'Université Laval: la première, positive, reconnaît l'excellence de leur formation théorique et leurs connaissances pointues de leurs domaines d'études. La deuxième, moins heureuse, déplore le manque de formation pratique et de préparation à l'adaptation au marché du travail. Les étudiants ont besoin, pour parfaire leur formation, d'expériences pratiques pour établir les liens nécessaires entre la théorie qu'ils reçoivent dans les cours et les exigences pratiques du marché vers lequel ils s'orientent.
Orientations
Les étudiants peuvent se préparer de différentes façons aux exigences du monde du travail. Ils peuvent, entre autres, profiter du lieu de formation que constitue le campus. Une multitude de possibilités y existent et plusieurs réalisations étudiantes sont d'ailleurs déjà reconnues. Les membres de la Commission considèrent qu'il faut favoriser les initiatives étudiantes liées au domaine d'études (projets d'intégration, cabinets étudiants, etc.) en les reconnaissant comme des éléments de formation.
La Commission est aussi d'avis que l'université doit favoriser le développement de liens plus directs avec le marché de l'emploi. Différentes formes de stages sont actuellement offertes; il faut intensifier leur utilisation et trouver d'autres moyens innovateurs de formation pratique. Parmi les initiatives susceptibles de favoriser la préparation au marché du travail, on peut penser, entre autres, à une entreprise d'entraînement virtuelle (actuellement à l'étude), à des ateliers, intégrés à certains cours et portant sur l'entrepreneuriat ou la pratique professionnelle. Des programmes spécialisés de courte durée pourraient être créés pour permettre à des étudiants de divers profils de se spécialiser rapidement dans un domaine de pointe suite à l'obtention de leur diplôme de baccalauréat. Les membres de la Commission considèrent que l'université a la responsabilité de faciliter l'insertion professionnelle de ses diplômés.
Recommandation: Que les programmes de premier cycle offrent une gamme de moyens innovateurs pour préparer les étudiants au marché du travail et que l'Université favorise l'insertion professionnelle de ses finissants.
Quelques moyens
Chapitre 3
UNE FORMATION SUPÉRIEURE AXÉE SUR LA CRÉATION DE NOUVELLES CONNAISSANCES
Introduction
Au cours des quinze dernières années, l'Université Laval s'est classée aux premiers rangs des universités canadiennes au chapitre de la formation des étudiants de deuxième et troisième cycles. Le nombre annuel de diplômés de deuxième cycle est passé de 558 à 1 466 * et celui du troisième cycle de 68 à 226. La diplomation d'étudiants provenant de l'étranger a également connu une forte progression. Le nombre de ces étudiants présentement inscrits se situe maintenant à 862.
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* Les données contenues dans le présent chapitre sont tirées
du rapport annuel de l'Université Laval.
Problématique
Les étudiants de deuxième et troisième cycles représentent moins de 20 % de la population étudiante alors que dans certaines grandes universités de recherche, ils dépassent souvent la barre des 25 %. En dépit de l'accroissement de la diplomation aux deuxième et troisième cycles et d'une certaine ouverture internationale, l'Université Laval recrute toujours la majorité de ses effectifs étudiants dans la seule région de Québec. Cette situation est d'autant plus préoccupante que le recrutement régional plafonne et que les inscriptions à la maîtrise ont fléchi au cours des deux dernières années. De même, les inscriptions d'étudiants provenant de l'étranger ont baissé de 19 %.
Par ailleurs, on constate que la durée des études à la maîtrise est plus longue que dans les autres grandes universités canadiennes et les taux d'abandon demeurent élevés dans beaucoup de programmes de deuxième et troisième cycles, surtout dans les secteurs des sciences humaines et sociales. Les exigences d'admission au doctorat ne sont pas assez élevées dans certains programmes et les étudiants qui ne sont pas rattachés à des centres ou à des groupes de recherche n'obtiennent pas toujours un soutien financier approprié.
Orientations
Il faut accroître le recrutement d'étudiants de haut niveau aux plans régional, national et international. Il faut, de plus, cibler les étudiants du doctorat qui sont boursiers (Conseil de recherches en sciences humaines (CRSH)), Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie (CRSNG), Fonds pour la formation de chercheurs et l'aide à la recherche (FCAR), Association des universités partiellement ou entièrement de langue française - université des réseaux d'expression française (AUPELF-UREF), Agence canadienne de développement international (ACDI), etc., ou qui participent à des ententes-cadres interuniversitaires et internationales (Conférence des recteurs et principaux des universités du Québec (CREPUQ), Commonwealth, etc.). L'Université Laval devra augmenter ses efforts de promotion des études de deuxième et troisième cycles et mettre en oeuvre des actions spécifiques de recrutement dans tous les pays et particulièrement dans la Francophonie. Une action concertée entre la Faculté des études supérieures, les facultés et la direction de l'université pourraient permettre d'atteindre l'objectif que les étudiants de deuxième et troisième cycles forment 25 % de la population étudiante d'ici cinq ans.
Par ailleurs, les membres de la Commission sont d'avis que des efforts doivent être faits pour réduire la durée des études de maîtrise dans les programmes dits de recherche, afin que le temps moyen de la formation corresponde le plus fidèlement possible au nombre de crédits qui y sont associés. L'Université Laval doit favoriser le passage accéléré de la maîtrise au doctorat dans le cas de la maîtrise de recherche. L'étudiant pourra alors se voir décerner le diplôme de deuxième cycle après avoir fait la preuve de sa maîtrise des méthodes de recherche et être admis au programme de doctorat. En ce qui concerne la maîtrise professionnelle, il faut adapter les objectifs de formation aux particularités des domaines concernés et se préoccuper de l'insertion professionnelle de ces diplômés.
Il serait possible d'accroître la qualité de l'enseignement supérieur en rationalisant les banques de cours de deuxième et troisième cycles afin d'éliminer les dédoublements. Le même principe de décloisonnement des structures académiques qui a été invoqué à propos du premier cycle est certainement le moyen le plus approprié pour enrichir la formation des étudiants dans une perspective d'optimisation dans l'utilisation des ressources disponibles. De plus, un équilibre entre la formation théorique et la formation pratique des étudiants est nécessaire pour faciliter leur intégration au marché du travail. Il est par ailleurs primordial que ces étudiants soient à l'aise avec les NTIC et qu'ils maîtrisent d'autres langues; les programmes de formation doivent intégrer ces nouvelles réalités pour assurer aux finissants qu'ils possèdent tous les outils pour continuer de développer leur carrière dans le contexte de mondialisation.
Les étudiants doivent être davantage associés aux travaux de recherche des professeurs. Ainsi, ils recevront un meilleur encadrement et un meilleur soutien financier grâce à leur intégration à des projets subventionnés. Il faudra augmenter le nombre de bourses, surtout au troisième cycle, par l'organisation de campagnes de financement et par la révision en profondeur du fonctionnement du Fonds de soutien. L'amélioration des conditions de travail des étudiants contribuera à réduire le taux d'abandon.
Recommandation: Que le recrutement aux études de troisième cycle soit intensifié, tant au plan national qu'international, et que le soutien financier et la qualité de l'encadrement soient améliorés de manière à ce que les étudiants puissent réaliser leurs études dans des conditions et des délais raisonnables.
Quelques moyens
CONSOLIDER LA RECHERCHE SUBVENTIONNÉE ET DÉVELOPPER LE TRANSFERT TECHNOLOGIQUE
Problématique
Nul ne peut contester que la position de l'Université Laval se soit progressivement renforcée en matière de recherche subventionnée au Québec et au Canada. De 1990 à 1995, les montants accordés pour le financement de la recherche subventionnée à l'Université Laval ont augmenté de 20 %, atteignant plus de 100 millions de dollars par année.
Ce développement spectaculaire de la recherche subventionnée doit être attribué, au moins en partie, à une stratégie fondée sur l'attention particulière apportée au recrutement de jeunes professeurs qualifiés et dynamiques ainsi qu'à un effort systématique pour la structuration des groupes et des centres de recherche. Dix-huit des quarante centres de recherche reconnus et financés par le FCAR sont rattachés à l'Université Laval, ce qui place notre institution à la tête de toutes celles qui obtiennent un soutien du FCAR dans le cadre du programme "centre de recherche". De plus, les deux seuls nouveaux centres reconnus par le FCAR depuis 1994 sont de l'Université Laval.
Cependant, l'Université Laval devra se préparer à faire des efforts supplémentaires pour conserver ces acquis dans un environnement de plus en plus compétitif. La concurrence pour l'obtention de subventions de grands organismes gouvernementaux (conseils nationaux, grandes fondations, etc.) a atteint un sommet sans précédent. De plus, le financement assuré par ces organismes diminue par rapport aux sources de financement privées.
Tout en encourageant les regroupements de chercheurs, l'Université Laval doit continuer à reconnaître et soutenir la recherche individuelle des chercheurs, en particulier pour ceux qui oeuvrent dans des disciplines qui se prêtent mieux à des pratiques individuelles de recherche. Il faut cependant que la recherche et la création individuelle soient évaluées au même titre et suivant des critères aussi exigeants que la recherche menée par des groupes reconnus, des centres ou des instituts. Enfin, il faut se rappeler que la recherche universitaire se justifie d'abord par la formation des jeunes chercheurs; à ce titre, tous les professeurs chercheurs ont une part de responsabilité dans le soutien financier des étudiants qu'ils encadrent et ils devraient donc faire des efforts pour accéder à toutes les sources de financement possibles pour appuyer leurs activités et celles de leurs étudiants.
Par ailleurs, la société est de plus en plus exigeante envers l'université et voudrait lui voir jouer un rôle structurel dans l'économie, comme pourvoyeuse de connaissances exploitables et d'assistance au secteur privé.
Orientations
Il ne faut pas perdre de vue qu'une forte proportion de nos étudiants de deuxième et troisième cycles quittent l'université pour travailler dans le secteur privé. Il faut donc encourager les groupes, les centres, les départements et les facultés à établir des liens avec des entreprises privées et des organismes parapublics.
Par ailleurs, l'évolution récente des fonds de recherche publics, aux niveaux tant fédéral que provincial doit nous inciter à intensifier la diversification de nos sources de financement de la recherche. Il faut donc encourager tous les chercheurs à développer la recherche contractuelle et le transfert technologique. Une présence accrue de l'Université Laval dans le milieu se développerait plus facilement par une meilleure concertation avec les collèges et les autres institutions universitaires de l'Est du Québec. Ces institutions ont en effet des réseaux locaux d'interaction avec leurs milieux, milieux qui peuvent avoir avantage à accéder aux expertises de recherche de l'Université Laval dans les domaines dans lesquels les universités régionales ne sont peu ou pas actives.
L'Université Laval doit envisager la création d'une antenne du Bureau de valorisation et d'application de la recherche (BVAR) dans la région métropolitaine de Montréal. Des ententes de collaboration avec des firmes privées ou des entreprises publiques doivent être développées dans les autres grandes villes du pays et à l'étranger, en mettant à contribution les diplômés de l'Université Laval. Il faut aussi que l'université envisage la création d'une Société de transfert technologique dans le but d'obtenir des nouvelles sources de financement et de faciliter la création de nouvelles entreprises issues de recherches universitaires.
Pour maintenir les hauts niveaux de performance en matière de recherche, l'Université Laval devra continuer de favoriser le recrutement de professeurs dynamiques et bien formés en recherche. Elle devrait, dans le cadre de campagnes de financement, privilégier la création de chaires de recherche à financement privé ou mixte. Elle devrait aussi encourager, par le recrutement, la consolidation des regroupements* de recherche oeuvrant dans des domaines stratégiques de développement. Pour assurer un rendement optimal de ses investissements en recherche, l'Université Laval devra poursuivre l'évaluation périodique des regroupements de recherche et étudier l'opportunité d'en créer de nouveaux - multidisciplinaires, multifacultaires et interuniversitaires - dans des domaines où elle possède des avantages stratégiques clairs.
____________________
* Le générique "regroupement de recherche" est utilisé
pour désigner à la fois les groupes, les équipes et
les centres de recherche.
Recommandation: Que l'Université Laval consolide la recherche subventionnée par un effort systématique et soutenu de structuration de la recherche et renforce le partenariat avec le milieu pour favoriser la recherche et le développement (R&D) et le transfert des connaissances.
Quelques moyens
Chapitre 4
Introduction
L'accroissement phénoménal du flux des connaissances et de l'information, combiné avec le développement spectaculaire du domaine de l'informatique et de la mise en réseau sont des changements socioéconomiques qui ont sensiblement contribué à modifier les méthodes d'apprentissage et à accroître les besoins en formation. Par ailleurs, l'accélération dans le développement des connaissances et la mobilité exigée par le marché du travail font que les diplômés universitaires doivent mettre à jour leurs savoirs à un rythme de plus en plus rapide et donc considérer les universités comme des "port d'attache" du savoir. En effet, on constate une augmentation des demandes en formation continue, en formation "juste à temps" et en formation à distance, à telle enseigne que de nombreuses études prédisent que ces modes de formation, naguère considérés comme marginaux, domineront sous peu l'organisation de l'enseignement. On peut ainsi prévoir que l'université sera alors considérée comme le point de convergence des connaissances qui permettra à ses diplômés une mise à jour perpétuelle de leurs savoirs.
Compte tenu de sa place dans le réseau de l'enseignement supérieur au Québec et de la très grande diversité de secteurs qu'elle couvre, l'Université Laval a le devoir d'investir de façon significative dans les activités de formation continue si elle veut continuer d'accomplir toute sa mission de formation en appui au développement économique, social et culturel du Québec.
POUR UNE DÉFINITION DE LA FORMATION CONTINUE À L'UNIVERSITÉ LAVAL
Problématique
Depuis 1990, la formation continue à l'Université Laval a connu un essor important notamment en raison de la création du Centre de formation continue et du regroupement de l'ensemble de ses services, incluant la formation à distance et les études libres, au sein de la Direction générale de la formation continue (DGFC). Dans les faits, la formation continue a une configuration à géométrie extrêmement variable, résultat d'une grande flexibilité, d'une proaction de l'université dans de nombreux domaines et d'une rapidité de réponse aux demandes ponctuelles provenant de sources très diverses. Toutefois, ce développement rapide a semé une certaine confusion sur la nature des activités de la formation continue.
D'une part, la publicité la plus évidente concernant la formation continue est surtout axée sur les activités offertes aux personnes du troisième âge. D'autre part, on craint que les cours de formation continue ne soient pas tous de niveau universitaire. De plus, il semble que la formation continue soit mal intégrée dans l'organisation de l'offre de cours des départements, que les tâches professorales nécessitent une révision en ce sens, et que les ressources soient actuellement insuffisantes pour le développement des programmes. Il va sans dire que ces perceptions ont contribué à ternir l'image de la formation continue. Bref, la problématique de la formation continue se résume par une définition trop large de ses activités et par une perception de plus en plus répandue qu'elle n'est pas à la hauteur des exigences normales de l'université.
Orientations
Nos actions en matière de formation continue doivent être non seulement de niveau universitaire, mais guidées par des priorités. La Commission propose donc que la formation continue s'inscrive, de façon générale, dans le prolongement des activités de formation universitaire de premier cycle. Cette orientation doit devenir la stratégie dominante de l'Université Laval en matière de formation continue, que l'on s'y inscrive pour un complément de formation initiale, pour une mise à jour périodique, ou pour une réorientation de carrière. Tout en maintenant la préoccupation de l'université pour les activités de perfectionnement personnel non universitaire, les membres de la Commission croient que celles-ci relèvent plutôt d'autres institutions ou devraient être traitées en collaboration.
Il est essentiel de procéder à une ordonnance de nos champs de développement et à un inventaire réaliste de nos moyens pour permettre l'optimisation de l'utilisation des ressources et éviter les dédoublements par rapport à d'autres organisations. L'Université Laval doit privilégier certains moyens de communication dans ses cours de formation continue et être à l'avant-garde dans l'utilisation de certaines technologies comme la téléconférence ou le réseau électronique.
Recommandation: Que les activités de formation continue soient d'abord le prolongement de nos activités de formation universitaire de premier cycle.
Quelques moyens
UNE RESPONSABILITÉ PARTAGÉE
Problématique
En principe, les facultés sont les premières responsables des activités de formation continue. La Direction générale de la formation continue (DGFC) les appuie en assurant l'animation et la coordination requises en vue d'une réponse efficace. De plus, dans les cas exigeant la mise sur pied d'activités multifacultaires et multidisciplinaires, la DGFC doit s'adjoindre des partenaires ou assurer la maîtrise d'oeuvre, en mettant les professeurs à contribution. Ce partage des responsabilités assure une utilisation optimale des ressources humaines. Dans les faits, de nombreuses initiatives, sinon la plupart, semblent être prises par la DGFC, bien que les facultés en aient la première responsabilité.
Orientations
L'université doit s'assurer que la formation continue devienne une composante importante de l'enseignement offert dans les facultés et que la responsabilité fondamentale du développement et de la qualité leur incombe. En somme les facultés doivent jouer un rôle plus déterminant dans le développement de la formation continue.
La formation continue peut convenir à tous les domaines et à tous les niveaux d'enseignement. L'université doit tirer profit des forces reconnues, tout en déterminant les créneaux libres qu'elle peut et qu'elle souhaite occuper. Dans les champs de formation plus générale, l'université doit privilégier le développement de partenariat avec les autres institutions d'enseignement. Le choix des activités de formation continue doit tenir compte de nos champs d'expertise et des ressources disponibles. Il faut par ailleurs être conscient que la formation continue peut devenir un moyen d'accéder à de nouvelles ressources.
Recommandation: Que chaque faculté prépare, en collaboration avec la Direction générale de la formation continue, un plan de développement de la formation continue dans les secteurs qui relèvent de sa compétence.
Le développement de la formation "sur mesure" et de la formation "juste à temps" pour répondre aux besoins des entreprises, des organismes et des gouvernements exige une grande flexibilité et une organisation "proactive". La DGFC trouve là toute sa signification en répondant efficacement aux demandes, en proposant des compléments de formation adaptés aux besoins des entreprises tout en tenant compte des plans de développement de la formation continue des facultés et en coordonnant les interventions multifacultaires et publicitaires.
Recommandation: Que la Direction générale de la formation continue ait la responsabilité de coordonner l'ensemble des activités de formation "sur mesure" et "juste à temps", de favoriser les interventions multifacultaires et les collaborations avec les collèges et autres institutions ainsi que de fournir l'appui logistique nécessaire.
LES CONDITIONS DE DÉVELOPPEMENT
Problématique
Au-delà de sa valeur intrinsèque, la formation continue peut constituer une source de nouveaux revenus considérables qu'il faut prendre en compte. Par ailleurs, la formation continue permet de se maintenir en contact constant avec le milieu du travail et d'en suivre l'évolution des besoins. Au cours des dernières années, diverses actions et divers projets ont été entrepris par de multiples intervenants. Par exemple, des programmes complets de formation à distance ont été offerts et les services universitaires en région ont été renforcés. On note également une utilisation accrue des nouvelles technologies de l'information en partenariat avec d'autres universités et le secteur privé.
Pour utiliser les ressources disponibles de façon optimale, il importe que les demandes de création de programmes, microprogrammes, diplômes, certificats et cours de formation continue soient accompagnées d'un inventaire des activités semblables qui se font ailleurs au Québec et d'une évaluation des chances de l'université de se démarquer dans ces nouveaux secteurs d'activités.
Orientations
L'élaboration d'un plan de développement de la formation continue par les facultés devrait être menée parallèlement à la rationalisation de notre répertoire de cours et de nos programmes de manière à s'assurer qu'une part importante des ressources professorales libérées par cette opération soient affectées au développement de la formation continue. Le succès de l'ensemble de l'opération nous apparaît intimement lié à la valorisation de ce type d'enseignement. Pour ce faire, nous croyons que les tâches d'enseignement de formation continue doivent être intégrées dans la charge de travail des professeurs.
Recommandation: Que des ressources professorales dégagées dans l'opération de rationalisation des programmes et de l'offre de cours soient réaffectées au développement de la formation continue dans les facultés.
Recommandation: Que la prestation de cours de formation continue fasse partie de la tâche professorale.
Quelques moyens
Outre le financement gouvernemental, la formation continue peut donner accès à de nouvelles ressources et porter les actions de l'université vers des nouveaux secteurs d'activités. On peut penser en particulier à la formation continue sur mesure pour les entreprises ou celle offerte aux professionnels en exercice, sous forme de sessions intensives. Dans le contexte financier actuel, de telles activités autofinancées, en plus de desservir des besoins qui sont clairement exprimés par le marché, ont le mérite de fournir des ressources nouvelles à l'université et aux départements. Pour en assurer le développement, il serait normal que les professeurs qui participent à de telles activités en surplus de leur tâche professorale en retire également des bénéfices.
Recommandation: Que, dans le cadre de la formation continue autofinancée, chacune des parties qui participe à la mise sur pied et à l'offre de formation puisse y trouver son compte.
LE RÔLE DES NTIC
Problématique
Le développement rapide des nouvelles technologies de l'information et des communications (NTIC) entraînera vraisemblablement de profonds changements dans nos façons d'enseigner et d'apprendre. Les NTIC sont particulièrement bien adaptées à la formation continue puisqu'elles permettent une flexibilité de l'enseignement et une accessibilité accrue à celle-ci. Leur utilisation judicieuse exige des investissements importants en développement de nouvelles méthodes pédagogiques et en infrastructures. Les bénéfices à retirer de tels investissements sont multiples: amélioration de toutes les activités d'enseignement, accès à une nouvelle clientèle et à de nouveaux revenus. Il nous faut donc prévoir des mécanismes qui assureront l'accroissement de l'utilisation des NTIC dans les programmes de formation continue.
Orientations
Il importe que l'université dresse un inventaire des besoins de la clientèle et des facultés en ce qui a trait à l'utilisation des NTIC. Cet inventaire et les priorités qui en découleront devront faire partie intégrante du plan de développement de la formation continue de chaque faculté.
Recommandation: Que l'Université Laval développe une stratégie d'utilisation des nouvelles technologies de l'information et des communications, pour appuyer le plan de développement de la formation continue, fondée sur un inventaire des besoins de la clientèle et des facultés.
Quelques moyens
Chapitre 5
Introduction
L'université est souvent comparée à une cité. Il y a d'abord les "citoyens" que sont les étudiants, les professeurs, le personnel, etc., viennent ensuite les services, la vie culturelle et sociale, l'activité économique et politique... De plus, la diversité et la multiplicité des champs disciplinaires, la présence de spécialistes et de chercheurs font de cette cité un lieu dynamique où est partagé, parmi les citoyens, le savoir qui grandit. Ainsi, non seulement l'université offre-t-elle une formation supérieure à ses étudiants, mais elle offre aussi un lieu qui en lui-même peut être une source inépuisable pour la formation de ses membres. La façon même dont la cité se gouverne constitue une forme d'apprentissage de l'organisation des rapports entre les membres d'une même communauté. Il leur appartient toutefois d'enrichir continuellement ce milieu de vie en le rendant attrayant et stimulant.
LA PARTICIPATION ÉTUDIANTE À LA VIE UNIVERSITAIRE
Problématique
Le domaine d'étude est certainement la première motivation des étudiants qui viennent à l'université. Mais une fois qu'ils sont admis, certains facteurs influencent la poursuite de leurs études. Mis à part le choix du programme, les liens qui se créent avec les pairs lors d'activités sociales, le sentiment d'appartenance qui se développe autour des projets, la valorisation des individus par leur participation auprès des organisations sur le campus ou encore les succès obtenus dans les domaines sportif, artistique, scientifique et culturel sont tous des facteurs importants, qui ne touchent pas directement la formation purement académique, mais qui favorisent certainement la poursuite des études. De plus, la participation aux activités parascolaires permet de développer chez les étudiants des aptitudes et des habiletés qui ne peuvent se transmettre dans une salle de cours et qui sont des atouts recherchés de nos jours, particulièrement sur le marché de l'emploi. Sans compter que la tenue d'activités parascolaires est la principale source d'animation qui crée une atmosphère dynamique sur le campus.
On constate que la nécessité du travail rémunéré pour une majorité d'étudiants et la forte compétition pour les emplois à la fin des études ne sont pas étrangers à l'apparent désintérêt des étudiants pour l'implication étudiante. Le peu de temps disponible combiné avec la difficulté de coordonner les horaires des uns et des autres ne facilitent pas l'organisation d'activités et le déploiement de projets. Les étudiants sont en effet moins présents sur le campus après les cours et offrent moins de disponibilité pour l'organisation de différentes activités.
Toutefois, les faibles taux de participation étudiante à la vie universitaire observés dans certaines facultés peuvent aussi s'expliquer par le peu de reconnaissance que certains départements et facultés accordent à la participation étudiante. Dans certains cas, le peu de compréhension et de collaboration freinent considérablement la participation étudiante. L'abondance de règlements, qui se sont accumulés au fil des ans complique d'autant plus l'organisation de la vie sur le campus.
Orientations
Le développement intégral des étudiants ne peut évidemment pas se faire seulement dans les salles de cours. Dans un avis sur le rapport du comité d'évaluation de la politique de reconnaissance de la participation étudiante à l'Université Laval, la Commission des affaires étudiantes reconnaissait "qu'une activité de participation étudiante peut avoir une valeur formatrice dans la mesure où elle requiert de la part de l'étudiant une participation intense, la manifestation d'un certain esprit d'initiative et contribue à assurer le développement de ses capacités d'analyse et de synthèse, ainsi que l'acquisition d'un certain esprit critique " * . En plus de développer la créativité, le dynamisme et le sens des responsabilités, les activités de la vie universitaire favorisent les échanges entre les différentes catégories de membres de la communauté, développent une conscience sociale et politique, créent des liens, alimentent le sentiment d'appartenance et valorisent les étudiants - et les autres membres de la communauté universitaire - sous un autre aspect de leur formation **.
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* Commission des affaires étudiantes, Avis de la Commission
des affaires étudiantes sur le rapport du comité d'évaluation
de la politique de reconnaissance de la participation étudiante,
1990, dans Avis
sur la participation des étudiantes et des étudiants à
la vie universitaire, Sainte-Foy, 1997, p. 4.
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** Commission des affaires étudiantes, Avis
sur la participation des étudiantes et des étudiants à
la vie universitaire, Sainte-Foy, 1997, p. 4.
Un avis déposé par la Commission des affaires étudiantes au printemps dernier intitulé Avis sur la participation des étudiantes et des étudiants à la vie universitaire * fait largement le tour de la question de la participation étudiante à l'Université Laval. Les membres de la Commission d'orientation endossent pleinement cet Avis.
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* Commission des affaires étudiantes, Avis
sur la participation des étudiantes et des étudiants à
la vie universitaire, Sainte-Foy, 1997, p. 4.
Recommandation: Que les recommandations contenues dans l'Avis de la Commission des affaires étudiantes sur la participation des étudiantes et des étudiants à la vie universitaire soient appliquées dans les meilleurs délais.
L'UNIVERSITÉ, UN LIEU DE FORMATION
Problématique
L'organisation de la vie universitaire ne se résume pas seulement aux activités de type social ou culturel. Les projets et initiatives liés au champ d'études contribuent également à faire du milieu de vie un environnement stimulant et dynamique et à mettre en valeur le savoir, le savoir-faire et le savoir-être des étudiants. Les Préambule (communication publique), Graphiskor (communication graphique), Summa conseil (génie conseil), les bureaux d'information juridique, d'information sur la nutrition et sur la consommation, les concours de canoë de béton (génie civil) et autres sont de bons exemples d'initiatives étudiantes, présentes sur le campus, qui remplissent un rôle triple; en plus de contribuer à faire rayonner leur discipline, elles offrent dans plusieurs cas de véritables services pour le bénéfice de la communauté et permettent aux étudiants d'acquérir une expérience pratique et de se faire connaître dans leur milieu professionnel. Comme il en a été question au chapitre sur le premier cycle - préparation au marché du travail, ces expériences constituent un pont supplémentaire avec le marché du travail et favorisent certainement l'insertion professionnelle des étudiants qui y participent.
Malgré tous les avantages que peuvent comporter ces initiatives et projets, on dégage deux constats: premièrement, bien que ces initiatives et projets ne soient pas possibles dans tous les domaines, ils ne représentent actuellement qu'une partie du potentiel qui mérite d'être exploité. Plusieurs autres initiatives et projets du même genre pourraient facilement être développés sur le campus et permettre à un plus grand nombre d'étudiants de participer à la vie universitaire en mettant en valeur leurs connaissances et leurs compétences. Deuxièmement, on remarque dans certains cas qu'il subsiste une méconnaissance et une sous-estimation de ce qui existe déjà.
Orientations
Loin de promouvoir la stricte autosuffisance, la Commission croit que les membres de la communauté universitaire auraient avantage à mieux exploiter les ressources disponibles sur le campus. À cette fin, il serait souhaitable que l'on procède à une promotion des expertises étudiantes, notamment celles qui sont déjà constituées en "bureau", et de sensibiliser les membres de la communauté aux avantages d'utiliser ces expertises. Les étudiants, les professeurs et les chargés de cours qui souhaiteraient également partager leurs connaissances au profit d'une activité, d'une initiative, d'un projet ou encore d'une organisation devraient également pouvoir l'annoncer par un médium commun, accessible à tous, où l'on pourrait facilement et rapidement y faire référence.
Recommandation: Que l'Université Laval valorise le développement des projets et initiatives des étudiants dans leurs champs disciplinaires et en favorise l'utilisation.
Quelques moyens
La vie universitaire sera riche et stimulante si tous les membres de la communauté y participent. Outre les étudiants, les professeurs, les chargés de cours, les employés de soutien et les professionnels sont tout autant appelés à mettre leurs énergies à contribution dans les différentes activités qui se déroulent sur le campus. Bien souvent, leurs conseils judicieux, leurs expériences, leur soutien et leurs connaissances du milieu sont nécessaires au dénouement positif de certaines initiatives ou contribuent pour une large part à en multiplier les résultats. À d'autres occasions, leur présence en guise d'encouragement et de reconnaissance aux activités de la vie universitaire est vivement souhaitée. Les membres de la Commission d'orientation sont, de plus, convaincus qu'il est dans l'intérêt de tous les membres de la communauté de s'intéresser et de participer aux activités de la vie universitaire, compte tenu de la richesse qui y est présente et des possibilités de développer d'autres intérêts, d'autres aptitudes, dans le cadre du développement constant de chaque individu.
UN SENTIMENT D'APPARTENANCE À CRÉER
Le sentiment d'appartenance, qu'il existe ou non, est difficilement descriptible. Dans une université idéale, le sentiment d'appartenance se manifeste chez les étudiants et les diplômés par une participation active à la vie universitaire, par leur fierté de représenter leur université et d'en porter les couleurs et par le soutien qu'ils continuent d'apporter à leur alma mater une fois qu'ils en sont sortis. Chez le personnel (professeurs, chargés de cours, employés de soutien, professionnel, etc.), on remarque leur sentiment d'appartenance à leur engagement envers leur travail, envers la communauté, à leur participation à des activités qui font rayonner l'université et au plaisir qu'ils ont d'en parler. Les membres d'une université idéale se portent à sa défense quand elle est attaquée et ne se gênent pas pour en vanter les mérites quand elle fait des "bons coups".
Il reste cependant à définir les moyens pour développer ce sentiment d'appartenance à l'Université Laval. La diversité des membres de l'université - étudiants, professeurs, chargés de cours, employés de soutien, diplômés, retraités et administrateurs - suppose qu'il n'existe pas une seule façon de développer le sentiment d'appartenance. Les membres de la Commission d'orientation croient cependant que le développement du sentiment d'appartenance doit s'appuyer sur trois grands principes: le respect mutuel, le sentiment de fierté et la valorisation des personnes et la participation des membres aux prises de décisions.
Orientations
Outre la diversité des fonctions des membres de l'université, il y a la diversité des personnes, de leurs valeurs et de leurs aptitudes. Dans la perspective où les membres de la communauté universitaire constituent la plus grande richesse de l'université, il importe que tous reconnaissent cette diversité et respectent les initiatives individuelles et collectives. Un sentiment d'unité et d'appui mutuel entre les membres doit être développé et transcender toutes nos actions. À cet effet, les différentes politiques comme la déclaration des droits des étudiants et la politique de gestion des ressources humaines ne doivent pas rester de simples écrits administratifs, mais s'intégrer dans la vie de tous les jours et constituer de véritables principes de vie.
Par ailleurs, la fierté envers l'université se développe également par la valorisation des personnes et de leurs réalisations. Bien sûr, on ne fait pas que des bons coups et il est bien plus facile de critiquer et de mettre en exergue les échecs. Cependant, c'est en parlant davantage des réussites et des réalisations qu'il se crée un souvenir positif et une motivation renouvelée à poursuivre le travail déjà accompli. Un peu à l'image des athlètes, ce sont leurs exploits, leurs moments de gloire que l'on retient. Il faut donc créer et multiplier ces occasions de reconnaître la valeur des membres, leurs réussites et leur engagement et, par le fait même, de développer la fierté des membres de l'université.
Enfin, le sentiment d'appartenance se développe avec l'importance accordée à l'intégration des membres à la communauté, notamment par la place qui leur est accordée dans la prise de décision. Le sentiment d'unité, la poursuite d'objectifs communs, le partage des succès et le sentiment d'avoir contribué à leur réalisation sont certainement des moyens de développer le sentiment d'appartenance chez tous les membres de la communauté. Il faut donc susciter la participation des personnes à la prise de décisions les concernant. De plus, on souhaite que les relations entre les membres de l'université se vivent dans un climat convivial, à la faveur d'une approche moins administrative et plus humaine.
Recommandation: Que l'on suscite la participation des membres de la communauté universitaire à la prise de décisions les concernant.
La tenue l'an dernier du premier sommet universitaire lavallois, à l'initiative de la CADEUL, qui réunissait les principaux acteurs de la communauté, a permis de constater qu'il subsistait une méconnaissance des rôles, des attentes et des préoccupations des membres d'une même communauté. En plus d'exprimer le souhait que cette expérience se reproduise, les participants ont également remarqué que cette réunion avait permis une meilleure communication, de raffermir les liens entre les différentes associations représentantes des membres de l'université, de jeter les bases d'une nouvelle forme de partenariat et de faire de la promotion de l'université, un objectif commun. Il serait donc souhaitable de multiplier les occasions où les membres de l'université peuvent échanger et ce, à tous les niveaux (départements, facultés, centres de recherche, etc.). De même, le développement du sentiment d'appartenance doit devenir la préoccupation de chacun.
Recommandation: Que soient encouragées les activités favorisant l'interaction des différents membres de la communauté universitaire.
Quelques moyens
Chapitre 6
Introduction
Comme toute grande université, Laval doit situer son action dans un triple contexte: régional, national et international. Les attentes et les obligations qui y sont associées peuvent, à l'occasion, être contradictoires et le défi de l'université est de trouver le juste équilibre dans son action à ces trois niveaux, dans le respect de sa mission première de formation et d'avancement des connaissances.
La situation géographique de l'Université Laval et sa position dans le réseau universitaire lui imposent des responsabilités régionales particulières, spécialement dans le contexte actuel de conversion économique de sa région immédiate. Il est donc de la plus haute importance qu'elle définisse clairement son rôle et ses objectifs au plan régional.
LA POSITION GÉOGRAPHIQUE DE LAVAL ET SES CONSÉQUENCES
Située dans la capitale provinciale, l'Université Laval est la seule grande université de recherche qui couvre pratiquement tous les champs de l'activité universitaire à l'Est de Montréal. Historiquement, elle a joué un rôle de coordination de l'enseignement supérieur dans toutes les régions de la province. Jusqu'en 1970 elle a eu pour mission d'assurer la formation universitaire des jeunes d'une vaste région s'étendant de l'Est de Montréal jusqu'à l'extrémité est de la province. Depuis le développement du réseau de l'université du Québec, elle a partagé cette mission avec les constituantes régionales de l'université de Québec. Elle conserve toutefois un large pouvoir d'attraction par la diversité des disciplines qu'elle offre. Avec la multiplication de ses activités de recherche et de transfert des connaissances, son rôle dans l'Est du Québec est appelé à s'accroître pour répondre aux besoins régionaux dans les secteurs qui ne sont pas couverts par les constituantes locales de l'université du Québec. L'Université Laval se doit donc d'avoir une vision élargie de son rôle régional.
Le Québec vit une situation assez particulière, avec une capitale provinciale, Québec, distincte de la métropole économique, Montréal. Située dans la capitale, l'Université Laval peut tirer avantage de la proximité des instances gouvernementales et des responsabilités particulières qui incombent à une capitale, en particulier au plan international. On trouve ici la justification pour une orientation des activités d'enseignement et de recherche vers des problématiques internationales. Avec la réorganisation majeure que vivent les organes gouvernementaux depuis quelques années et avec la conversion économique qui en découle, l'Université Laval doit par ailleurs assumer un rôle accru dans la mise en oeuvre de nouvelles avenues de développement économique. Enfin, comme grande université de recherche offrant un potentiel de transfert technologique majeur et diversifié, l'Université Laval doit également être présente dans la métropole économique pour y exploiter toutes les opportunités de relation avec l'industrie.
Ainsi, la situation géographique de l'Université Laval lui impose de jouer un rôle de premier plan dans la région immédiate de la capitale, de se préoccuper des besoins de formation et de transfert des connaissances dans la vaste région de l'Est du Québec et d'être présente dans la région de Montréal et, finalement, d'internationaliser son action de formation et de recherche conformément aux exigences d'une grande université de recherche et aux attentes de la capitale d'un pays qui vit du commerce international et qui aspire à toujours plus de reconnaissance internationale.
Recommandation: Que l'Université Laval maintienne un juste équilibre entre ses responsabilités dans la région de la capitale, son action de formation et de transfert des connaissances dans les régions de l'Est du Québec, sa présence à Montréal et la nécessaire vision internationale de toutes ses activités de formation et de recherche.
Quelques moyens
L'UNIVERSITÉ LAVAL ET LE DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE
Par sa présence et le volume de ses activités, l'Université Laval joue un rôle économique majeur dans la région de Québec. Une étude d'impact économique réalisée il y a quelques années avait montré que près de 10 000 emplois étaient directement liés aux activités de l'université. L'actualisation en cours de cette étude devrait confirmer le rôle économique considérable de l'Université Laval dans sa région, malheureusement trop souvent ignoré.
Au-delà de cet impact direct, l'Université Laval a joué, depuis plus de 15 ans, un rôle croissant dans le développement économique de la région de Québec. Son action aux chapitres de la concertation régionale et du transfert technologique s'est amorcée lors du sommet économique de 1983 sous l'impulsion du Recteur Paquet et elle s'est accélérée au cours des dernières années. Ainsi l'université est un partenaire important des grands organismes de concertation et de développement économique: GATIQ, CREDEQ, Parc technologique du Québec métropolitain. Ce rôle doit être maintenu et amplifié si possible, l'université étant dans une position privilégiée par sa neutralité politique et sa vision globale du développement.
Par ailleurs, dans le contexte globalisant de l'économie du savoir, l'Université Laval a un rôle accru à jouer dans le domaine du transfert des connaissances. Elle doit être particulièrement active en ce qui concerne la valorisation des résultats de la recherche par la création d'entreprises et, grâce à des alliances avec des entreprises existantes, par la création d'emplois dans les nouveaux secteurs de l'économie. L'Université Laval a développé ses interventions dans ce domaine au cours des dix dernières années, mais elle doit faire plus et mieux si elle veut jouer pleinement son rôle au moment où la région de Québec vit une décroissance de ses fonctions gouvernementales traditionnelles et doit développer de nouvelles activités économiques.
Recommandation: Que l'Université Laval prenne les mesures nécessaires pour accroître sa contribution à la création d'entreprises dans les nouveaux secteurs de l'économie.
La ville de Québec est connue mondialement comme pôle d'attraction touristique. Avec l'ouverture récente du nouveau Centre des congrès de Québec, la fonction touristique de la région pourra se renforcer considérablement du côté du tourisme d'affaires. De son côté, l'Université Laval jouit d'une excellente réputation internationale comme grande université de recherche. Elle a la vocation et la capacité d'attirer dans la région des scientifiques de tous les champs disciplinaires et de toutes les régions du monde pour des colloques, des séminaires et des grands congrès. Les intérêts de l'université et de la région sont donc clairement convergents dans la poursuite du développement d'un tourisme d'affaires dynamique. L'Université Laval devra donc rechercher une collaboration accrue avec les autorités régionales dans ces secteurs, en particulier avec le Centre des congrès de Québec.
Recommandation: Que l'Université Laval intensifie ses actions dans l'organisation de grands congrès et événements en collaboration avec les intervenants régionaux.
Moyen
Comme on l'a déjà souligné, l'Université Laval a un rôle important à jouer dans les actions de transfert technologique et de soutien au développement économique, non seulement dans sa région immédiate, mais dans tout l'Est du Québec. Elle occupe en effet de nombreux champs disciplinaires de recherche qui sont peu ou pas couverts par les autres intervenants des milieux de l'enseignement supérieur et de la recherche. Elle se doit donc d'assumer ce rôle en complémentarité avec les collèges et les constituantes en région de l'université du Québec. Pour y arriver efficacement elle aura avantage à s'associer avec ces partenaires qui, bien ancrés dans leurs milieux locaux, sont à même de faciliter les liaisons essentielles à une bonne identification des besoins et une bonne transmission de l'information.
Recommandation: Que l'Université Laval s'associe avec les partenaires régionaux de l'enseignement supérieur et de la recherche pour mettre à la disposition des économies régionales de l'Est du Québec ses capacités de transfert technologique.
Quelques moyens
L'UNIVERSITÉ LAVAL COMME PARTENAIRE DU DÉVELOPPEMENT CULTUREL
Les arts et la culture ont toujours été un des secteurs de force à l'Université Laval. Dans le domaine de la musique, l'université a, de tout temps, joué un rôle majeur. Avec la constitution de ce secteur en faculté de musique et avec l'entente qui vient d'être conclue avec le Conservatoire de musique de Québec, l'Université Laval est plus que jamais prête à jouer un rôle déterminant dans le renforcement de la culture musicale dans tout l'Est du Québec. Nos relations privilégiées avec le Domaine Forget devraient appuyer cette action. Dans le domaine des lettres et des arts, les possibilités d'interaction sont chaque jour plus grandes entre l'université et sa région. Ainsi on a vu, au cours des dernières années, se développer des activités comme les Médiévales ou les Fêtes de la Nouvelle France qui ont permis des interactions fructueuses entre les professeurs et étudiants de la Faculté des lettres et la région. D'autres initiatives du même style devraient être encouragées par l'Université Laval parce qu'elle donne à notre communauté la possibilité de faire bénéficier toute la région de la richesse de nos ressources intellectuelles et parce qu'elles fournissent à nos étudiants des possibilités d'emplois dans leurs champs de connaissances.
Québec est reconnue comme "ville du patrimoine mondial". L'Université Laval, elle-même plus ancienne université francophone sur le continent américain, fait partie du patrimoine universitaire mondial et elle a donc un intérêt tout particulier pour le champ de la protection et de la mise en valeur du patrimoine. Ce champ d'étude et de recherche est fortement occupé à l'Université Laval, que ce soit par son École d'architecture, son Centre d'études interdisciplinaires sur les lettres, les arts et les traditions des francophones en Amérique du Nord (CELAT), son Département d'histoire ou son Département d'anthropologie. Dans la foulée du récent Forum UNESCO sur le thème "patrimoine et université", l'Université Laval devra développer ses actions en collaboration avec la région et dans un contexte américain et mondial.
Recommandation: Que dans le champ de leur compétence propre, les unités s'engagent plus étroitement dans des collaborations avec le milieu régional pour enrichir la vie culturelle et contribuer à la mise en valeur du patrimoine.
LA RESPONSABILITÉ SOCIALE DE L'UNIVERSITÉ
L'université a, de tout temps, eu la responsabilité de précéder ou d'éclairer les changements sociaux et son rôle de critique de la société constitue l'une de ses raisons d'être. Dans ce domaine, l'Université Laval a une longue tradition dont l'un des temps forts a été le rôle déterminant de sa Faculté des sciences sociales dans la Révolution Tranquille du Québec au début des années 60.
Les sociétés modernes sont en mutation partout à travers le monde sous les effets combinés du développement technologique, de la globalisation des économies et de l'élimination des distances dans la diffusion des informations; elles ont grandement besoin de l'apport des universitaires pour bien gérer ces mutations. Or on constate que bien des universitaires ont tendance à se désengager des débats de société. Les pressions toujours plus grandes sur leur temps, par suite de la réduction des ressources et de l'accroissement résultant de la compétition, fournissent un élément d'explication. Les difficultés de relations entre les médias et les universitaires en sont probablement un autre. L'importance déterminante du financement externe dans le déroulement d'une carrière de professeur en est malheureusement un troisième, puisqu'il est souvent bien imprudent "de mordre la main qui nous nourrit!" Quoi qu'il en soit, il est de plus en plus évident que les universitaires doivent retrouver l'habitude de participer activement aux grands débats qui animent nos sociétés. De l'éthique du développement à la justice sociale, de l'impact des télécommunications à l'organisation du travail dans la nouvelle économie, de la protection des patrimoines à la valorisation des diversités culturelles, toutes les grandes questions du monde moderne requièrent l'apport des universitaires pour être traitées de façon plus éclairée.
Par ailleurs, il est important de nous rappeler que la liberté universitaire, fondement même de notre institution, ne se justifie historiquement que par l'exercice de ce rôle de critique de la société qui exige des universitaires indépendance, neutralité objective et liberté d'expression. Si nous n'assumons plus ce rôle, comment pourrions prétendre encore à la liberté universitaire?
Recommandation: Que tous les professeurs s'impliquent plus activement dans les grands débats de société, dans la mesure de leur compétence.
Les membres de la Commission d'orientation prennent note des initiatives étudiantes comme le Bureau d'information juridique, la rédaction d'articles dans les journaux et revues et l'organisation de semaines thématiques de vulgarisation qui démontrent bien l'implication sociale des étudiants dans les débats qui dépassent le cadre de l'université. Ils souhaitent par ailleurs que l'université encouragent plus généralement les étudiants à participer aux grands débats de société qui les concernent.
ENGAGEMENT ET INDÉPENDANCE: UN JUSTE ÉQUILIBRE
Au moment où les coûts de l'enseignement et de la recherche universitaire croissent de plus en plus rapidement, en particulier dans les domaines scientifiques de pointe, au moment où le financement public est de plus en plus sous contrainte et où de nouvelles sources privées et industrielles doivent être sollicitées, le maintien de la nécessaire indépendance de la pensée et de l'action universitaire constitue un défi toujours renouvelé. Si les universitaires veulent conserver et exercer leur rôle de critiques de la société et s'ils veulent conserver le nécessaire contrôle de l'orientation de leurs recherches et du contenu de leurs enseignements, ils doivent développer de nouvelles grilles d'évaluation de leurs activités, des critères stricts dans l'établissement des relations université-industrie ou, plus généralement, université-société. C'est une nouvelle éthique de l'enseignement et de la recherche universitaires qui est aujourd'hui requise. Et la tradition de l'Université Laval lui impose d'être à la fine pointe de la réflexion sur cette question.
Chapitre 7
Introduction
Comme dans toute université qui se respecte, la gestion à l'Université Laval est fondée sur un modèle faisant largement appel à la consultation, à la concertation et au consensus. Dans le passé, ce modèle a surtout prévalu dans le domaine de la gestion des affaires académiques sous la responsabilité du Conseil universitaire, alors que la gestion financière faisait appel à un mode d'organisation fortement centralisé sous la responsabilité du Conseil d'administration, du Comité exécutif et de la direction de l'université.
Depuis quelques années, l'Université Laval a entrepris de faire mieux coïncider les modes de gestion des affaires académiques avec celles des ressources financières et de mettre en oeuvre une plus grande décentralisation dans un modèle de gestion qui fait davantage appel à la participation et à la responsabilisation des différents intervenants. Ainsi, elle pourra rendre toute son organisation plus souple et mieux adaptée à un environnement et à un financement changeants. Cette évolution va tout à fait dans le sens des pratiques qui ont cours dans les autres grandes universités de recherche en Amérique du Nord.
La mise en oeuvre de ce mode de gestion décentralisée se fait dans un contexte de restriction budgétaire. Ceci se traduit par des difficultés additionnelles de transition, les gestionnaires aux niveaux départemental et facultaire devant apprendre de nouveaux modes de gestion et de prise de décision en même temps qu'ils doivent trouver des moyens de réduire les coûts de fonctionnement de leurs unités. Si ces difficultés sont bien réelles, il faut en même temps réaliser qu'une gestion décentralisée de coupures budgétaires offre la meilleure garantie que ces coupures seront faites de façon optimale pour préserver l'avenir. Une fois un mode de gestion décentralisée bien implanté, l'université sera mieux à même d'exploiter la prochaine période de croissance de façon dynamique.
Le passage à une gestion décentralisée apparaît essentiel aux membres de la Commission. Toutefois, pour être efficace, ce passage doit être accompagné d'une remise en question de tout notre arsenal réglementaire qui avait été conçu en fonction d'un système et d'une culture centralisatrice. Il doit également être appuyé par la mise en place de programmes de formation et d'accompagnement des gestionnaires. Dans la mesure où, à terme, c'est toute la culture organisationnelle de l'Université Laval qui est appelée à changer, il est important que toute la communauté universitaire s'approprie cette orientation et que l'université mette en place les moyens d'information à cette fin.
CENTRALISATION - DÉCENTRALISATION: UN ÉQUILIBRE À TROUVER
Problématique
Dans une organisation de grande taille comme l'Université Laval, où on retrouve une très grande diversité de contextes et de pratiques disciplinaires, la capacité de toutes les unités de s'adapter aux exigences changeantes de leurs champs d'action demande une forte décentralisation des pouvoirs de décision et des ressources. De plus, il est maintenant bien établi, dans les grandes organisations, que la meilleure méthode pour mobiliser les énergies et, donc, pour optimiser l'utilisation des ressources humaines et matérielles consiste à déléguer aux plus bas niveaux d'intervention possible les pouvoirs de décision de façon à impliquer autant que faire se peut les personnes qui auront à exécuter ces décisions. Ceci dit, tout ne peut pas et ne doit pas être décentralisé dans une grande organisation. En effet, certaines fonctions comme la gestion des bâtiments ou de la sécurité gagnent énormément à être gérées de façon centrale, que ce soit pour des raisons d'économies de taille ou de nécessaire intégration des actions.
Il est essentiel, si l'université veut faire une transition réussie vers un modèle de gestion dynamique et efficace, qu'un juste équilibre soit trouvé entre les fonctions qui peuvent et doivent être décentralisées et celles qui doivent être gérées centralement. Il est tout aussi essentiel que notre "culture organisationnelle", avec sa réglementation omniprésente et des pratiques décisionnelles fortement marquées par la crainte de l'erreur, évolue aussi rapidement que possible.
Enfin, dans le contexte actuel de contraintes budgétaires, la décentralisation des processus a souvent été perçue comme un moyen pour l'administration centrale de se décharger de responsabilités vers les unités sans leur allouer les ressources nécessaires pour assumer leurs nouvelles fonctions. S'il est possible que cela se soit produit, il faut se rendre compte que la décentralisation ne s'accomplira pleinement que si elle s'accompagne d'une simplification de la réglementation permettant d'éliminer certaines tâches. Ainsi, elle favorisera de véritables gains de productivité en donnant aux membres des unités les moyens de faire les choses différemment et mieux.
Orientations et moyens
L'université doit établir rapidement et clairement, dans un schéma global, les activités ou services que l'on entend décentraliser et ceux qui devront rester sous une gestion centrale.
De façon générale, l'option à privilégier doit être celle de la décentralisation. En principe, toute décentralisation devrait s'appuyer:
Quant aux services et fonctions qui resteront centralisés, leur organisation et leurs pratiques de gestion doivent être adaptées de façon à laisser aux gestionnaires des autres unités la latitude nécessaire pour leur permettre d'appliquer des solutions novatrices et originales adaptées à leur situation et à leurs besoins. Les responsables de ces services centraux devront donc mettre en oeuvre des moyens pour renforcer leurs relations directes avec les unités.
Finalement, l'université devra se donner les moyens administratifs et financiers de soutenir des priorités institutionnelles. Il faut en effet éviter que décentralisation ne se traduise par chaos, isolement et éclatement. Dans une saine pratique de la gestion décentralisée, l'université doit:
Recommandation: Que l'Université Laval poursuive et achève la décentralisation des pouvoirs décisionnels et des ressources dans tous les cas où une telle décentralisation résulterait en une efficacité et une adaptabilité accrues de son organisation.
Recommandation: Que l'Université Laval adopte des mécanismes d'allocation des ressources pour appuyer la réalisation de ses objectifs institutionnels.
Dans la mesure où la décentralisation s'accompagnera d'une simplification de la réglementation et des pratiques administratives, elle devrait entraîner par le fait même un gain global de productivité. Dans ce contexte, le transfert de ressources centrales vers les unités ne devrait être envisagé qu'une fois les processus revus et simplifiés. Il ne devrait donc pas être une condition "a priori" de la décentralisation mais seulement une conséquence limitée aux cas où la nécessité d'un tel transfert peut être démontrée.
Recommandation: Que la décentralisation de toute responsabilité ou fonction s'accompagne d'un examen détaillé dans une perspective de simplification et de diminution des besoins en ressources. La décentralisation des ressources ne devrait être envisagée que sur la base d'une étude justificative.
POLITIQUES ET RÈGLEMENTS: UNE SIMPLIFICATION INDISPENSABLE
Problématique
L'Université Laval est connue dans tout le réseau universitaire pour être l'université qui possède l'arsenal réglementaire le plus complexe. Cette "culture du règlement" fait que bien peu de matières à Laval ne sont pas couvertes par un règlement. Cette situation est à la fois confortable et contraignante: confortable parce que les gestionnaires peuvent toujours s'appuyer sur un règlement lorsqu'ils prennent leurs décisions et parce que les personnes assujetties à ces décisions se savent protégées contre l'arbitraire, mais contraignante parce que la réglementation omniprésente enlève la nécessaire flexibilité d'action et parce que toute nouvelle situation doit donner lieu à la formulation d'un nouveau règlement, après consultation et consensus, ce qui entraîne toujours des délais.
Dans le contexte actuel où l'université doit évoluer toujours plus rapidement pour s'adapter à de nouveaux besoins ou à de nouvelles contraintes, la réglementation est devenue un carcan étouffant. Par ailleurs, si la décentralisation devait se faire dans le cadre de la réglementation actuelle, conçue pour une gestion centralisée, elle se traduirait nécessairement par un accroissement des coûts de fonctionnement dans la mesure où les économies d'échelle seraient perdus.
Nombreux sont ceux qui, des gestionnaires aux étudiants en passant par les professeurs et les membres du personnel, se plaignent de la lourdeur administrative à l'Université Laval et qui souhaitent une simplification de la réglementation. Nous devons tous prendre conscience que si une telle simplification est nécessaire dans le contexte de la décentralisation, elle ne sera pas facile à réaliser et à mettre en oeuvre. Moins de règlements veut dire plus de souplesse et d'efficacité, mais en contrepartie, exige davantage d'analyse et de décisions personnelles... et davantage de prises de risques de la part des gestionnaires. Moins de règlements entraîne également plus de risques d'erreurs et plus de décisions perçues comme arbitraires par les personnes soumises à ces décisions. Bref, nous devrons tous apprendre et nous adapter.
Recommandation: Que l'Université Laval procède dans les meilleurs délais à une révision complète de son arsenal réglementaire en vue de le simplifier, en privilégiant chaque fois que possible l'adoption de politiques générales plutôt que de règlements détaillés.
FORMATION ET ENCADREMENT DES GESTIONNAIRES
Problématique
Pour être pleinement efficace, la décentralisation doit être mise en oeuvre par des gestionnaires bien formés et bien appuyés. Ce qui est vrai dans toute organisation décentralisée l'est tout particulièrement à l'université où les gestionnaires des unités académiques sont des professeurs qui assument les fonctions de gestion pendant des périodes de temps limitées durant leur carrière professorale. Le haut taux de roulement des gestionnaires académiques et leur faible préparation pour les fonctions de gestion font qu'il est absolument nécessaire que l'université mette sur pied des programmes structurés de formation des nouveaux gestionnaires et qu'elle les appuie dans leurs fonctions par des systèmes d'information, d'aide à la décision et par des moyens de communication entre eux et avec la direction de l'université.
Orientations et moyens
La formation et l'encadrement des gestionnaires sont deux facteurs critiques de succès de l'opération de décentralisation en cours à l'Université Laval. Applicables dans tous les cas, ces facteurs sont tout particulièrement importants pour les gestionnaires académiques qui assument temporairement des fonctions administratives dans le cours de leurs carrières académiques. L'université devra donc:
Par ailleurs, il faudra accepter qu'un système décentralisé comporte inévitablement une certaine part d'insécurité pour les gestionnaires qui doivent assumer plus de responsabilités. La Commission invite la communauté à réfléchir à cette situation et à accepter "le droit à l'erreur". Si la formation des gestionnaires a été convenablement assurée, ce droit ne devrait pas avoir à s'exercer trop souvent, mais il doit pouvoir l'être si on veut que les gestionnaires acceptent de prendre certains risques dans l'exploitation optimale de la décentralisation.
Recommandation: Que l'Université Laval porte une attention spéciale à la formation et au support des professeurs-administrateurs et des autres gestionnaires.
RESPONSABILITÉ ET IMPUTABILITÉ
Problématique
Le pouvoir de décision doit nécessairement s'accompagner de la responsabilité et de l'imputabilité du gestionnaire envers son unité et l'institution. Cette imputabilité doit s'inscrire à l'intérieur d'une procédure d'évaluation claire, simple et transparente pour tous. Il est donc nécessaire de mettre en place un système d'évaluation et de reddition de comptes qui s'intègre harmonieusement au nouvel environnement de gestion.
Orientations et moyens
Tous les gestionnaires devraient, dans le nouveau processus décentralisé de l'Université Laval, rendre compte de leur action aux membres et utilisateurs de leur unité de même qu'aux instances supérieures, c'est-à-dire aux facultés et à la direction de l'université. Cette reddition de compte devrait s'effectuer par le biais d'un mécanisme de rapport annuel.
Ces rapports devraient rappeler les objectifs institutionnels et ceux de l'unité et rendre compte des moyens mis en oeuvre dans la poursuite et l'atteinte de ces objectifs.
L'université devrait appliquer à l'ensemble de ses gestionnaires un processus d'évaluation de leur rendement dans lequel le rapport annuel jouerait un rôle central.
La Commission a recommandé précédemment que le mécanisme d'allocation des ressources soit adapté pour appuyer la réalisation d'objectifs institutionnels. Le rapport annuel serait là aussi un outil essentiel.
Recommandation: Que l'Université Laval impose la production de rapports annuels à tous les responsables d'unités et que ces rapports servent de base à l'allocation des ressources aux unités et à l'évaluation des gestionnaires.
Chapitre 8
Quelques considérations
La nécessité d'améliorer l'image de l'université est sans aucun doute le sujet qui a fait l'objet du plus fort consensus parmi les membres de la Commission. Cette amélioration passe vraisemblablement par une révision de nos modes de communication et ce, tant à l'interne qu'à l'externe. Dans le cadre des différentes consultations entreprises par la Commission d'orientation, l'urgence d'une amélioration des communications entre les membres de l'université de même qu'avec le milieu est apparue évidente.
La Commission souligne d'entrée de jeu que cette question n'a pas fait l'objet d'un débat en profondeur dans le cadre de ses travaux. On a plutôt souhaité que cette question soit confiée à un comité spécial sur les communications. Ce comité, qui devra être formé dans les meilleurs délais, sera chargé d'analyser et d'apporter des solutions notamment au plan de la communication interne, de la communication externe et de la place médiatique de l'Université Laval dans la région et au Québec. Il devrait impliquer des représentants des professeurs, des étudiants, des directions d'unités et de la direction de l'université, ainsi que des représentants du Service des communications à titre de personnes-ressources.
Ce comité devrait remettre son rapport à la fin du mois de janvier 1998.
Recommandation: Qu'un groupe de travail sur les communications soit créé dans les meilleurs délais pour définir une politique de communications pour l'Université Laval et qu'il fasse rapport à la fin de janvier 1998.
Chapitre 9
Les meilleurs rapports n'ont d'effet que s'ils sont adoptés par les personnes auxquelles ils s'adressent et que leurs recommandations font l'objet d'un suivi. Les membres de la Commission d'orientation déposent aujourd'hui ce rapport préliminaire en souhaitant vivement que la prochaine étape de consultation, qui devrait se conclure en février 1998, crée les conditions nécessaires pour que ses recommandations se concrétisent.
Cette vaste tournée de consultation sera effectuée auprès de chaque faculté, association étudiante, syndicat et service afin que tous soient entendus et puissent apporter leur contribution à la réflexion sur les grandes orientations qui guideront les actions des années à venir à l'Université Laval. Elle sera également l'occasion, pour les personnes et les organismes concernés de s'approprier les principes du rapport de la Commission.
Au début du trimestre d'hiver, la Commission se penchera sur les résultats de cette consultation et elle entend soumettre son rapport final à l'adoption par le Conseil universitaire et le Conseil d'administration à leur séance du mois de mars.
Finalement, il a été entendu que la Commission se réunira annuellement pour assurer un suivi à la mise en oeuvre des recommandations de son rapport. À cet égard, la Commission propose que cette façon de faire soit appliquée chaque fois qu'il y a recommandation de la part d'une instance quelconque.
Recommandation: Que toute recommandation émanant de quelque instance que ce soit, s'accompagne d'un mécanisme propre à en assurer le suivi.
Alain Asselin, vice-doyen, Faculté des sciences de l'agriculture
et de l'alimentation
Sophie Bouchard, secrétaire, Département d'anthropologie
Edwin Bourget, directeur, Département de biologie
Lise Darveau-Fournier, doyenne, Faculté des sciences sociales
Jean-Claude Forest, vice-doyen, Faculté de médecine
Patrice Garant, professeur, Faculté de droit
Micheline Grenier, directrice, Service de placement
Philip Grenon, chargé de cours, Département de management
Stephan Jacques, président, Association des étudiantes
et des étudiants de Laval inscrits aux études supérieures
(AELIÉS)
Denys Larose, directeur général, Cégep de Sainte-Foy
Paul Naud, directeur, Service des approvisionnements
Paul-Hubert Poirier, professeur, Faculté de théologie
et de sciences religieuses
Simon-Pierre Pouliot, président, Confédération
des associations d'étudiants et d'étudiantes de l'Université
Laval (CADEUL)
François Tavenas, recteur et président de la Commission
Vicky Trépanier, étudiante et secrétaire de
la Commission
Laurier Turgeon, directeur, Centre d'études interdisciplinaires
sur les lettres, les arts et les traditions des francophones en Amérique
du Nord (CELAT)