Cédric Gobeil

 
 

Histoire 1998

En s’inscrivant à l’Université Laval, d’abord pour des raisons de proximité et de convenance, Cédric Gobeil était loin de se douter de l’expérience éducative qu’il s’apprêtait à vivre. « Peu de temps après le début de mon baccalauréat en histoire, je me suis rendu compte que j’avais fait le bon choix dans la mesure où la formation offerte par l’Université Laval dans mon domaine d’études était à l’époque l’une des meilleures au Québec, sinon au Canada. »

Encore aujourd’hui, 17 ans après l’obtention de son diplôme, M. Gobeil reconnait la qualité de la formation qu’il a reçue à l’Université Laval. Selon lui, l’un des éléments qui différencient et démarquent l’Université Laval des autres établissements d’enseignement universitaire est la méthodologie qu’on y inculque et qui fonde la démarche scientifique. « J’ai pu appliquer cette méthodologie à tous les champs de ma discipline et à tous les sujets que j’ai pu aborder », dit-il. Par ailleurs, bien que le baccalauréat en histoire n’abordait pas le thème spécifique de l’Égypte ancienne, l’une de ses passions depuis l’adolescence, plusieurs cours connexes offerts dans le programme, comme l’archéologie et l’histoire de l’art, lui ont permis de s’en rapprocher. « L’un des avantages de cette formation (en histoire) est d’être transversale et de pouvoir s’employer dans plusieurs disciplines des sciences humaines », analyse-t-il.

Aux dires de Cédric Gobeil, l’Université Laval a fait bien plus que nourrir sa passion et son intellect. « Je dois avouer que mes années à l’Université Laval comptent parmi les plus belles de mon cursus. Les professeurs étaient très intéressants et demeuraient très proches des étudiants. Les journées d’initiation nous ayant permis de tous bien nous connaître (les étudiants en histoire), je me souviens que nous étions très proches les uns des autres », confie-t-il.

Direction Sorbonne

En 1998, c’est à l’Université Paris IV-Sorbonne, en France, que M. Gobeil décide de poursuivre ses études supérieures. Il profitera de ce passage, qui durera dix ans, pour en récolter quatre diplômes : licence en histoire, maîtrise sur L’administration au début du Nouvel Empire (1550-1400 av. J.-C.), diplôme d’études approfondies (DEA) sur Le rire en Égypte ancienne, et doctorat en égyptologie sur le thème des modes d’expression de la joie au quotidien en Égypte ancienne.

« Mon adaptation (en France) s’est bien déroulée puisque j’ai eu la chance de rencontrer tout de suite les bonnes personnes pour m’orienter sur les possibilités qui s’offraient à moi. Je me suis également fait de nombreux amis qui sont encore dans mon entourage aujourd’hui. Il faut avouer que les Québécois jouissent d’une excellente réputation en France et ce point fut un atout majeur dans la réussite de mes projets », explique humblement le diplômé originaire de Québec.

Une fois sa thèse d’égyptologie à la Sorbonne soutenue, les portent s’ouvrent, les occasions professionnelles se succèdent pour le nouveau docteur. Il obtient d’abord une bourse postdoctorale du Fonds de recherche du Québec – Société et culture (FRQSC) lui permettant d’intégrer l’Institut français d’archéologie orientale du Caire (IFAO) en tant que membre scientifique de 2008 à 2010. En 2010, grâce à une autre bourse postdoctorale, du Conseil de recherches en sciences humaines (CRSH) de l’UQAM cette fois, il devient chercheur-postdoctorant au département d’histoire de l’UQAM, sous la supervision du professeur Jean Revez, et poursuit parallèlement ses travaux de recherche et de terrain à l’IFAO en tant que collaborateur scientifique.

De la passion à la pratique

Nommé directeur de la mission archéologique française de Deir el-Medina1 par l’IFAO, en 2011, il collabore également aux missions archéologiques de Coptos2 (IFAO/Université Lumière-Lyon II) et de Balat3 (IFAO), en plus de prendre part à la mission épigraphique4 de la grande salle hypostyle5 de Karnak (UQAM/University of Memphis).

Professeur associé au département d’histoire de l’UQAM depuis février 2013, il continue aujourd’hui de travailler en tant qu’archéologue pour l’IFAO à titre de contractuel. « Je partage mon temps de travail entre mon bureau du Caire et les sites sur lesquels je fouille en Égypte pendant plusieurs mois. (…) En tant qu’archéologue, j’élabore des problématiques de recherches permettant de faire avancer la connaissance que nous pouvons avoir des sites dont nous avons la charge. Je mène ensuite une campagne de fouille annuelle sur chacun d’eux avec mon équipe afin de vérifier mes hypothèses et de répondre à mes questions », résume-t-il. Les fouilles de chaque site durent entre un et trois mois. Le reste du temps, M. Gobeil le passe à traiter les résultats obtenus, à rédiger des synthèses et à diffuser ses résultats lors de colloques, conférences et tables rondes à travers le monde.

Pour terminer, le professeur associé et archéologue réserve quelques mots à la relève étudiante de l’Université Laval. « L’université vous donne les clés et les moyens de bien vous former, mais c’est avant tout à vous de vous faire confiance et d’utiliser au maximum ces moyens pour transformer votre cursus universitaire en une réussite personnelle et professionnelle. »

1 : Deir el-Medina est un village de l’Égypte antique où résidait la confrérie des artisans chargés de construire les tombeaux et les temples funéraires des pharaons et de leurs proches durant le Nouvel Empire (approximativement de 1 500 à 1 000 av. J.-C.)
2 : Coptos est une ville de la région de la Haute-Égypte située à une quarantaine de kilomètres de Louxor
3 : Balat est un site égyptien qui regroupe l’établissement d’Ayn Asil et la nécropole de Qila al-Dabba. Découvert en 1971, le site est fouillé par l’IFAO depuis 1977.
4 : Qui relève de l’épigraphie, soit de la science qui étudie les inscriptions sur matière durable, comme la pierre et le métal.
5 : Une salle hypostyle est un espace fermé dont le plafond est soutenu par des colonnes. Celle de Karnak en est l’une des plus célèbres et des plus grandes.

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