Faire la paix avec la mort!

 
Josée Masson
 

Elle travaille au quotidien auprès des personnes endeuillées, les jeunes en particulier, et pourtant Josée Masson mord dans la vie à pleines dents ! Pour cette travailleuse sociale engagée, son choix de carrière n’a jamais fait l’ombre d’un doute dans sa tête et son cœur. Elle a opté pour le volet du deuil après avoir identifié une réelle lacune dans l’approche de la clientèle jeunesse. Armée de son immense compassion et de sa compréhension fine des besoins des enfants vivant le deuil d’un proche, Josée Masson s’est donnée pour mission de les aider à traverser cette épreuve. Présidente fondatrice de l’organisme Deuil-Jeunesse, Josée Masson s’est bâtie une solide réputation au Québec et à l’international pour l’expertise de pointe qu’elle a développée dans l’accompagnement des jeunes endeuillés.


Dès ses premiers cours à l’Université Laval au baccalauréat en travail social, Josée Masson s’est passionnée pour son sujet d’étude. Puis, après une douzaine d’années à œuvrer dans le milieu de la santé, elle en est arrivée à un constat troublant en matière de soutien aux personnes endeuillées : les enfants n’y trouvaient pas leur compte. « Pendant qu’on prenait soin des adultes, qu’on discutait avec eux et qu’on les aidait à vivre leurs émotions, on donnait des cahiers à colorier aux petits, explique-t-elle. Par maladresse ou par incompréhension de leurs besoins, on les évitait et on leur cachait les choses. Ces jeunes ont pourtant grand besoin de comprendre ce qui se passe et d’être compris dans leur propre réalité. On veut leur épargner la peine, mais ils se sentent perdus et rejetés, et s’inventent des histoires pour tenter de s’expliquer par eux-mêmes pourquoi les adultes agissent si bizarrement avec eux. »


Dès lors, Josée Masson s’est investie d’une mission, celle de développer une approche de soutien au deuil adaptée aux jeunes. Pour ce faire, elle a interrogé 80 enfants, âgés entre 4 et 14 ans, qui ont vécu la mort d’un membre de leur famille proche, pour les écouter et connaître leurs attentes et leurs préoccupations. « Je leur ai donné la main pour qu’ils m’aident à les aider, dit-elle. Ces jeunes, à qui l’on tait les choses, ont l’impression qu’on leur vole leur histoire de vie. Avec Deuil-Jeunesse, on a renversé la vapeur. »


Josée Masson a remporté de nombreuses distinctions. Seulement l’an dernier, elle s’est méritée le Prix Innovation et Entrepreneuriat social et un certificat honorifique lui a été remis par l’Assemblée nationale du Québec à l’occasion du 10ème anniversaire de Deuil-Jeunesse. Elle a écrit quatre livres sur le sujet du deuil des enfants, dont le dernier sera lancé sous peu en Europe. Elle est la seule à détenir une expertise dans le deuil des enfants. De ce fait, elle est appelée aux quatre coins du globe pour donner des conférences et des formations.


Comment réussit-elle à conserver cette joie de vivre qui la caractérise tout en cohabitant avec un sujet aussi difficile ? « J’ai fait la paix avec la mort. Nous sommes tous des mortels qui aimons d’autres mortels. Tout peut arriver et il faut l’accepter. Je suis bien avec cela, et je souhaite partager mon sentiment avec tous ceux qui en ont besoin. »

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