Luc Bouchard

 
 

Statistique 1989, Traduction 1996

Le goût de l’aventure de Luc Bouchard, aujourd’hui âgé de 51 ans, ne date pas d’hier. Alors qu’il était dans la vingtaine, après son baccalauréat en statistique, il a multiplié les expériences professionnelles et culturelles : avec Katimavik dans plusieurs villes au Canada, au ministère de la Formation et des Collèges et Universités à Toronto, sur plusieurs chantiers de construction (en Outaouais, en Bretagne, à Saint-Pierre-et-Miquelon, en Franche-Comté, en Malaisie), à l’emploi de colonies de vacances (au camp Trois-Saumons, en Auvergne, en Angleterre, en Pennsylvanie) et à l'une des mairies de Londres, celle du Royal Borough of Kensington and Chelsea.

C’est d’ailleurs en raison d’une publicité de l’organisme Operation Raleigh, vue dans le tube (métro) de la capitale britannique, que Luc Bouchard a vécu son expérience la plus mémorable. « Parmi tous les pays où j'ai eu la chance de séjourner, je garderai toujours un faible pour la Malaisie », confie-t-il. « Ce fut une expérience inoubliable de vivre pendant trois mois dans des abris qu'on s'était fabriqués dans la jungle, à cuisiner sur le feu tous les soirs, à construire un pont piétonnier et même une mosquée! On avait également grimpé au sommet de la plus haute montagne du Sud-Est asiatique, le mont Kinabalu. »

« Found » in translation

Après avoir bourlingué, foulé plusieurs sols et goûté à plusieurs cultures, le trentenaire d’alors décide de rentrer au bercail et d’effectuer un retour à l’Université Laval, en traduction cette fois. Trois ans plus tard, fort d’un deuxième diplôme universitaire, un nouvel horizon professionnel s'ouvre à lui. « Emploi de traducteur au siège social de Sears à Toronto, séjour à Vancouver comme traducteur pour l’administration fédérale, poste d’interprète à l’Assemblée législative de l’Ontario et, enfin, mon emploi actuel comme traducteur au siège de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) à Bruxelles. »

Quand on regarde l’expérience de Luc Bouchard, le processus d’embauche pour un emploi à l’OTAN peut sembler relativement complexe : une journée d’examens à Bruxelles, une entrevue d’embauche deux mois plus tard, encore une fois à Bruxelles, suivi d’une lettre qui affirme que la candidature du Québécois est retenue pour finalement commencer à travailler… 31 mois après avoir reçu ladite lettre. « Le plus long, ce fut le processus d'obtention de l'habilitation de sécurité. Une nécessité pour pouvoir travailler au Secrétariat international de l'Alliance atlantique », explique le traducteur. « La GRC et le SCRS doivent scruter votre passé à la loupe pour s'assurer que vous ne représentez pas un risque de sécurité. »

En tout, c’est une quarantaine de traducteurs, de l’anglais au français, qui travaillent au siège de l’organisme. « Le principal défi d’un traducteur à l’OTAN est qu’il lui est demandé de produire des traductions d’une excellente tenue stylistique, alors que les textes de départ en anglais sont souvent de qualité douteuse parce que rédigés par des non-anglophones », résume M. Bouchard.

Accompagné de sa conjointe et de son fils de 9 ans, le diplômé affirme être en pleine cogitation sur son avenir. « Nous sommes actuellement en réflexion à ce sujet : soit nous retournons au Québec à la fin du primaire de notre fils, soit nous resterons ici jusqu’à la retraite. Mais nous sommes ouverts à toutes les possibilités! »

Souvenirs universitaires

Impliqué lors de ses baccalauréats à l’Université Laval, M. Bouchard a connu des moments universitaires mémorables. « J’ai d’excellents souvenirs de mon passage dans la Troupe des Treize lors de mon premier baccalauréat (en statistique), où j’ai joué avec Josée Deschênes dans Oh! Gerry oh!, et aussi de mes heures de radio (pendant mon baccalauréat en traduction) avec RCL. On avait entre autres couvert le référendum de 1995. »

Bien qu’il n’ait pas nécessairement gardé contact avec ses anciens camarades de classe, il apprécie toujours le fait de les rencontrer. « Il m’arrive d’en croiser de temps en temps et c’est toujours un plaisir de se remémorer nos années à Laval », conclut M. Bouchard.

www.ulaval.ca