Maxine Gervais

 
 

Arts visuels 2000

Attirée par les arts, Maxine Gervais s’est d’abord dirigée vers le programme d’enseignement en arts plastiques à l’Université Laval, pour ensuite découvrir ses véritables préférences au sein de ce vaste domaine. « Après le 1er trimestre, il était clair que c’était les arts visuels qui m’intéressaient. J’ai donc décidé de changer pour le programme du même nom. »

Certains souvenirs surgissent de la tête de la diplômée lorsqu’elle pense à son alma mater. « L'un des beaux souvenirs de mes études à l’Université Laval, c’est La Fabrique. Eh oui, la bâtisse où nous étudiions! L’atmosphère de cette bâtisse, la “shop” de bois et de métal où j’ai effectué beaucoup de mon travail. C’était vraiment un bel édifice inspirant et stimulant. »

Artiste en devenir

Même si la diplômée confie ne pas s’être sentie reconnue par ses pairs et ses professeurs par moments, ce qui devint rapidement pour elle une source de motivation, il serait faux de croire que son passage à l’Université Laval est passé inaperçu. « Je me souviens surtout de son attitude, de sa détermination », lance du tac au tac Alexandre David, professeur à l’École des arts visuels de l’Université Laval, au sujet de son ancienne élève.

Après l’obtention de son baccalauréat, Maxine Gervais aurait bien aimé vendre des sculptures et vivre de son art, mais l'absence de contacts et son incertitude envers le potentiel du marché des arts l'ont convaincue d'explorer d'autres avenues. « J’adorais la photographie et la sculpture. J’aimais beaucoup la peinture, mais je ne croyais pas avoir le talent nécessaire pour en vivre. À la suite de nombreux questionnements et de plusieurs recherches, j’ai décidé de suivre un cours privé en cinéma et télévision ». Une décision qui aura des retombées positives pour la jeune diplômée puisque, un peu plus d’un an après son entrée à l’Institut Athéna, elle maîtrisait des logiciels d’effets spéciaux (3D Studio Max, Combustion, etc.), avait en poche une attestation en postproduction cinéma/télévision et se faisait offrir un travail chez Discreet Logic (aujourd’hui Autodesk), à Montréal.

Ascension à la vitesse grand V

Cet emploi chez Discreet Logic a joué un rôle déterminant dans la carrière de l’artiste. En plus de lui apprendre le fonctionnement et la structure détaillée de plusieurs logiciels, ce travail a fait d’elle une véritable spécialiste de Lustre, un programme de correction de couleur. Cette expertise amena donc Maxine Gervais à voyager un peu partout dans le monde, à rencontrer et à former des coloristes numériques à l’utilisation du logiciel ainsi qu’à s’intéresser au travail de ces artistes de la souris. « Un jour, l’un des créateurs du logiciel m’a dit que je ferais une excellente coloriste, car j’avais l’œil de l’artiste, mais aussi une grande compréhension technique. J’ai donc fait part de mon intérêt (à exercer ce métier) à qui veut l’entendre et, éventuellement, j’ai été approchée pour travailler sur le film Harry Potter et la Coupe de feu. » Voilà comment, en 2004, la carrière de coloriste numérique a commencé pour la diplômée en arts visuels. Elle a donc quitté Discreet Logic, vidé son appartement de Rosemont et déménagé à Londres pour deux ans.

Le métier de coloriste numérique est complexe. « Pour faire une description simplifiée, je travaille avec le réalisateur et le directeur photo pour créer le look des films. C’est un peu comme si chaque image du film était passée dans Photoshop. Il faut retravailler les couleurs, retoucher les images pour arriver au résultat souhaité par le réalisateur et le directeur photo », résume la diplômée. Une partie de son travail consiste d’abord à équilibrer les images du film, à donner une impression de constance. Considérant qu’une scène peut avoir été tournée sur une période de plusieurs heures ou de plusieurs jours, le coloriste doit ajuster les tons de couleurs, les contrastes, la densité, la luminosité, et ce, d’une prise à l’autre. « Souvent, je suis impliquée dans les projets dès le début de la production dans le but de m’assurer, en compagnie des autres intervenants sur le plateau, que l’image captée nous donnera la latitude nécessaire à la création du look final », dit-elle.

« Sweet Home California »

En Californie depuis 2006, Maxine Gervais affirme s’être adaptée rapidement à son nouvel environnement. En tête de liste parmi les facteurs facilitant : la température et l’abondance de projets de films. De plus, elle est mariée à un Américain originaire du Tennessee avec qui elle a eu une petite fille. « Ma vie est ici », confie-t-elle. « J’aime le Québec et je suis la politique et tout ce qui s’y passe. Je vais voir ma famille autant que je peux, mais pas aussi souvent que je le voudrais. »

Heureuse, Maxine Gervais ne prévoit pas de changements majeurs dans sa vie prochainement. « Pour l’instant, j’adore ce que je fais et j’ai l’intention de le faire encore pendant quelques années. J’aimerais bien avoir la chance de collaborer avec des réalisateurs québécois comme Denis Villeneuve et Jean-Marc Vallée. À long terme, j’aimerais faire la transition vers la direction/production et peut-être même des projets de sculpture et de photographie. »

Pour en savoir plus sur le travail de Maxine Gervais, visionnez la capsule vidéo tournée alors qu’elle travaillait sur le film American Sniper, en lice à la dernière cérémonie des Oscars et réalisé par Clint Eastwood.

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