Nicolas Santiquet

 
 

Sciences animales 2009, Physiologie-endocrinologie 2013

Originaire de France, Nicolas Santiquet a fait ses débuts à la maîtrise en biologie cellulaire et intégrative, à l’Université Joseph Fourier de Grenoble. C’est pendant cette formation qu’il s’est vu offrir la possibilité de faire un échange étudiant à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) et qu’il a découvert le Québec. « Pour être honnête, je ne connaissais rien du Québec avant d’y arriver et, après une année, ça m’a bien plu! J’ai donc décidé de chercher un programme de maîtrise pour y rester un peu plus longtemps », lance le sympathique diplômé.

Après s’être initié au travail de « labo » à l’UQTR dans le laboratoire du Dr Carlos Reyes-Moreno, il est retourné en France pour passer des entretiens et compléter sa maîtrise. Une fois sa maîtrise en poche, et bien qu’accepté au Centre national de la recherche scientifique de Grenoble, il décide de revenir au Québec pour faire une maîtrise à l’Université Laval dans le laboratoire du Dr François Richard, qu’il avait rencontré par l’entremise du Dr Reyes-Moreno alors qu’il était à l’UQTR.

« Le projet de maîtrise du Dr Richard était vraiment cool! C’était un peu comme un projet de science-fiction (...). En fait, le projet était basé sur les travaux d’un chercheur de Harvard qui avait démontré que des cellules souches hématopoïétiques (un type de cellule à l’origine de toutes les lignées de cellules sanguines) pouvaient passer par la circulation sanguine et aller dans l’ovaire pour produire de nouveaux ovules chez la souris adulte. Ce qui, dans le domaine de la reproduction, brisait un dogme vieux de 60 ans qui voulait que les femelles naissent avec un stock défini d’ovules. »

Marché du travail ou doctorat?

Une fois sa maîtrise à l’Université Laval terminée, la réponse à la question « travail ou doctorat? » ne s’est pas fait attendre. « J’aimais la recherche et le fait de travailler sur quelque chose de nouveau en permanence, alors j’ai choisi le doctorat! », raconte le chercheur. « Pour mon doc, je suis resté dans le même labo, mais j’ai travaillé sur d’autres projets que celui de ma maîtrise. Ce qui était intéressant dans ce que me proposait le Dr Richard, c’est qu’il y avait toute une partie développement d’une méthode d’analyse dans ce projet. Chose qu’on ne retrouve pas à tous les coins de rue dans un projet de doc », poursuit-il.

Les Rocheuses à l’horizon

Confronté à une question devenue familière, le désormais docteur en physiologie-endocrinologie choisit une fois de plus l’option de poursuivre son parcours universitaire. « J’avais plusieurs opportunités pour un postdoctorat, mais j’ai choisi le National Foundation for fertility Research, situé à Denver au Colorado, car je pense que ça m’ouvrira plus de portes ». Pour Nicolas Santiquet, son passage au Colorado fait partie d’un processus qui servira à bonifier ses compétences, diversifier ses expériences et, ultimement, qui lui permettra de se tailler une place sur le marché du travail ou dans le milieu universitaire.

Quant à l’adaptation à ses nouvelles terres d’accueil, d’abord au Québec et ensuite au Colorado, le diplômé d’origine française dénote certains éléments. « Il y a toujours une petite période de flottement quand tu pars dans l’inconnu. Tu sors de ta zone de confort, tu perds tes repères, pas de famille, pas d’amis, pas la même langue... en gros, tu te retrouves pas mal tout seul tout d’un coup ». Doté de grandes aptitudes sociales, Nicolas Santiquet a cependant sa propre recette pour vaincre l’ennui et favoriser son intégration dans un nouvel environnement. « Pour moi, ça passe pas mal par le sport et les "5 à tard" », lance-t-il avec humour.

En ce qui a trait au travail, la transition s’est bien déroulée. « Dans mon domaine, un labo est un labo et l’adaptation est assez rapide. Cela dit, ici au Colorado, le style de recherche est un peu différent puisque c’est de la recherche privée en clinique. C’est à orientation beaucoup plus appliquée que la recherche universitaire, mais ça demeure de la recherche », constate-t-il.

Questionné sur les similarités et les différences entre la France, le Québec et le Colorado, le postdoctorant y va de certains constats en fonction de ses expériences. « Je n’aime pas faire de généralité, mais pour moi, le Québécois est beaucoup plus convivial et facile d’approche que le Français. Le tutoiement utilisé pour quasiment tout le monde en est un parfait exemple ». Pour ce qui est des gens au Colorado, il mentionne que les similarités avec les Québécois sont nombreuses. « Les gens sont sympathiques, sportifs, aiment le plein air, des bons vivants pour la plupart! » Épicurien de nature, Nicolas Santiquet souligne avec plaisir que, comme au Québec, les microbrasseries sont nombreuses.

Une histoire... à suivre!

« Quand tu te lances dans le doc, postdoc, tu deviens un peu un travailleur précaire, un "intermittent du spectacle". En gros, tu n’as aucune idée de quoi l’avenir sera fait ». Pour l’instant, Nicolas Santiquet est au Colorado pour les trois prochaines années, il continue de publier des articles scientifiques pour conserver ses options en milieu universitaire, mais il continue également à travailler sur l’obtention d’un brevet qui pourrait lui ouvrir les portes de l’industrie. « L’avantage, c’est que j’aime autant la recherche fondamentale de type académique que la recherche appliquée de type industrielle ». Les options sont donc nombreuses pour lui. À moyen terme, la publication d’articles et l’obtention d’un brevet sont ses objectifs. Par la suite, la recherche universitaire ou industrielle sont des avenues possibles, au même titre que le démarrage de sa propre entreprise.

Pendant ce temps, Nicolas Santiquet nous assure avoir gardé contact avec les gens qu’il a rencontrés à l’Université Laval. « Oui, bien sûr! Avec quasiment tout le monde : mon directeur de recherche, les étudiants, les techniciens, le personnel administratif… On s’envoie des courriels de temps en temps et on garde contact. Je ne manque pas de passer les voir quand je retourne à Québec! »

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