Communiquer par le rap pour faire le tour du monde!

 
Webster tenant un micro sous un éclairage rouge
 

Tout jeune, il rêvait d’être boxeur… mais puisqu’il n’aimait pas se battre, ce n’est donc pas avec les poings, mais avec les mots que Webster a choisi de s’accomplir. Cet artiste hip-hop tout droit sorti des ruelles de Limoilou, qui sillonne la planète par son talent, a écrit son premier texte de rap à 15 ans… d’abord dans sa tête, en marchant vers l’école, puis sur papier, pendant le cours d’histoire. L’histoire qui d’ailleurs le passionne et inspire nombre de ses textes. Aly Ndiaye, alias Webster, a trouvé dans le rap un merveilleux véhicule « médiatico-culturel » pour diffuser tous ses messages. Mais l’artiste ne se contente pas de la musique pour s’exprimer. Créatif et innovant, il a aussi mis sur pied une exposition, une visite guidée, plusieurs conférences ainsi que des ateliers d’écriture rap.


Né d’un père sénégalais et d’une mère québécoise, il se définit fièrement comme un « métis pure laine ». C’est parce qu’il avait toujours le nez dans ses bouquins et qu’il raffolait d’histoire que ses amis l’ont surnommé « le webster ». Il est le premier de son entourage à avoir fréquenté l’université. « J’étais bien fier d’entreprendre mon baccalauréat en histoire à l’Université Laval, raconte-t-il. Mais les carrières potentielles liées à ce diplôme n’étaient pour moi qu’un plan B. Mon plan A a toujours été de faire carrière dans le hip-hop. Quand je m’adresse aux jeunes, en conférence, je ne parle pas de réaliser nos rêves, mais plutôt d’atteindre nos objectifs! J’estime que cette façon de voir les choses nous permet de bien nous ancrer dans la réalité, le concret. »


Webster a fait le tour du monde avec sa musique, ses conférences et ses ateliers. La Chine, l’Inde, l’Europe, l’Afrique, il a sillonné le monde grâce à son talent et son ambition. « Mon histoire personnelle, c’est un peu comme le principe de l’alchimie… mais au lieu de transformer le plomb en or, j’ai transformé un crayon et une feuille de papier en billets d’avion », lance-t-il en riant.


Pour Webster, « le rap c’est l’élément littéraire musical le plus dense qui soit! ». Parce qu’il réunit harmonieusement, poésie et philosophie, politique et sentiments, sa profondeur lui permet d’aller bien au-delà du commercial. Pour lui, le texte est le cœur de cette « musique socialement intelligente », tout est dans le message à communiquer. Mais pour réussir à vivre de la musique, Webster n’a pas hésité à déployer une stratégie multiplateforme qui lui a permis d’articuler ses messages à travers des valeurs culturelles, littéraires et pédagogiques. « J’ai tellement de choses à dire… et pour éviter que le rap me limite financièrement et culturellement à l’univers hip-hop, j’ai élargi les modes de communication. De là sont nées toutes les cordes de mon arc. Je répète à qui veut m’entendre que c’est en sautant sans parachutes qu’on vole de nos propres ailes. C’est la nécessité qui pousse à développer l’outil. »

www.ulaval.ca