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Réflexions libres d'une gestionnaire au temps de la COVID-19 : changements et quête de sens (partie 1)

Je suis maman de 2 jeunes enfants et gestionnaire d’une équipe depuis 3 ans déjà. On me reconnait comme une gestionnaire de proximité. J’ai peut-être d’autres qualités, mais une chose dont je suis certaine est que je suis soucieuse du bien-être de mes collègues. Je fais tout ce qui est en mon pouvoir pour être présente et disponible pour eux.

Le 13 mars dernier, notre premier ministre M. François Legault annonçait la fermeture des écoles, des cégeps et des universités. C’était le début de la crise. Une crise qui allait engendrer des changements sans précédent dans mon quotidien de gestionnaire. Des changements survenus si rapidement, que même mon propre équilibre se verrait bouleversé. Plus de 60 jours se sont écoulés depuis… Et je continue d’apprendre, de découvrir de nouvelles facettes des autres et de moi-même.

Dans les lignes qui suivent, je vous partage mes réflexions et des faits vécus. Pas de révélations ni de recettes miracles! Simplement mon histoire.

Chaque gestionnaire fait ce qu’il peut, avec les moyens qu’il a, selon son expérience, sa personnalité et son équipe. Pour citer un collègue qui se reconnaîtra, « le chemin se fait en marchant ».

13 mars 2020 : Mais qu’est-ce qui vient de se passer?

On le voyait venir, me dira-t-on… Oui, parce que tout a commencé sur un autre continent, une « invasion biologique » selon M. Claude Lavoie, un expert sur les plantes envahissantes, que j’avais rencontré quelques jours auparavant. Mais non en fait, on ne l’avait pas vraiment vu venir, parce qu’en quelques heures à peine, la sage et courageuse décision de notre gouvernement a mis à l’épreuve la capacité des gestionnaires à gérer le changement, en affectant :

  1. Notre propre tolérance au changement. Ouf, cette journée-là, il y avait de quoi être ébranlée!
  2. Notre résolution des difficultés et la rapidité de notre prise de décisions.
  3. Notre crédibilité auprès de l’équipe que nous gérons. J’avais l'impression que nos collègues nous observaient de près, les autres gestionnaires et moi, impatients de découvrir notre capacité à gérer la crise.
  4. Le sens individuel et collectif de nos équipes.

Tout était sens dessus dessous. Un changement de paradigme complet causé par une «bibitte» invisible.

Laisser place à son instinct

L’annonce d’une pandémie… l’application de mesures d’urgence… Certains membres de l’équipe étaient en état de choc, profondément chavirés. D’autres montraient des signes d'inquiétude et d’angoisse. Comment allais-je réagir en tant que leader pour les membres de mon équipe? Comment allais-je les aider à retrouver un sens malgré tout?

On gère comme on est, en fonction de nos valeurs, de nos croyances, de nos perceptions.

D’emblée, j’ai senti que je devais me concentrer sur les besoins de mon équipe. Et c’est en fait un mélange de gestion instinctive et d’apprentissages, composés de formations et d’expériences passées, qui se sont avérées utiles pour les jours qui ont suivis.

17 mars 2020 : Premier besoin - reconnaissance existentielle

Devant l’ambiguïté des deux premiers jours de la crise, j’ai finalement décidé de prendre le téléphone et de communiquer directement avec chaque membre de mon équipe. Un à un, pour mieux capter leur état, saisir leurs besoins individuels. Ces appels ont été révélateurs. J’ai compris que l’équipe attendait un signal de moi; ils ont presque tous répondu dès la première sonnerie. Ils avaient, pour la plupart, beaucoup de questions : « la situation va-t-elle durer longtemps? Quelles sont les priorités? Sur quoi dois-je m'attarder en premier? » 

Mais aussi (et ça m’a touchée droit au cœur): « comment vont les autres collègues? Les autres gestionnaires? Et toi, comment vas-tu? » 

Et souvent, en fin d’appel, sans doute pour exprimer cette quête de sens qui s’éveillait en eux : « si je peux faire quoi que ce soit pour aider l’équipe, l’organisation, la société, dis-le-moi ». 

Oui, je vais te le dire.

En les appelant, j’espère avoir offert à chacun d’eux une reconnaissance existentielle : je sais que tu existes, je te donne du temps pour te parler et t’écouter et je veux te donner l'information que j’ai pour te rassurer. Certes, cet exercice a nécessité beaucoup de temps de ma part, mais j’ai l’impression qu’il a répondu à beaucoup d’incertitudes et calmé certaines craintes.

En m’endormant ce soir-là, je me suis demandé si au fond, moi aussi, j’avais peut-être eu besoin de cette tournée d’appels pour trouver mon propre sens…

Envie de connaître la suite? Restez à l’affût! Le deuxième article sera publié prochainement.

L’Université Laval est là pour vous! Découvrez quelques ressources intéressantes destinées aux gestionnaires :

Anticorps : Guide de survie et de vie individuel et organisationnel au temps du Coronavirus
Propulsée par la FSA ULaval

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