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Un fruit amazonien prévient l’obésité chez des souris suralimentées

30 août 2018

Québec, le 30 août 2018 – La consommation d’extraits de camu-camu, un fruit originaire d’Amazonie, prévient l’obésité chez des souris soumises à un régime alimentaire riche en sucres et en graisse, selon une étude menée par des chercheurs de l’Université Laval et de l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec. Cette découverte, dont les détails ont été publiés récemment dans la revue scientifique Gut, pourrait amener le camu-camu à jouer un rôle de premier plan dans la lutte contre l’obésité et les maladies métaboliques.

La composition chimique du camu-camu est exceptionnelle : il contient 20 à 30 fois plus de vitamine C que le kiwi et 5 fois plus de polyphénols que la mûre. « Dans des travaux antérieurs, nous avions démontré les effets bénéfiques sur la santé de certains petits fruits riches en polyphénols, explique André Marette, professeur à la Faculté de médecine de l’Université Laval et responsable de l’étude. C'est ce qui nous a donné l'idée de tester les effets du camu-camu sur l'obésité et les maladies métaboliques. »

Les chercheurs ont soumis deux groupes de souris à une diète riche en sucres et en gras pendant huit semaines. La moitié de ces souris recevaient quotidiennement des extraits de camu-camu. Au terme de l'expérience, le gain de poids chez les souris du groupe camu-camu était 50 % moindre que celui observé chez les souris du groupe témoin et similaire à la prise de poids de souris consommant une diète faible en sucres et en lipides. Selon les chercheurs, l’effet anti-obésité du camu-camu s'expliquerait par une augmentation du métabolisme de base des souris recevant les extraits.

Les chercheurs ont aussi découvert que le camu-camu améliore la tolérance au glucose et la sensibilité à l’insuline. De plus, il réduit la concentration d’endotoxines dans le sang et la réponse inflammatoire. « Tous ces changements s’accompagnent d’une reconfiguration du microbiote intestinal, notamment une prolifération de A. muciniphila et une forte réduction des bactéries du genre Lactobacillus », souligne le professeur Marette. La transplantation de microbiote intestinal provenant de souris du groupe camu-camu à des souris sans microbiote intestinal a reproduit temporairement les mêmes effets métaboliques que la prise d'extraits de camu-camu. « Ce serait donc par l'entremise du microbiote intestinal que le camu-camu produirait ses effets positifs sur le métabolisme », résume le chercheur.

André Marette veut maintenant vérifier si le camu-camu produit les mêmes effets métaboliques chez l'humain. La toxicité de ce fruit ne devrait pas poser problème puisque des extraits de camu-camu sont déjà commercialisés pour combattre la fatigue et le stress et pour stimuler le système immunitaire.

Outre le professeur Marette, les auteurs de l’étude sont Fernando Anhê, Renato Nachbar, Thibault Varin, Jocelyn Trottier, Stéphanie Dudonné, Mélanie Le Barz, Perrine Feutry, Geneviève Pilon, Olivier Barbier, Yves Desjardins et Denis Roy.

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Renseignements :
André Marette
Faculté de médecine
Université Laval
Centre de recherche de l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec
418 656-8711, poste 3781
andre.marette@criucpq.ulaval.ca

Source :
Jean-François Huppé
Relations médias
Université Laval
418 656-7785
jean-francois.huppe@dc.ulaval.ca



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