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Une nouvelle thérapie contre la sclérose latérale amyotrophique testée avec succès sur des souris

6 février 2019

Québec, le 6 février 2019 – Une équipe de l'Université Laval et du Centre de recherche CERVO vient de démontrer l'efficacité chez des souris d'une nouvelle thérapie qui s'attaque à la principale manifestation de la sclérose latérale amyotrophique (SLA). Les chercheurs ont mis au point un anticorps qui réduit la quantité d’agrégats de protéine TDP-43 dans le cerveau de souris atteintes de SLA, entraînant du même coup une importante amélioration de leurs performances cognitives et motrices. Les détails de cette percée ont été publiés récemment dans la revue Journal of Clinical Investigation.

« La SLA se caractérise par une dégénérescence des neurones qui contrôlent l'activité musculaire, explique Jean-Pierre Julien, responsable de l’étude et professeur à la Faculté de médecine de l’Université Laval. Elle entraîne un affaiblissement progressif des bras et des jambes suivi d'une paralysie et, de deux à cinq années plus tard, de problèmes respiratoires qui conduisent à la mort. Il n'existe aucun traitement contre cette maladie qui frappe 1 adulte sur 1000. »

Le professeur Julien et son équipe avaient déjà démontré dans des travaux antérieurs que la protéine TDP-43 était surexprimée dans la moelle épinière de personnes souffrant de SLA. Cette surexpression entraîne la formation d’agrégats de TDP-43 dans les cellules nerveuses ainsi qu’une réponse inflammatoire exagérée qui augmente la vulnérabilité des neurones.

Dans leur plus récente étude, Jean-Pierre Julien et ses collègues ont produit un anticorps qui cible la protéine TDP-43. Ils ont inséré le matériel génétique codant pour cet anticorps à l’intérieur de virus qui ont été ensuite injectés dans le système nerveux de souris produisant des agrégats de TDP-43. « Nous avons alors observé une réduction du nombre d'agrégats de cette protéine, explique le professeur Julien. Nous avons aussi constaté une atténuation de l’inflammation ainsi qu'une amélioration importante des performances cognitives et motrices des souris. »

Cette percée ouvre la porte au développement d’immunothérapies pour la SLA ainsi que pour les démences fronto-temporales où il y a formation d'agrégats de TDP-43. « Nous tentons maintenant de développer une approche qui ne nécessiterait pas l’utilisation de virus, précise le chercheur. Des résultats préliminaires nous portent à croire que des anticorps spécifiques injectés directement dans le liquide cérébro-spinal pourraient diminuer la formation d’agrégats de la protéine dans les cellules nerveuses. »

Les auteurs de l'étude sont Silvia Pozzi, Sai Sampath Thammisetty, Philippe Codron, Reza Rahimian, Karine V. Plourde, Geneviève Soucy, Christine Bareil, Daniel Phaneuf, Jasna Kriz, Claude Gravel et Jean-Pierre Julien.



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Renseignements :
Jean-Pierre Julien
Faculté de médecine
Université Laval
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jean-pierre.julien@fmed.ulaval.ca

Source :
Jean-François Huppé
Relations médias
Université Laval
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