Notre université

Première université francophone d'Amérique, l'Université Laval tire sa force de l'expérience et du dynamisme qui la caractérisent.

 
 

Discours de la rentrée 2018

Prononcé le mardi 25 septembre 2018 devant les membres du Conseil universitaire

Bonjour à toutes et à tous,

C’est avec grand plaisir que je vous accueille à l’occasion de cette rentrée universitaire.

Je vous retrouve ce matin pour ce traditionnel premier conseil universitaire de septembre. La rentrée est toujours un moment de grande fébrilité sur le campus. Nous voulons que tout soit parfait, que le campus soit beau et inspirant pour nos étudiantes et nos étudiants, pour nous tous. C’est aussi une occasion pour nous de prendre quelques minutes pour réfléchir à notre avenir, planifier la prochaine année.

L’an dernier, j’avais choisi le thème du courage, le courage d’être UL, celui de définir notre propre trajectoire, la trajectoire UL, dans le respect de notre tradition académique, mais aussi en faisant face aux défis. 

Les défis qui se présentent à nous aujourd’hui et ceux que nous anticipons pour demain. Le courage de réaliser «Ensemble l’avenir», de passer à l’action. 

Cette année, j’ai choisi de vous parler de fierté: la fierté d’être UL.  

Nous avons vécu ensemble plusieurs moments forts au cours des derniers mois. De grandes réalisations, dans toutes les facultés, les services, les centres de recherche. 

Ensemble, nous avons cheminé. Ensemble, nous avons multiplié les rencontres et les échanges pour nous doter d’une vision rassembleuse afin de poursuivre notre route, et continuer de rendre notre université plus attrayante et plus UL. Plusieurs programmes ont été modifiés, revus et modernisés. Nos équipes de recherche ont continué d’établir leur leadership, de partager leurs découvertes et des avancées. Des innovations tant sociales que technologiques ont été réalisées et mises au service des collectivités. 

Je suis fière de ce travail collectif. Je suis inspirée, comme vous, par cette énergie. Je suis investie par toute la force d’une communauté universitaire qui cherche constamment à faire mieux et à permettre aux sociétés et aux personnes de profiter du pouvoir de l’éducation. 

Je suis surtout fébrile en raison de tout ce qui se dessine pour notre université. 

Nous entrons au cœur de la réalisation d’une nouvelle étape de notre développement. Après les consultations et la concertation, nous avons tracé ensemble notre trajectoire UL, notre planification stratégique et notre plan d’action. Nous entrons dans le véritable «an un» de ce processus. Une période charnière où, ensemble, nous devons atteindre les objectifs que nous nous sommes donnés. La barre est haute, mais nous sommes nombreux à pouvoir y contribuer. Nous avons le talent et la capacité d’entreprendre et réussir ce défi. 

Je suis emballée par cette mise en route. 

Les projets prennent forme. Les propositions affluent. 

Et le plus important… 

…vous êtes au rendez-vous. 

C’est tellement important. Nous aurons besoin de l’engagement de toutes et tous pour réaliser les grands projets qui se profilent à l’horizon. 

L’Institut nordique du Québec suscite désormais l’intérêt de pas moins de 15 universités au Québec. L’infrastructure de recherche principale, un nouveau pavillon sur notre campus, a le vent dans les voiles. Ce carrefour de connaissances et d’équipements scientifiques de pointe a le potentiel de transformer la façon dont nous faisons de la recherche nordique à Québec et ailleurs. Le rayonnement international de la recherche sur le Nord est en voie d’atteindre des niveaux inégalés à l’Université Laval, et cela, à un moment où les collectivités souhaitent des réponses aux défis du développement durable et des changements climatiques…. Une occasion unique pour unir nos forces et marquer l’histoire. 

L’Académie des transformations numériques se met aussi en marche, pour soutenir nos étudiantes et nos étudiants tout au long de leur vie. Cette ambitieuse initiative nous dotera de la plus importante offre de formation continue au Québec, et possiblement au pays, afin d’accompagner de nombreuses personnes à faire face aux transformations qu’entraînera le numérique dans tous les secteurs de l’emploi. Premier grand jalon pour l’Académie, répondre aux besoins de la fonction publique québécoise. Plus de 60 000 employés dans ce secteur auront ainsi accès à des formations pour mettre à jour leurs connaissances et leurs compétences devant l’arrivée massive du numérique ainsi que de la transformation numérique de l’État. 

Le plan directeur de nos infrastructures est en voie d’être achevé. Il nous dotera d’une vision d’ensemble essentielle pour concevoir un campus moderne où il fait bon vivre, ainsi que des installations à la fine pointe des technologies… sans jamais perdre de vue la raison d’être de toute infrastructure: améliorer l’expérience à l’Université Laval, que ce soit pour un membre étudiant, chercheur ou employé. 

Les chantiers d’avenir sont lancés... Nous verrons sous peu des cohortes étudiantes innover autour du tatouage numérique en intégrant un code d’identification universel des enregistrements aux fichiers audionumériques… Ils mettront aussi sur pied une entreprise manufacturière en mode 4.0, soit le concept avant-gardiste de l’usine entièrement connectée. Ces chantiers formeront des leaders de la transformation, ils seront prêts à relever de grands défis. 

Bien que les chantiers fourmillent, il faut reconnaître que notre enthousiasme ne saura seul assurer la réussite de nos efforts. Nous devrons avoir confiance en nous, en nos équipes et à nos collègues. J’ai confiance que nous saurons prendre les bonnes décisions. 

Permettez-moi de commencer cette nouvelle année universitaire en vous parlant de trois défis, qui misent sur notre fierté, fierté d’être UL, fierté de bien faire les choses, fierté de viser plus haut. 

Des défis qui nous interpellent tous… 

…qui demandent la contribution de tous 

…et qui nous motivent! 

Si je vous demandais: sommes-nous connus des chercheurs et leaders du monde entier? Vous répondriez que nous pourrions mieux nous faire connaître à l’échelle mondiale. Nous avons tant à offrir. Nous sommes une université engagée, moderne, unique. Nous devons relever notre premier défi et combler notre déficit en matière de notoriété, particulièrement à l’international. 

N’ayons pas peur des mots: l’Université Laval n’est pas assez connue dans le monde. On dit souvent qu’elle est un joyau caché. 

Au cours des dernières années, notre université a fait des bonds de géants en recherche. Depuis 2012, nous sommes passés de 299 millions de dollars en subventions de recherche générés… à pas moins de 377 millions. 

Notre effectif étudiant a connu des hausses marquées. En 2012, il s’élevait à 40 700 personnes. Il a depuis grimpé et compte plus de 43 000 personnes aujourd’hui. 

Nous décrochons des prix convoités. Nous obtenons des subventions historiques. Nos sondages de satisfaction confirment notre statut d’université centrée sur la communauté étudiante et ses besoins. 

Notre performance est donc plus qu’enviable. 

Et pourtant, nous chutons dans les classements mondiaux. De plusieurs dizaines de rangs. 

La compétition mondiale est intense, très intense. Nous avons adopté avec notre planification stratégique un plan de match audacieux pour nous démarquer. 

Mais encore faut-il… que le mot se passe. Que partout dans le monde les nouvelles générations étudiantes, les étoiles montantes de la recherche, les grands chercheurs et leaders du monde connaissent l’Université Laval. Que vos collègues universitaires à l’extérieur du Québec soient exposés à l’excellence de l’Université Laval. Que tous reconnaissent la force de l’Université Laval. 

Il est devenu critique d’accentuer notre rayonnement. De diffuser notre marque, notre identité, notre logo… 

et notre nom! L’Université Laval! 

Ensemble, faisons connaître notre université. Partageons notre fierté d’appartenir à cette communauté. 

Notre notoriété sera accrue qu’en mobilisant nos centaines de milliers de diplômés, d’étudiantes et d’étudiants, nos professeurs et nos employés. 

C’est donc l’affaire de toutes et de tous. Soyons fiers d’être l’Université Laval. Nous devons être les premiers à soutenir notre réputation, à exprimer notre fierté d’être l’Université Laval. Nous ne pouvons espérer une réputation plus grande à l’Université Laval que celle que nous lui reconnaissons collectivement. Il faut y apporter une grande attention. À l’image d’un diamant que l’on taille avec soin et qu’on polit. 

Nous verrons ainsi une amélioration nette dans nos classements, et nous augmenterons nos chances d’attirer de meilleurs talents dans nos salles de cours, au sein de notre corps professoral et de nos équipes… Nous attirerons en plus grand nombre les futurs leaders de notre société. 

Abordons maintenant les finances, notre deuxième défi. Nous aurons aussi au cours de la prochaine année, à nous poser des questions difficiles sur notre responsabilité financière. 

À débattre d’un thème peu abordé dans notre communauté, mais devenu incontournable: la refonte de notre modèle financier dans un environnement où la responsabilité est partagée, distribuée, où une décision prise dans une unité peut avoir des effets néfastes pour l’ensemble de la communauté. 

Nous prenons à l’occasion certaines décisions favorables à notre unité, mais défavorables à l’Université. 

Nous allons à l’occasion de l’avant avec des mesures générant des économies pour une faculté, mais qui engendrent des dépenses pour l’ensemble de l’Université. 

Je nous invite à développer davantage d’intelligence et de solidarité financière, à mieux comprendre nos leviers collectifs. 

Tous les jours, posons-nous cette question: lorsque je pose cette action, est-ce que j’améliore la santé financière de mon unité ET de l’Université? 

Nos ressources financières sont limitées et nous ne pouvons par nos actions nous appauvrir collectivement. Nous nous devons d’être solidaires.   

Devenons encore plus imputables et responsables afin d’accroitre notre richesse collective. 

La notion de revenus doit aussi figurer au cœur de nos préoccupations. Nous continuerons, certes, à réclamer un financement public plus adéquat des universités…. Mais nous devons aussi, comme université, apprendre à mieux générer des revenus et à les gérer – à porter notre regard au-delà des dépenses. 

Il s’agit là de pistes financières pour embaucher davantage de professeurs, pour bonifier l’expérience étudiante, pour former des leaders et pour créer un environnement de travail sain et attractif. 

Pour remplir notre mission. 

Un premier défi s’avère donc de nous faire connaître… Un deuxième, de dégager les marges de manœuvre financières pour satisfaire nos ambitions… 

En troisième lieu, abordons le développement continu de nos compétences de gestion. 

Car la notoriété nous fournit une première chance de recruter parmi l’excellence…           

Les budgets nous donnent une deuxième chance de convier les meilleurs talents. 

Mais sans des processus exemplaires … tout ce travail perd son sens. Sans des processus plus agiles, plus rapides, répondants mieux aux besoins de nos étudiants et étudiantes, la cible est manquée. 

Par exemple, est-ce ainsi acceptable que notre processus de recrutement d’une professeure d’un professeur soit aussi long? 

Après avoir tant investi pour dégager les marges financières, pour dénicher et convaincre la perle rare de venir à l’Université Laval, nous essuyons des refus pour cause de délais trop longs. 

La perle rare a accepté une autre offre. Ailleurs. 

Une offre qui a été émise bien avant la nôtre. Parce que les meilleurs sont meilleurs partout... 

L’embauche de professeurs demeure pourtant une des décisions les plus importantes pour le développement de notre université.   

Mettons tous la main à la pâte dans ce dossier, et accélérons ce processus. Communiquons notre fierté d’être UL à travers ce processus d’embauche, en étant exemplaires dans nos façons de faire, du recrutement à l’accueil et de l’intégration à la rétention. 

Nous, employés autant que patrons, avons un rôle déterminant à jouer pour créer des milieux de travail dynamiques, attractifs et respectueux. Pour faire en sorte que tous nos employés trouvent à l’UL l’espace pour s’accomplir et cela pour longtemps. 

La richesse d’un milieu de travail, la force d’un milieu de vie, réside dans l’engagement de toutes et tous à préserver cet espace.

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Ne croyez pas, ne serait-ce qu’un seul instant, que je fais preuve de pessimisme par rapport aux défis qui se pointent à l’horizon ou que j’affiche un doute par rapport à notre capacité à les relever. 

Bien au contraire. 

Car il se cache derrière ces défis… 

L’incroyable talent et la force de caractère de notre équipe. 

L’Université Laval est déjà l’une des plus importantes universités de recherche au pays. 

Nous offrons déjà un environnement d’études exceptionnel… 

Nous accueillons déjà certains des plus brillants chercheurs au monde, qui innovent, qui brillent et qui sont cités partout dans leur domaine d’expertise… 

L’Université Laval est déjà forte de son engagement envers les sociétés et particulièrement à l’égard de l’évolution du Québec. 

L’Université Laval est un employeur de choix. Elle est construite par des personnes de talent, dotées de grandes compétences et d’un esprit vif. Qui osent, inspirent et entreprennent l’avenir. 

Le plus difficile… est déjà accompli. 

Nous avons amplement la matière requise pour mieux nous faire connaître et pour devenir incontournables. 

Nous avons tous les outils pour améliorer notre situation financière, en misant sur notre sens des responsabilités et notre solidarité. 

Nous avons toutes les capacités pour créer et maintenir un environnement d’études, de recherche et de travail sain et attrayant. 

Alors, bouclons la boucle. 

Gravissons, ensemble, une autre marche. Travaillons ensemble, tous ensemble. Ayons confiance en nos équipes et en nos collègues. 

Notre université n’en sera que plus belle, diversifiée et rayonnante que jamais, elle communiquera mieux notre fierté d’être UL. 

Bonne rentrée à toutes et à tous !

 

 

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