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François Tavenas

23e recteur de l'Université Laval

1997-2002

Originaire de France, François Tavenas a fait ses études d'ingénieur civil à l'Institut national des sciences appliquées de Lyon (1959-1963) et à la Technische Hochschule Aachen en Allemagne (1961-1962). Il a obtenu un doctorat de spécialité de mécanique des sols de l'Université de Grenoble (1965).

Après quelques années dans le génie conseil, il devient, en 1968, professeur et chercheur au Département de génie civil de l'Université Laval puis, de 1985 à 1989, doyen de la Faculté des sciences et de génie. En 1989, il est nommé vice-principal et professeur de génie civil à l'Université McGill. En 1997, il est élu recteur de l'Université Laval, poste qu'il occupe jusqu'en 2002.

Au cours de sa carrière, il a été directeur scientifique associé de la Revue canadienne de géotechnique (1970-1982), président de la Société canadienne de géotechnique (1990-1992) et membre du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (1989-1995). En 1997-1998, il a assumé la présidence de l'Association canadienne-française pour l'avancement des sciences (ACFAS) et devient membre du Groupe d'action pour l'avenir technologique et industriel de la région de Québec (GATIQ). Il a été aussi président du Réseau interordinateurs scientifique québécois (RISQ) de 1998 à 2001, et président de la Conférence des recteurs et principaux des universités du Québec (CREPUQ) de 1999 à 2001.

De plus, il est, de 1998 à 2002, président du Conseil d'administration du Parc technologique du Québec métropolitain, président du Comité Québec Capitale (1998-2002) et président du Comité permanent de la recherche de l'Association des universités et collèges du Canada (AUCC). En 2001-2002, il est vice-président pour la région Canada de l'Organisation universitaire interaméricaine, président du Comité aviseur, région Amérique du Nord, au sein de l'Agence universitaire de la Francophonie, et membre du Comité aviseur de l'Observatory on Borderless Education de l'Association des universités du Commonwealth.

Ses travaux de recherche en géotechnique portent principalement sur la mécanique des argiles sensibles, les fondations sur pieux, les remblais sur sol compressible et la stabilité des pentes. En plus d'un livre, il a publié une centaine d'articles scientifiques. Il a remporté plusieurs prix, dont la Médaille d'or Keefer de la Société canadienne de génie civil, le Telford Premium de l'Institution of Civil Engineers de Londres (deux fois) et le Prix R.F. Legget 1995 de la Société canadienne de géotechnique.

En 1999, il est fait Chevalier de la Légion d'honneur de France. En 2001, il reçoit la Médaille Julian C. Smith de l'Institut canadien des ingénieurs «en reconnaissance de sa contribution au développement du Canada». En 2002, il reçoit la Croix de commandeur de l'Ordre du mérite de la République fédérale d'Allemagne. De plus, le Consortium for North America Higher Education Collaboration (CONAHEC) décernait à monsieur Tavenas son 2002 Award of Distinction pour son leadership dans l'établissement de liens de compréhension mutuelle entre le Canada, les États-Unis et le Mexique. En octobre 2003, le gouvernement du Grand Duché du Luxembourg nommait François Tavenas au poste de premier recteur de l'Université du Luxembourg.

M. Tavenas est décédé le 13 février 2004. Il a été fait Officier de l'Ordre national du Québec à titre posthume en juin 2004.

Allocution de M. Michel Pigeon, recteur de l'Université Laval, à la cérémonie commémorative en mémoire de feu François Tavenas, recteur de l'Université du Luxembourg et ancien recteur de l'Université Laval, le vendredi, 20 février 2004, à 15h00, au Théâtre de la Cité universitaire

Monsieur le secrétaire général,
Distingués invités et collègues recteurs et présidents,
Membres de la famille de François Tavenas,
Mesdames et Messieurs et chers amis,

Malgré tout ce que nous avons entendu cet après-midi et depuis l'annonce du décès de notre collègue et ami François Tavenas, il demeure exact de dire que, devant la mort, les mots nous manquent.

Aussi, en toute simplicité, mais avec toute la chaleur et l'amitié dont je suis capable, je veux d'abord exprimer à l'épouse, aux enfants et à toute la famille de François la peine et l'immense tristesse que nous avons ressenties et ressentons toujours face la disparition inattendue et prématurée de notre collègue et ami.

Comme je l'indiquais dans les avis parus dans nos quotidiens, durant toute sa carrière, François Tavenas a œuvré sans relâche au développement de la qualité de la formation et de la recherche universitaires.

Travailleur infatigable, homme de vision, il a, entre autres réalisations, engagé l'Université Laval dans une orientation majeure : l'internationalisation de la formation des étudiants et étudiantes aux trois cycles. M. Tavenas croyait aussi profondément que l'enracinement de l'Université dans son milieu social, culturel et économique constituait un élément essentiel pour assurer une formation de qualité.

Devenu le tout premier recteur de la nouvelle Université du Luxembourg, François Tavenas a continué à démontrer toute l'énergie et les qualités que nous lui connaissions bien.

Mardi après-midi, lors de ses funérailles au Luxembourg, j'ai été frappé, mais non surpris des propos de la ministre de la Culture, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche du Grand Duché, Madame Erna Hennicot-Schoepges.

En effet, son discours à cette occasion fut empreint d'une extraordinaire admiration pour François Tavenas, pourtant en poste depuis moins de trois mois dans ses nouvelles fonctions de recteur là-bas. Mais du même coup, la ministre a aussi exprimé une immense et très sincère tristesse face à cette perte profondément ressentie pour son université et pour son pays.

Au Luxembourg, François Tavenas était en train, avec l'irrésistible dynamisme qu'on lui connaissait, de créer une université étroitement imbriquée dans la société, telle que nous la connaissons ici, mais qui est un modèle peu répandu en Europe.

Son action brève, mais intense, a eu un tel impact qu'en moins de trois jours, le Gouvernement du Luxembourg a résolu de lui accorder à titre posthume le titre de Commandeur de l'Ordre de la Couronne de Chêne du Grand Duché du Luxembourg. La médaille a été respectueusement déposée sur son cercueil durant la cérémonie de mardi.

Ce que cela illustre, c'est à quel point François Tavenas marquait de son intelligence et de son dynamisme les milieux où il évoluait. Ce que cela illustre aussi, c'est à quel point François Tavenas était un être remarquable. Aucun de ceux qui ont eu l'immense privilège de le connaître et de travailler avec lui ne pourra jamais l'oublier.

En préparant cette brève allocution, j'ai jeté un œil sur diverses citations qui traitent de la mort. Ce qui m'a frappé, c'est le nombre très élevé de citations d'auteurs qui ont réfléchi à la mort. Parmi ces citations, il en est une, de saint Augustin, qui a retenu mon attention. Celui-ci écrit, en effet, que " les morts sont des invisibles, non des absents. "

François Tavenas sera toujours présent dans nos mémoires et dans notre affection. À nouveau, au nom de la communauté universitaire, en votre nom à vous tous et toutes présents ici cet après-midi, et en mon nom personnel, j'offre à l'épouse, aux enfants et à toute la famille de François toute notre sympathie, de même que l'assurance de notre amitié.

Je vous remercie.