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Des chercheurs découvrent comment prédire 20 ans à l’avance quels seront les meilleurs arbres destinés au reboisement

Québec, le 4 février 2015 – Une équipe de recherche en foresterie a mis au point des tests qui permettent de prédire, à partir de l'analyse du génome d'épinettes blanches âgées de quelques semaines, quelles seront les caractéristiques de ces arbres 20 ans plus tard. Cette avancée permettra de diminuer de façon dramatique le temps requis pour sélectionner les lignées d'arbres optimales destinées au reboisement. Les détails de cette découverte réalisée par des chercheurs de l'Université Laval, du Centre canadien sur la fibre de bois et du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec sont publiés dans un récent numéro de la revue BMC Genomics.

L'étude a porté sur quelque 1700 épinettes blanches issues de croisements effectuées dans deux plantations expérimentales du Québec. Lorsque ces arbres ont atteint l'âge de 17 ans, les chercheurs ont mesuré leur hauteur, leur diamètre et la densité de leur bois. L'analyse génomique de chaque spécimen a permis d'établir des liens entre 7000 variantes du génome et les caractéristiques physiques de ces arbres. «Nous avons testé la validité de nos modèles de prédiction sur un autre groupe d'arbres matures», explique le responsable de l'étude Jean Bousquet, professeur à la Faculté de foresterie, de géographie et de géomatique de l'Université Laval et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en génomique forestière. «Les prédictions auxquelles nous arrivons pour la taille des arbres et les caractéristiques du bois ont une précision de l'ordre de 90% par rapport à ce que nous observons en réalité.»

Les retombées pratiques de cette percée sont énormes, estime le professeur Bousquet. «Avec l'approche traditionnelle, il faut environ 30 ans pour sélectionner une lignée améliorée d'épinette blanche, la tester et cultiver les plants jusqu'au stade où ils peuvent être plantés en forêt. À l'aide de nos tests, il faudra moins de 10 ans.» Chaque année, l'épinette blanche est reboisée à coups de dizaines de millions de plants au Québec et au Canada.

Les progrès spectaculaires réalisés en génomique forestière depuis cinq ans ont rendu possible cette percée. L'une des avancées majeures est survenue en 2013 alors qu'une équipe supervisée par le professeur Bousquet et son collègue John Mackay a réussi à séquencer le génome complet de l'épinette blanche. Ces données permettent d'associer les variantes du génome à des caractéristiques physiques ou physiologiques des arbres. «Les tests prédictifs que nous avons développés sont une retombée concrète de ces recherches», souligne Jean Bousquet. «On peut maintenant envisager la sélection rapide de lignées d'épinettes ayant une meilleure qualité de bois, une plus grande résistance aux insectes nuisibles ou qui sont bien adaptées au climat, ce qui est essentiel dans le contexte des changements climatiques.»

L'article paru dans BMC Genomics est signé par Jean Beaulieu, Trevor Doerksen, John MacKay, André Rainville et Jean Bousquet.

Cette recherche a été réalisée grâce à la contribution financière de Génome Canada, de Génome Québec, du Centre canadien sur la fibre de bois et du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec.

Renseignements:
Jean Bousquet
Chaire de recherche du Canada en génomique forestière et environnementale
Faculté de foresterie, de géographie et de géomatique
Université Laval
418 656-3493
Jean.Bousquet@sbf.ulaval.ca

Source:
Jean-François Huppé
Relations médias
Université Laval
418 656-7785
Jean-Francois.Huppe@dc.ulaval.ca