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Des chercheurs identifient une molécule aux vertus anti-inflammatoires dans le sirop d’érable

Québec, le 22 décembre 2015 – L'arthrite et autres problèmes inflammatoires pourraient un jour être traités à l'aide d'un médicament contenant une molécule provenant du sirop d'érable. Des chercheurs de l'Université Laval démontrent en effet dans une étude récente que le québécol, une molécule trouvée dans le sirop d'érable, possède d'intéressantes propriétés pour contrer les réactions inflammatoires de l'organisme.

Découvert en 2011, le québécol apparaît durant le processus de fabrication du sirop à la suite de réactions chimiques qui transforment les polyphénols naturellement présents dans la sève d'érable. Après avoir réussi la synthèse complète du québécol et de ses dérivés, des chercheurs de l'Université Laval sous la supervision du chimiste Normand Voyer, de la Faculté des sciences et de génie, ont voulu en évaluer les propriétés anti-inflammatoires. Ils ont fait appel à leur collègue Daniel Grenier, de la Faculté de médecine dentaire, qui a mis au point un modèle in vitro permettant de déterminer le potentiel anti-inflammatoire de molécules naturelles. «Nous faisons appel à des cellules sanguines, appelées macrophages, que l'on met en présence de toxines provenant de bactéries, explique le professeur Grenier. Normalement, les macrophages réagissent en enclenchant une réponse inflammatoire. Toutefois, si le milieu de culture contient une molécule anti-inflammatoire, cette réponse est bloquée.»

Les tests menés par les chercheurs ont révélé que le québécol freine la réaction inflammatoire des macrophages et que certains dérivés se révèlent même plus efficaces que la molécule originale. «Le dérivé le plus puissant a une structure plus simple et il est plus facile à synthétiser que le québécol. Cela ouvre la voie à une toute nouvelle classe d'anti-inflammatoires, inspirée du québécol, qui pourrait pallier la faible efficacité de certains traitements tout en réduisant les risques d'effets secondaires», estime Normand Voyer.

L'étude, cosignée par Sébastien Cardinal, Jabrane Azelmat, Daniel Grenier et Normand Voyer, a été publiée dans un récent numéro de la revue Bioorganic & Medicinal Chemistry Letters.

Source:
Jean-François Huppé
Relations médias
Université Laval
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Jean-Francois.Huppe@dc.ulaval.ca