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Les entraîneurs sportifs responsables de 5% des agressions sexuelles envers les adolescents du Québec

Québec, le 6 mai 2015 – Pas moins de 5,3% des adolescents québécois ayant subi au cours de leur vie une agression sexuelle disent avoir été victimes de leurs entraîneurs sportifs, révèle une étude menée par Sylvie Parent, chercheuse au département d'éducation physique de l'Université Laval. Ces données sont issues d'une vaste enquête sur le parcours amoureux des jeunes dirigée par Martine Hébert de l'UQAM.

L'enquête a été menée directement auprès de 6450 adolescents et adolescentes âgés de 14 à 17 ans à travers 34 écoles secondaires de la province. Il s'agit de la première étude mesurant à grande échelle les cas d'agressions sexuelles commises par des entraîneurs sportifs.

Parmi tous les adolescents sondés, 0,5% d'entre eux ont affirmé avoir été l'objet d'abus sexuels de la part d'un entraîneur. Considérant que 10,2% des adolescents rapportent avoir subi une forme d'agression sexuelle au cours de leur vie, les entraîneurs sportifs seraient ainsi responsables d'une agression sur vingt. Au cours de l'année précédant l'étude, 1,2% des adolescents ont également mentionné avoir eu des contacts sexuels consentants avec un entraîneur et 0,4% ont rapporté avoir subi du harcèlement sexuel de la part de ce dernier.

Fait étonnant, les garçons sont beaucoup plus à risque de subir du harcèlement sexuel de la part de leurs entraîneurs sportifs que les filles. Il en est de même pour les contacts sexuels consentants. «Il s'agit d'une des premières études établissant une différence entre les garçons et les filles à ce chapitre», a remarqué la chercheuse Sylvie Parent.

Cette étude contribuera à une meilleure connaissance de la violence sexuelle en tout genre dans l'univers sportif des adolescents. «Cette enquête nous fournit un portrait fiable de la violence sexuelle perpétrée par les entraîneurs sportifs, tel qu'elle est vécue par les garçons et les filles durant l'adolescence. De plus, cette étude ne s'est pas intéressée uniquement aux athlètes et aux sports organisés, mais à tous les adolescents, peu importe leurs qualités athlétiques», a ajouté la professeure au département d'éducation physique de l'Université Laval.

Les travaux de l'équipe de Sylvie Parent ont été publiés dans la revue Journal of Interpersonal Violence. Francine Lavoie, Marie-Ève Thibodeau (Université Laval), Martine Hébert et Martin Blais (Université du Québec à Montréal) ont aussi collaboré à l'étude.

Source:
Samuel Auger
Relations médias
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samuel.auger@dc.ulaval.ca