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Une recherche universitaire indépendante dévoile un premier portrait des violences sexuelles à l’Université Laval

Québec, le 28 novembre 2017 – Dans la foulée du tour d'horizon provincial de l'Enquête Sexualité, Sécurité et Interactions en Milieu Universitaire, trois chercheuses de l'Université Laval dévoilent le tout premier portrait des violences sexuelles répertoriées à l'Université Laval.

Basé sur une enquête universitaire sans précédent, ce rapport indique que quatre étudiantes ou étudiants sur 10 ont rapporté avoir vécu un geste de violence sexuelle dans le contexte universitaire depuis leur arrivée à l'Université Laval. D'après l'enquête, 57% des violences auraient eu lieu dans une fête ou activité sociale (excluant les initiations) et 37% se seraient déroulées dans un contexte d'étude. Les initiations départementales ou facultaires seraient le lieu associé à 19% des cas de violences rapportés.

«Nous notons que les étudiantes sont plus nombreuses que les étudiants à avoir vécu de la violence sexuelle en milieu universitaire, à raison de 47% versus 30%», souligne Francine Lavoie, co-auteure du rapport.

Les victimes subissent de nombreuses répercussions à la suite d'une violence sexuelle, révèle ce rapport. Difficulté à poursuivre leurs études, évitement de situations rappelant l'acte de violence, modification de l'usage des médias sociaux, état d'alerte constant, problèmes intimes, affectifs ou de nature sexuelle: les répondantes et répondants ont détaillé les répercussions des violences subies.

L'enquête a par ailleurs obtenu la collaboration de l'ensemble de la communauté universitaire, permettant ainsi d'obtenir un portrait des violences sexuelles vécues par les membres du personnel de l'Université Laval.

Ainsi, quatre employées ou employés sur dix révèlent avoir vécu au moins un geste de violence sexuelle dans le contexte universitaire depuis leur entrée en fonction au sein de l'Université.

«Nos données indiquent que 17% des femmes victimes et 13% des hommes victimes ont éprouvé des difficultés à poursuivre leurs activités à l'Université à la suite de cette violence, que ce soit pour le travail ou d'autres activités», mentionne Sylvie Parent, co-auteure de l'étude.

L'enquête, réalisée de façon indépendante, a été menée à partir de 1963 questionnaires détaillés remplis en ligne. Le rapport final présente les faits saillants, les données complètes ainsi que de nombreux témoignages afin de lever le voile sur des cas de harcèlement, de comportements sexuels non désirés ou encore des cas de coercition sexuelle.

Le rapport propose par ailleurs de nombreuses recommandations à la direction de l'Université Laval et aux différents intervenants et intervenantes du milieu afin d'offrir un environnement plus sain et sécuritaire, autant pour la population étudiante que pour les membres du personnel.

«Nous invitons l'Université à réfléchir à la mise en place d'une politique spécifique aux violences à caractère sexuel. Notre rapport suggère aussi des pistes de solution touchant autant l'approche à privilégier, les ressources à consacrer, les environnements social et physique, l'information, la sensibilisation, l'éducation, la formation, l'intervention, la recherche et l'innovation», fait valoir Isabelle Auclair, co-auteure du rapport.

Le rapport a été préparé conjointement par Francine Lavoie, de l'École de psychologie, Sylvie Parent, du Département d'éducation physique, et Isabelle Auclair, du Département de management. Ces trois chercheuses de l'Université Laval ont également reçu l'appui de Manon Bergeron, chercheuse au département de sexologie de l'Université du Québec à Montréal et à l'origine de l'enquête pan-universitaire.

Produit spécifiquement dans le contexte de l'Université Laval, ce rapport s'inscrit néanmoins dans la démarche globale de l'enquête ESSIMU. Une équipe de chercheuses de l'Université du Québec à Montréal (UQAM) et deux partenaires, le Regroupement québécois CALACS (RQCALACS) et le Service aux collectivités de l'UQAM, ont mis sur pied ce projet de recherche. L'équipe de l'UQAM a ensuite entrepris des démarches pour étendre l'enquête à d'autres universités.

Au final, cette enquête d'envergure provinciale regroupe 12 chercheuses provenant de l'Université du Québec à Montréal, l'Université de Montréal, l'Université Laval, l'Université de Sherbrooke, l'Université du Québec en Outaouais et l'Université du Québec à Chicoutimi. Un total de 9 284 personnes, étudiant ou travaillant dans ces six universités, a répondu au questionnaire en ligne entre février et mai 2016.

Ce vaste coup de sonde a été rendu possible grâce à la collaboration de plusieurs syndicats, associations étudiantes et unités administratives de l'Université Laval.

Le rapport complet a été déposé pour consultation sur le site web de la chaire de recherche Claire-Bonenfant de l'Université Laval au www.chaireclairebonenfant.ulaval.ca

Source:
Samuel Auger
Relations médias
Direction des communications
Université Laval
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