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Certains troubles du langage sont une manifestation de la maladie d’Alzheimer

Québec, le 10 décembre 2018 – Certains troubles du langage qui apparaissent pendant la cinquantaine sont en fait une manifestation de la maladie d'Alzheimer, selon une étude internationale dirigée par des chercheurs de la Faculté de médecine de l'Université Laval et du Centre de recherche du CHU de Québec-Université Laval. L'examen de patients atteints d'aphasie logopénique, un trouble du langage qui entraîne des difficultés à trouver ses mots ou à répéter des phrases longues et complexes, a révélé chez 86% d'entre eux un taux anormalement élevé de protéine bêta-amyloïde, une caractéristique typique de la maladie d'Alzheimer. Les détails de l'étude ont été publiés récemment dans la revue scientifique Annals of Neurology.

Cette découverte est le fruit de l'effort concerté de plus de 100 chercheurs répartis dans 36 centres à travers le monde. Ces équipes ont étudié 1251 patients atteints de trois formes d'aphasie: sémantique, non-fluente et logopénique. «L'objectif était de déterminer si ces formes d'aphasie présentaient des distinctions par rapport aux concentrations de bêta-amyloïde, la protéine toxique qui forme des plaques et enclenche le processus inflammatoire dans le cerveau des personnes souffrant de la maladie d'Alzheimer», explique le docteur Robert Jr Laforce, un des responsables de l'étude. 

Les résultats ont révélé que les concentrations de bêta-amyloïde sont anormalement élevées chez 86 % des patients lorsque l'aphasie est de type logopénique. «Les personnes atteintes de ce type d'aphasie souffrent d'un manque du mot, elles bloquent à répétition dans une phrase, elles peinent à trouver leurs mots et elles parviennent difficilement à répéter une phrase qui vient de leur être dite, mais leur compréhension et leurs connaissances restent intactes, explique le chercheur David Bergeron, premier auteur de l'étude. Il s'agirait donc d'une forme atypique de la maladie d'Alzheimer qui se manifeste à un plus jeune âge que la forme classique et qui, dans les stades initiaux du moins, affecte beaucoup plus le langage que la mémoire.» Dans les deux autres formes d'aphasie étudiées, des taux anormaux de bêta-amyloïde ont été détectés chez seulement 20% ou moins des patients.

Les personnes dans la cinquantaine ou la soixantaine qui sont atteintes d'aphasie logopénique présentent un risque élevé que leur condition cache en fait la maladie d'Alzheimer. «En détectant précocement ces problèmes langagiers, on peut devancer significativement le moment du diagnostic, ajoute le Dr Laforce. Comme il n'existe pas encore de médicament qui s'attaque à la cause du problème, un diagnostic plus hâtif permet surtout au patient de mieux se préparer à la suite des choses. Par contre, lorsque de tels traitements seront disponibles, plus on dépistera la maladie à un stade précoce, meilleures seront les chances de préserver un maximum de capacités cognitives.»

Renseignements:
Robert Jr Laforce
Faculté de médecine
Université Laval
Centre de recherche du CHU de Québec – Université Laval
robert.laforce@fmed.ulaval.ca

Sources:
Jean-François Huppé
Relations médias
Université Laval
418 656-7785
jean-francois.huppe@dc.ulaval.ca

Kim Tardif
Conseillère en communication
Centre de recherche du CHU de Québec – Université Laval
418 525-4387