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La vaccination contre le VPH réduit considérablement les infections et les lésions précancéreuses du col de l’utérus

Québec le 27 juin 2019 – La vaccination massive contre le virus du papillome humain (VPH) réduit considérablement la fréquence des infections et des lésions précancéreuses du col de l’utérus causées par ce virus, selon une étude publiée hier soir dans The Lancet par des chercheurs de l'Université Laval et du Centre de recherche du CHU de Québec-Université Laval. Les résultats sont si prometteurs qu’il serait possible d’envisager l’élimination du cancer du col de l'utérus d'ici quelques décennies.

Les maladies provoquées par le VPH comptent parmi les infections transmises sexuellement les plus courantes. Certaines formes du virus causent des condylomes (verrues) aux parties génitales ou à l’anus, alors que d’autres provoquent des lésions pouvant conduire aux cancers de la bouche, de la gorge, du vagin, de la vulve, de l'anus, du pénis et, surtout, du col de l'utérus. « Le VPH est une composante présente dans presque 100 % des cas de cancer du col de l'utérus », précise la chercheuse Mélanie Drolet, première auteure de l’étude.

Les chercheurs supervisés par le professeur Marc Brisson, de la Faculté de médecine de l’Université Laval, ont effectué une méta-analyse de 65 études réalisées dans 14 pays qui ont implanté un programme de vaccination contre le VPH au cours des 10 dernières années. À l'aide de ces données portant sur un échantillon de 60 millions de personnes, ils ont comparé la fréquence des infections à VPH, des condylomes et des lésions précancéreuses du col de l'utérus dans chacun de ces pays avant et après l'implantation du programme.

Leurs analyses montrent que la fréquence des infections causées par le VPH a diminué de 83 % chez les filles de 13 à 19 ans et de 66 % chez les femmes de 20 à 24 ans. Du côté des condylomes, les baisses observées sont de 67 % chez les 15–19 ans, de 54 % chez les 20 à 24 ans et de 31 % chez les 25 à 29 ans. Quant aux lésions précancéreuses du col de l’utérus, la diminution est de 51 % chez 15 à 19 ans et de 31 % chez les 20 à 24 ans.

Par effet d'immunité de groupe, la vaccination des jeunes filles a eu des retombées positives chez les jeunes hommes. Ainsi, la fréquence des condylomes a diminué de 48 % chez les hommes de 15 à 19 ans et de 32 % chez ceux de 20 à 24 ans.

Au Canada, le cancer du col de l'utérus touche 1 femme sur 150 et le taux de mortalité sur cinq ans est d'environ 25 %. « La vaccination contre le VPH est encore trop récente pour qu’on puisse mesurer directement ses effets sur ce cancer puisque celui-ci peut prendre des décennies à se développer, explique Mélanie Drolet. Par contre, nos analyses montrent que la vaccination réduit substantiellement le nombre d’infections et de lésions précancéreuses causées par le VPH. Ces réductions sont un premier signe que la vaccination pourrait éventuellement mener à l’élimination du cancer du col de l’utérus en tant que problème de santé publique. Nous tentons maintenant de préciser à quel moment l’élimination pourrait être atteinte et les caractéristiques des programmes de vaccination et de dépistage qui permettraient d'y arriver plus rapidement. »

Les auteurs de l'étude parue dans The Lancet sont Mélanie Drolet, Élodie Bénard, Norma Pérez, Marc Brisson et une cinquantaine de chercheurs de 14 pays associés au HPV Vaccination Impact Study Group.

Source :
Jean-François Huppé
Relations médias
Université Laval
418 656-7785
jean-francois.huppe@dc.ulaval.ca