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Les médicaments pour traiter la dépression et l’anxiété triplent le risque de prééclampsie

Québec, le 22 mai 2019 – Les femmes enceintes qui prennent des médicaments contre la dépression ou l'anxiété sont trois fois plus à risque de souffrir de prééclampsie, un problème d'hypertension qui peut avoir de sérieuses répercussions pour l'enfant et la mère. C’est ce que révèle une étude publiée récemment dans la revue BMC Pregnancy and Childbirth par des chercheurs de l’Université Laval et du Centre de recherche du CHU de Québec-Université Laval.

Environ 5 % des femmes enceintes souffrent de problèmes hypertensifs incluant la prééclampsie, une condition qui peut conduire à des convulsions susceptibles de mettre en danger la santé de l'enfant et de la mère. Certaines études publiées antérieurement laissaient croire que la prise d’antidépresseurs et d’anxiolytiques pouvait augmenter le risque d'hypertension pendant la grossesse. C’est pour en avoir le cœur net qu’un groupe de chercheurs coordonné par les Drs Jean-Claude Forest et Yves Giguère, professeurs à la Faculté de médecine de l’Université Laval, a examiné les liens entre la prise de ces produits et la prééclampsie dans une cohorte de 6761 femmes enceintes.

Leurs analyses montrent que le risque de souffrir d’hypertension ou de prééclampsie est 3,1 fois plus élevé chez les femmes qui ont débuté la prise d’antidépresseurs ou d’anxiolytiques avant la 16e semaine de grossesse que chez celles qui n’ont pas pris de médication. Les chercheurs ont également observé que ce risque devient 3,4 fois plus grand chez les femmes qui poursuivent la médication après la 16e semaine, mais qu’il baisse à 1,6 fois si elles cessent le traitement.

« Notre étude suggère qu’on peut renverser partiellement le risque de prééclampsie en arrêtant la prise d’antidépresseurs ou d’anxiolytiques avant la 16e semaine de grossesse, explique le Dr Giguère. Il faudrait évidemment assurer un suivi serré de la santé psychologique des femmes qui choisissent d’arrêter leur médication et qui optent pour des thérapies alternatives. La situation est plus délicate pour les femmes chez qui l’arrêt de la médication n’est pas envisageable. Des travaux antérieurs ont toutefois montré que la prise quotidienne d’aspirine, lorsqu’elle est débutée avant la 16e semaine de grossesse, réduit de façon importante le risque de prééclampsie chez les femmes à risque élevé. »

Il est estimé que jusqu’à 10 % des femmes prennent des antidépresseurs et 5 % prennent des anxiolytiques pour traiter des troubles de l'humeur durant la grossesse.

Les auteurs de l'étude parue dans BMC Pregnancy and Childbirth sont Nathalie Bernard, Jean-Claude Forest, George Tarabulsy, Emmanuel Bujold, Damien Bouvier et Yves Giguère.

Renseignements :
Yves Giguère
Faculté de médecine
Université Laval
Centre de recherche du CHU de Québec-Université Laval
418 525-4444 poste 53712
Yves.Giguere@crchudequebec.ulaval.ca 

Source :
Jean-François Huppé
Relations médias
Université Laval
418 656-7785
jean-francois.huppe@dc.ulaval.ca