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Une molécule du Nord contre la malaria: Des chercheurs synthétisent des molécules antimalaria découvertes dans un champignon du Nunavut

Québec, le 5 juin 2019 – La solution au problème grandissant de résistance aux médicaments chez le parasite qui cause la malaria pourrait peut-être venir du Nord, selon une étude publiée dans la revue Chemical Communications par des chercheurs de l'Université Laval et du Centre de recherche du CHU de Québec-Université Laval. L'équipe a en effet réussi la synthèse complète de molécules découvertes dans un champignon microscopique du Nunavut et en a démontré l'efficacité in vitro contre le parasite responsable de la malaria.

L'équipe supervisée par Normand Voyer, professeur de chimie à la Faculté des sciences et de génie de l'Université Laval, a observé que des molécules provenant d'un champignon microscopique découvert en 2017 dans la baie de Frobisher, au Nunavut, présentaient des similarités structurelles avec des composés antimalaria déjà connus. Ces molécules, appelées mortiamides, étaient toutefois présentes en très petites quantités dans les champignons. «Pour pouvoir étudier l'efficacité de ces molécules contre la malaria, il en fallait davantage et la seule façon d'y arriver était d'en réaliser la synthèse», explique le professeur Voyer. C'est ce que nous avons réussi à faire grâce à une approche inédite développée dans notre laboratoire.»

Une fois cette étape franchie, Normand Voyer a fait appel au professeur Dave Richard, spécialiste de la malaria à la Faculté de médecine et au Centre de recherche du CHU de Québec-Université Laval, afin d'évaluer l'activité des mortiamides contre Plasmodium falciparum, le parasite responsable d'environ 50% de tous les cas de malaria. «Notre prémisse était que le parasite ne pouvait être résistant à ces molécules du Nord parce qu'il n'y avait jamais été exposé», souligne le professeur Voyer. Les tests réalisés à l'aide d'une souche courante du parasite et d'une souche multirésistante ont donné raison aux chercheurs: en moins de 72 heures, trois des quatre mortiamides ont stoppé la croissance des deux souches du parasite.

«Pour le moment, l'efficacité antimalaria de ces molécules est modérée, mais nos résultats suggèrent qu'il est possible de créer des analogues qui, à doses plus faibles, seraient plus efficaces contre le parasite, résume Normand Voyer. De plus, comme on peut maintenant synthétiser ces molécules, il sera plus facile d'élucider leur mode d'action. Lorsqu'on saura pourquoi elles sont toxiques pour le parasite, on pourra développer des médicaments mieux ciblés», conclut le chercheur.

Cette étude, fruit d'une collaboration rendue possible grâce au projet Sentinelle Nord, est signée par Christopher Bérubé, Alexandre Borgia et Normand Voyer, du Département de chimie de la Faculté des sciences et de génie de l'Université Laval, et Dominic Gagnon et Dave Richard, de la Faculté de médecine de l'Université Laval et du Centre de recherche du CHU de Québec-Université Laval.

Renseignements :
Normand Voyer
Département de chimie
Faculté des sciences et de génie
Université Laval
418 656-2131 poste 403613
418 803-3966 (cell.)
normand.voyer@chm.ulaval.ca 

Source :
Jean-François Huppé
Relations médias
Université Laval
418 656-7785
jean-francois.huppe@dc.ulaval.ca