Aller au contenu principal

Alimentation: le type de protéines consommées a une influence notable sur la prise de poids

Québec, le 7 juin 2021 – Le type de protéines consommées a des répercussions notables sur la prise de poids, la résistance à l’insuline et les maladies métaboliques qui en découlent, selon une étude internationale publiée aujourd’hui dans la revue Nature Communications. Les interventions nutritionnelles visant à prévenir ou à contrer l’obésité et le diabète de type 2 ne devraient donc pas se concentrer uniquement sur les gras et les sucres, conclut l’équipe de chercheurs dirigée par André Marette, professeur à la Faculté de médecine de l’Université Laval.

Les chercheurs ont fait cette démonstration chez des groupes de souris soumises à des diètes riches en sucres et en gras mais dont la composition en protéines différait. La moitié des souris a reçu une moulée contenant une seule protéine, la caséine. Les autres souris ont reçu une moulée dont la composition était calquée sur la diète nord-américaine. « Cette moulée contenait des protéines de riz, de soya, de pois, de bœuf, de poulet, de porc, de lait, d’œufs et de poisson dans des proportions reflétant l’alimentation du Nord-américain moyen », explique André Marette, qui est aussi rattaché au Centre de recherche de l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec et à l’Institut sur la nutrition et les aliments fonctionnels (INAF).

Après 11 semaines, les chercheurs ont constaté que les souris qui recevaient la moulée contenant le mélange de protéines avaient pris 15 % plus de poids que celles dont la moulée ne contenait que la caséine. Ce gain de poids provenait principalement d’une augmentation des réserves de graisses. Ces souris avaient aussi plus de difficulté à maintenir leur taux de glucose sanguin à l’intérieur des valeurs normales. 

Les répercussions métaboliques de la diète contenant le mélange de protéines seraient attribuables au microbiote intestinal, explique le professeur Marette : « Nous avons constaté une reconfiguration dans l’abondance des espèces de bactéries présentes dans l’intestin ainsi qu’une augmentation de la production de deux molécules qui proviennent de la fermentation des protéines. Ces molécules, appelées isovalérate et isobutyrate, entraînent la résistance à l’insuline au niveau du foie. »

Ces résultats suggèrent que la nature des protéines présentes dans l’alimentation peut avoir des répercussions rapides et importantes sur le microbiote intestinal et sur les molécules qu’il produit. Les interventions nutritionnelles qui visent une perte de poids devraient en tenir compte, souligne le chercheur. 

Quelles protéines vaut-il mieux consommer? « Notre étude a démontré que la caséine, une protéine laitière, est bénéfique comparée à l'ensemble des protéines alimentaires, explique André Marette. Nous entendons maintenant comparer des protéines provenant de la viande rouge et du poisson ainsi que des protéines végétales pour déterminer lesquelles sont à éviter ou à privilégier, surtout lorsque la diète est déjà riche en gras et en sucres et qu’elle favorise l’obésité. »

Les auteurs de l’étude sont Béatrice Choi, Noëmie Daniel, Vanessa Houde, Adia Ouellette, Bruno Marcotte, Thibault Varin, Cécile Vors, Perrine Feutry, Philippe St-Pierre, Angelo Tremblay et André Marette (Université Laval); Olga Ilkayeva et Phillip White (Université Duke); Marcus Stahlman et Fredrik Bäckhed (Université de Gothenburg).
 

Source :
Jean-François Huppé
Relations médias
Université Laval
418 656-7785
jean-francois.huppe@dc.ulaval.ca