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Deux découvertes de l’Université Laval dans le palmarès du magazine Québec Science

Québec, le 7 janvier 2021 – Des chercheurs de l'Université Laval ont réalisé deux des dix découvertes les plus importantes de l'année 2020 selon le magazine de vulgarisation scientifique Québec Science, qui a rendu public aujourd’hui son 28e palmarès annuel. Le rôle que pourrait jouer les bactéries dans le développement du diabète de type 2 et la capacité du phytoplancton à croître en plein cœur de l’hiver arctique font partie des découvertes qui ont obtenu la faveur du jury composé d’une dizaine de scientifiques et de journalistes.

Des bactéries impliquées dans le développement du diabète de type 2?
En mars dernier, une équipe dirigée par André Marette, professeur à la Faculté de médecine de l’Université Laval et chercheur au Centre de recherche de l’IUCPQ-Université Laval, a rapporté dans la revue Nature Metabolism que le sang, le foie et certains dépôts de graisses abdominales de personnes diabétiques présentent une signature bactérienne différente de celle observée chez les non-diabétiques.

Les chercheurs ont fait cette démonstration à l'aide d'échantillons de sang et de tissus prélevés chez des personnes atteintes d'obésité sévère alors qu'elles subissaient une chirurgie bariatrique. Les analyses ont révélé que chez les participants diabétiques, qui composaient la moitié de l’échantillon, la signature bactérienne était différente de celle des non-diabétiques. Selon les chercheurs, ces bactéries proviennent probablement de l'intestin puisque l'étanchéité de la barrière intestinale est réduite chez les personnes obèses. Les chercheurs sont d’avis que ces bactéries, vivantes ou sous forme de fragments, traversent cette barrière et déclenchent un processus inflammatoire qui empêche l'insuline de remplir son rôle et mène au diabète. Cette découverte pourrait éventuellement permettre la mise au point de nouvelles stratégies de lutte contre le diabète basées sur la modification de la composition du microbiote.

En plus d’André Marette, les chercheurs Fernando Forato Anhê, Benjamin Jensen, Thibault Varin, Denis Richard, Simon Marceau, Laurent Biertho et André Tchernof ainsi que leurs collègues de l’Université McMaster et de l’entreprise de biotechnologie française Vaiomer ont contribué à cette découverte.

Le phytoplancton peut croître en plein cœur de l’hiver arctique
Les scientifiques ont longtemps cru que le phytoplancton ne pouvait croître en hiver dans l'océan Arctique en raison de l'épais couvert de glace qui recouvre ses eaux et de l'absence quasi totale d'ensoleillement. Cette idée a été mise à mal par des chercheurs de la Faculté des sciences et de génie de l’Université Laval et de l’Unité mixte internationale Takuvik dans un article publié le 25 septembre dernier dans la revue Science Advances.

Dans cet article, les chercheurs Achim Randelhoff, Léo Lacour, José Lagunas, Gérald Darnis, le regretté Louis Fortier, Marcel Babin et leurs collègues du CNRS ont montré que le phytoplancton se développe dès le mois de février dans les eaux arctiques alors qu'elles sont entièrement couvertes de glace et que le soleil monte à peine plus haut que l'horizon. Les chercheurs ont fait cette démonstration grâce aux données récoltées par des profileurs déployés dans la mer de Baffin pendant une période de deux ans. Ces appareils ont dérivé sous l’eau, au gré des courants, enregistrant des données biogéochimiques et optiques sur l'environnement marin jusqu'à des profondeurs de 1000 mètres.

L'hiver arctique ne serait donc pas une période de dormance pour ces organismes à la base de la chaîne alimentaire marine. La croissance hivernale pourrait en fait être la clé de la survie de ces minuscules végétaux qui font preuve d’une phénoménale capacité à capter le moindre photon qui se rend jusqu’à eux.

Source :
Jean-François Huppé
Relations médias
Université Laval
418 656-7785
jean-francois.huppe@dc.ulaval.ca