Aller au contenu principal

L’essai clinique international sur le plasma de convalescents du SRAS-CoV-2 interrompt le recrutement des patients atteints de la COVID-19 gravement malades

Québec, 11 janvier 2021 – L'essai clinique REMAP-CAP, qui teste les effets du plasma de convalescents chez les patients modérément et gravement atteints de la COVID-19, a interrompu le recrutement des patients gravement malades de la COVID-19 nécessitant une prise en charge dans une unité de soins intensifs. Cet essai clinique sur le plasma de convalescents, effectué dans la plateforme d’essais cliniques REMAP-CAP, est mené au Canada par le Dr Alexis Turgeon, professeur à la Faculté de médecine de l’Université Laval et intensiviste au CHU de Québec-Université Laval, et le Dr Ryan Zarychanski de l’Université du Manitoba avec la collaboration de chercheurs de l’Université de Toronto.

Cette décision de suspendre le recrutement est fondée sur une analyse initiale des résultats chez les patients gravement malades de la COVID-19 nécessitant une admission à l’unité des soins intensifs. Cette analyse a montré que le plasma de convalescents n'améliorait pas l’issue clinique chez ces patients. Aucun préjudice associé à l'administration de plasma de convalescents n’a toutefois été observé. L'essai clinique se poursuit chez les patients hospitalisés atteints de COVID-19 qui sont modérément malades et qui ne nécessitent pas d’assistance respiratoire mécanique dans l’unité de soins intensifs.

« Nous n’avons pas observé d’effet du plasma de convalescents chez les patients gravement malades de la COVID-19, c’est-à-dire ceux admis à l’unité des soins intensifs ayant une maladie plus grave et ayant donc un risque élevé de décès », a mentionné le Dr Turgeon. « Chez ces patients sous assistance respiratoire mécanique, la moitié ont reçu du plasma de convalescents durant leur séjour à l’unité des soins intensifs alors que l’autre moitié n’en a pas reçu, et ce, de façon aléatoire. Ces résultats préliminaires soulignent l’importance d’étudier de façon appropriée les interventions prometteuses visant à traiter les patients atteints de la COVID-19 dans des essais cliniques multicentriques d’envergure comme REMAP-CAP avant de les utiliser comme standard de soins, malgré la tentation de le faire en raison de l’énorme fardeau de la pandémie sur nos populations et nos systèmes de santé », a-t-il ajouté.

Cette analyse préliminaire, effectuée par le comité indépendant de surveillance des données et de la sécurité de cet essai clinique, a été menée sur 912 patients gravement malades pour lesquels les données sur les issues cliniques étaient disponibles. L'analyse a montré que le plasma de convalescents était peu susceptible d'être bénéfique.

Le bénéfice du plasma de convalescents chez les patients modérément malades n’a pas été examiné dans cette analyse. La question de savoir si l'utilisation de plasma de convalescents est bénéfique chez ces patients hospitalisés atteints d'une maladie moins grave demeure très importante et le recrutement de ces patients se poursuivra dans l'essai clinique.

« Étant donné que nous ignorons toujours l’effet du plasma de convalescents chez les patients hospitalisés modérément malades de la COVID-19, c’est-à-dire ceux requérant de l’oxygène mais n’étant pas sous assistance respiratoire mécanique, nous continuons le recrutement dans l’essai clinique pour ce groupe de patients suivant les recommandations du comité indépendant de surveillance des données et de la sécurité de l’essai clinique », a dit le Dr Ryan Zarychanski, professeur agrégé de médecine Lyons G Israels à l'Université du Manitoba et médecin spécialiste en soins intensifs. « Il est possible que les patients moins gravement atteints par la COVID-19 qui seront traités plus précocement puissent bénéficier du plasma de convalescents. L’essai clinique se continuera donc jusqu’à ce que nous ayons une réponse dans cette population », a ajouté le Dr Zarychanski.

Le plasma de convalescents, un composant sanguin contenant des anticorps contre le virus SARS-CoV-2, est obtenu auprès de personnes qui se sont rétablies de la COVID-19. L'hypothèse sous-jacente est que ces anticorps neutralisent le virus, empêchent la réplication ultérieure et arrêtent les lésions tissulaires en cours.

« Nous voulons remercier les patients et leurs familles, l’ensemble du personnel clinique et de recherche ainsi que les organisations de gestion des produits sanguins, en particulier Héma-Québec et le Service canadien du sang au Canada, qui sont impliqués dans cet essai clinique de la plateforme REMAP-CAP. Nous avons recruté plus de 2000 patients gravement malades de la COVID-19 dans notre essai clinique sur le plasma de convalescents et l’analyse des données ne fait que commencer. Nous avons hâte de voir les résultats finaux », a ajouté le Dr Turgeon.

L'essai clinique, qui se déroule sur trois continents, a pour objectif d'évaluer le bénéfice du plasma de convalescents dans le traitement des adultes hospitalisés atteints de la COVID-19 modérément malades ou gravement malades et nécessitant des soins intensifs, par rapport aux standard de soins chez ces patients. Dans le contexte de cette pandémie, des chercheurs du monde entier ont uni leurs forces pour répondre à cette question.

La plateforme d’essais cliniques REMAP-CAP est soutenue par plusieurs organismes internationaux de financement, notamment les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), le National Institute for Health Research (Royaume-Uni), les National Institutes of Health (États-Unis) et les consortiums PREPARE et RECOVERY (Union Européenne). Cet essai clinique sur le plasma de convalescents est possible grâce à un partenariat avec Héma-Québec et le Service canadien du sang.

À propos de REMAP-CAP
REMAP-CAP (Essai randomisé, intégré à l’étude de plateforme multifactorielle adaptative sur la pneumonie acquise dans la communauté) est un essai clinique adaptatif en cours impliquant déjà plus de 4100 patients atteints de COVID-19 dans plus de 290 sites cliniques à travers le monde. REMAP-CAP continue d'évaluer plusieurs autres questions d'étude, en plus du plasma de convalescent, notamment: l'anticoagulation thérapeutique, les agents antiplaquettaires, l'aprémilast, l'éritoran, la vitamine C, la simvastatine et les antibiotiques.

À propos du CHU de Québec-Université Laval
Regroupant le CHUL, L'Hôtel-Dieu de Québec, l'Hôpital de l'Enfant-Jésus, l'Hôpital du Saint-Sacrement et l'Hôpital Saint-François d'Assise, le CHU de Québec-Université Laval est le plus important centre hospitalier de soins spécialisés du Québec et l'un des plus grands au Canada. Dispensant des soins généraux et spécialisés, mais surtout surspécialisés, le CHU de Québec-Université Laval dessert la population de tout l'est du Québec, soit un bassin de près de deux millions de personnes. Étroitement lié à l'Université Laval et orienté vers l'avenir, il détient également une mission d'enseignement, de recherche dans de nombreux domaines d'excellence et d'évaluation des technologies et des modes d'intervention en santé. Le CHU de Québec-Université Laval compte près de 12 000 employés, 1 475 médecins, dentistes et pharmaciens, de même que 350 bénévoles. Son centre de recherche est l'un des plus importants au Canada, avec un budget annuel de près de 113 M$, 669 chercheurs réguliers, associés et affiliés, 1 509 employés et 1088 étudiants aux cycles supérieurs. www.chudequebec.ca

À propos de l'Université Laval
Animée par un esprit d'innovation et la recherche de l'excellence, l'Université Laval fait partie des principales universités de recherche au Canada, se classant au 7e rang avec des fonds de 401 M$ alloués à la recherche l'an dernier. Université d’impact et leader en formation à distance, elle compte plus de 1 600 professeurs ainsi que 2 500 chargés de cours et autres membres du personnel enseignant et de recherche qui partagent leur savoir avec plus de 43 000 étudiants, dont 25% sont inscrits aux cycles supérieurs. L'Université valorise la diversité et est fière des membres de sa communauté, qui proviennent de 120 pays. Plus ancienne université francophone d'Amérique du Nord, l'Université Laval a formé à ce jour plus de 312 000 personnes qui participent, chacune à leur façon, au progrès des sociétés. www.ulaval.ca

Renseignements et demandes d’entrevues avec le Dr Alexis Turgeon :
Direction adjointe des communications
CHU de Québec-Université Laval
418 525-4387
relationsmedias@chudequebec.ca

Sources :
Direction des communications
Université Laval
medias@dc.ulaval.ca

Direction adjointe des communications
CHU de Québec-Université Laval
418 525-4387
relationsmedias@chudequebec.ca