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Les problèmes de sommeil sont une composante clé de la COVID longue

Québec, le 17 novembre 2022 – Les problèmes de sommeil sont une composante clé de la COVID longue et devraient être inclus dans la définition du syndrome, selon une étude internationale à laquelle a participé le professeur Charles Morin, de l’École de psychologie de l’Université Laval. Les auteurs rapportent en effet que près de la moitié des personnes touchées par une forme grave ou moyenne de la COVID-19 souffrent d’insomnie trois mois après l’infection.

La COVID longue affecte environ 15 % des adultes qui ont contracté la COVID-19. « Il s’agit d’un syndrome dont les caractéristiques sont encore mal définies, rappelle le professeur Morin, qui est également chercheur au Centre de recherche CERVO. La COVID longue se manifeste par la présence de symptômes qui persistent au moins trois mois après l’infection. Pour l’instant, les symptômes reconnus sont une grande fatigue, un essoufflement et un brouillard mental. »

Le professeur Morin et ses collaborateurs ont mené une enquête auprès de 13 628 personnes vivant dans 16 pays. Les participants devaient indiquer s’ils avaient eu la COVID-19 et, si oui, quelle en avait été la gravité. Ils devaient aussi répondre à des questions portant sur la présence, depuis au moins trois mois, de 21 problèmes de santé.

Parmi les répondants, 2705 ont indiqué qu’ils avaient eu la COVID-19. Les chercheurs les ont subdivisés en quatre catégories selon la sévérité de l’infection : asymptomatique (11 %), légère (55 %), moyenne (25 %) et grave (9 %). Ces derniers cas regroupaient les personnes dont l’état de santé avait nécessité une hospitalisation.

Les analyses des chercheurs ont révélé que :

  • L’insomnie vient au 3e rang des symptômes les plus fréquemment rapportés. Elle touche 47 % des personnes qui ont eu une COVID-19 grave et 43 % des personnes qui ont eu une COVID-19 de sévérité moyenne.
  • La somnolence diurne vient au 8e rang des symptômes les plus fréquemment rapportés. Elle touche respectivement 36 % et 31 % des personnes qui ont eu une COVID-19 de sévérité grave ou moyenne.

« Contrairement à plusieurs études sur le sujet, nous avions un groupe témoin constitué de personnes qui n’avaient pas eu la COVID-19, souligne le professeur Morin. C’est important parce qu’après plusieurs mois de pandémie, tout le monde ressentait, à divers degrés, une fatigue et un brouillard mental. »

À la lumière de ces résultats, Charles Morin estime que l’insomnie et la somnolence diurne devraient être considérées comme des symptômes clés de la COVID longue. Les problèmes de sommeil pourraient même exacerber et prolonger d’autres symptômes de la COVID longue, ajoute-t-il. 

« Étant donné que les difficultés de sommeil persistantes ont des répercussions néfastes sur la santé, les cliniciens devraient porter davantage attention aux symptômes d’insomnie et de somnolence diurne chez les patients qui consultent pour des problèmes s’apparentant à la COVID longue. Ces symptômes devraient être pris en compte dans le diagnostic et dans le traitement de ces patients », conclut le chercheur.

Cette étude a été publiée récemment dans la revue scientifique Journal of Sleep Research.
 

Source :
Équipe des affaires publiques
Université Laval
418 656-3355
medias@ulaval.ca

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