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Paludisme : la découverte d’une protéine clé chez le parasite responsable de la maladie ouvre la porte à un traitement inédit

Québec, le 17 février 2022 – Une équipe internationale vient de découvrir une protéine qui joue un rôle clé dans la biologie du parasite qui cause le paludisme. L’inactivation de cette protéine réduit de plus de 75 % la croissance in vitro de Plasmodium falciparum, le protozoaire qui cause la forme la plus virulente de la maladie. L’équipe dirigée par le professeur Dave Richard, de l’Université Laval, a récemment publié les détails de cette découverte dans la revue scientifique mBio

« Cette percée laisse entrevoir la possibilité de développer un traitement qui ciblerait une fonction du parasite qu’aucun médicament contre le paludisme n’a encore exploitée », explique Dave Richard, professeur à la Faculté de médecine de l’Université Laval et chercheur au Centre de recherche du CHU de Québec-Université Laval.

Le parasite responsable du paludisme est transmis aux humains par la piqûre de moustiques. Après avoir infecté le foie de son hôte, il circule dans le sang et il se réfugie à l’intérieur des globules rouges où il échappe au système immunitaire. La principale source d’alimentation du parasite est l’hémoglobine, la protéine qui transporte l’oxygène contenu dans les globules rouges vers les cellules du corps. Le parasite doit digérer cette hémoglobine dans des structures appelées vacuoles digestives. 

« La protéine que nous avons découverte, PfPX1, intervient dans le transport de l’hémoglobine vers ces vacuoles digestives, explique le professeur Richard. Lorsque nous inactivons PfPX1, nous privons le parasite de sa principale source d’acides aminés. Sa croissance et sa survie en sont affectées. »

À la lumière de ces résultats, Dave Richard entrevoit une nouvelle façon de lutter contre le paludisme : « On pourrait bloquer la protéine PfPX1 du parasite pour l’empêcher d’accomplir ses fonctions. Comme cette protéine n’est pas présente chez l’humain, on risque peu de perturber une fonction importante qu'elle pourrait avoir dans notre corps. »

Le paludisme sévit toujours dans plusieurs parties du monde, notamment en Afrique subsaharienne. En 2020, quelque 241 millions de personnes ont contracté la maladie et 627 000 personnes en sont mortes. La maladie frappe surtout les enfants de moins de 5 ans et les femmes enceintes. 

Même si l’Organisation mondiale de la santé a reconnu un premier vaccin contre le paludisme l’an dernier, il est essentiel de continuer à explorer de nouvelles avenues thérapeutiques, estime le chercheur : « Comme on l’a vu avec la COVID-19, de nouvelles souches peuvent continuellement apparaître et menacer l’efficacité des vaccins. De plus, on sait que des souches résistantes à l’artémisinine, le principal antiparasitaire utilisé contre le paludisme, ont fait leur apparition en Asie du Sud-Est. Pour maintenir l’efficacité des traitements et réduire le risque d’émergence de souches résistantes, il est important de combiner les approches thérapeutiques, comme on le fait pour traiter le sida. Notre découverte pourrait donc avoir sa place dans la lutte contre le paludisme. »

Les chercheurs qui signent l’article paru dans la revue mBio sont rattachés à l’Université Laval, à la Purdue University, à l’University of Alberta, au Biology Centre of the Czech Academy of Sciences et à l’University of Notre Dame.
 

Source :
Équipe des affaires publiques
Université Laval
418 656-3355
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