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Perdre beaucoup de poids ferait rajeunir le cerveau : la perte de poids qui suit une chirurgie bariatrique retranche plus de 5 ans à l’âge du cerveau

Québec, le 5 octobre 2022 – La perte de poids considérable qui suit une chirurgie bariatrique apporte des bénéfices substantiels au cerveau, selon une étude parue dans le numéro d’octobre de la revue scientifique NeuroImage. Des chercheurs ont en effet observé que deux ans après avoir subi une chirurgie bariatrique, le cerveau de patients qui ont profité de cette intervention avait rajeuni de plus de 5 ans.

Les travaux qui ont mené à ce constat ont été effectués par une équipe dirigée par Andréanne Michaud, professeure à l'École de nutrition de la Faculté des sciences de l’agriculture et de l’alimentation de l'Université Laval et chercheuse au Centre de recherche de l'Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec-Université Laval.

À partir de bases de données contenant des centaines d’images de cerveau, les chercheurs ont tout d’abord mis au point un modèle qui permet de déterminer l’évolution de la densité moyenne de matière grise du cerveau en fonction de l’âge, tant chez des personnes de poids normal que chez celles présentant une obésité.

Pour établir à quel point la perte de poids découlant d’une chirurgie bariatrique compense le vieillissement prématuré du cerveau associé à l’obésité sévère, les chercheurs ont ensuite documenté, par la prise d’images, l’évolution du cerveau de 32 patients qui avaient subi cette intervention. Les images ont été prises 2 mois avant la chirurgie ainsi que 4, 12 et 24 mois après l’intervention.

Les analyses montrent qu’un an après l’opération, le cerveau de ces patients avait rajeuni d’environ 3 ans. Deux ans après la chirurgie, il avait rajeuni de 5,6 années. « Après 24 mois, l’âge cérébral de ces patients correspondait à ce qui est observé chez les personnes du même âge ayant un poids normal », constate Andréanne Michaud, qui est aussi chercheuse au Centre NUTRISS et à l’Institut sur la nutrition et les aliments fonctionnels (INAF) de l’Université Laval.

Plus la réduction de l’indice de masse corporelle, de la pression sanguine et de la résistance à l’insuline était grande, plus le rajeunissement était prononcé, ont constaté les chercheurs. « Notre étude suggère que les anomalies observées dans le cerveau des personnes avec obésité sévère peuvent être corrigées par une perte de poids importante et par l’amélioration de la santé cardiométabolique qui s’ensuit », résume la professeure Michaud.

La chercheuse et son équipe continuent de suivre ces patients pour déterminer si les gains observés se maintiennent et s’ils se traduisent par une amélioration à des tests mesurant les capacités cognitives. 

Outre Andréanne Michaud, les auteurs de l’étude sont Justine Daoust, Mélissa Pelletier, Dr Laurent Biertho, Dre Léonie Bouvet-Bouchard, André Tchernof et Denis Richard (Université Laval et Institut universitaire en cardiologie et en pneumologie de Québec); Yashar Zeighami, Mahsa Dadar, Alain Dagher et Alan Evans (Université McGill); Stephanie Fulton (Université de Montréal).

À propos de l’Université Laval

À propos du Centre de recherche IUCPQ-ULaval
 

Sources et renseignements :
Équipe des affaires publiques
Université Laval
418 656-3355
medias@ulaval.ca

Joël Clément, M.A. communications
Conseiller cadre aux relations publiques, médiatiques et ministérielles
Direction des ressources humaines et des communications
Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec – Université Laval
joel.clement@ssss.gouv.qc.ca