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Des chercheurs découvrent le rôle insoupçonné des plaquettes sanguines dans la réponse immunitaire

1 février 2018

Québec, le 1er février 2018 – Les plaquettes sanguines jouent un rôle beaucoup plus important que ce qu'on pensait dans la réponse immunitaire du corps humain, selon une étude menée par des chercheurs de l’Université Laval et du Centre de recherche du CHU de Québec-Université Laval. En plus de leur rôle dans la coagulation du sang et la cicatrisation, les plaquettes agissent aussi à titre de premières répondantes immunitaires lorsqu’un virus, une bactérie ou un allergène entre dans la circulation sanguine. Cette découverte, dont les détails sont publiés aujourd’hui sur le site web de la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), ouvre la porte à de nouvelles façons de traiter les patients en état de choc septique résultant d'infections virales ou bactériennes ainsi que les personnes atteintes de maladies auto-immunes comme l’arthrite rhumatoïde et le lupus.

Lorsqu'un corps étranger apparaît pour la première fois dans le sang, il entraîne la formation d'anticorps, rappelle Éric Boilard, responsable de l’étude et professeur à la Faculté de médecine de l’Université Laval. Lors des rencontres subséquentes avec ce corps étranger, des anticorps viennent rapidement s'y coller formant des complexes antigène-anticorps qui déclenchent une réponse inflammatoire.

Les plaquettes sanguines possèdent des récepteurs qui reconnaissent ces complexes antigène-anticorps. C'est ce qui a amené le professeur Boilard et ses collaborateurs à les soupçonner de participer au processus inflammatoire. Pour tester leur hypothèse, les chercheurs ont créé dans le sang de souris des complexes antigène-anticorps à l'aide d'un virus, d'une toxine bactérienne et d'une protéine allergène.

Les résultats ont été similaires dans les trois cas: les souris ont montré les symptômes classiques de l'état de choc septique ou anaphylactique, soit une baisse de température corporelle, des tremblements, une altération des fonctions cardiaques, une vasodilatation et une perte de conscience. « Nous avons refait ces tests avec des souris chez qui nous avions éliminé presque toutes les plaquettes ainsi qu'avec des souris dépourvues de récepteurs des complexes antigène-anticorps sur les plaquettes. Ces souris n'ont eu aucune réaction physiologique. Cela démontre clairement le rôle clé des plaquettes dans le processus, souligne Éric Boilard. Ce sont les plaquettes, et non les globules blancs, qui sont les premiers acteurs à entrer en scène dans la réponse immunitaire. »

Les chercheurs ont établi que l'état de choc des souris résultait de la libération de sérotonine par les plaquettes. « Il s'agit de la même molécule que le neurotransmetteur du cerveau, mais celle retrouvée dans les plaquettes est produite par des cellules de l'intestin. Les plaquettes stockent la sérotonine – elles renferment 90 % de toute la sérotonine du corps – et elles la libèrent dans certaines conditions », précise le chercheur.

L'une des implications cliniques de cette étude est que la transfusion de plaquettes aux patients en état de choc septique ou anaphylactique pourrait aggraver leur état en augmentant la quantité de sérotonine dans le sang. « La transfusion demeure importante, surtout que ces patients présentent souvent des taux de plaquettes très bas, mais pour prévenir cette éventualité il faudrait bloquer le récepteur du complexe antigène-anticorps sur les plaquettes avant la transfusion », suggère Éric Boilard. Le chercheur évalue maintenant le rôle du récepteur des complexes antigène-anticorps des plaquettes dans les maladies auto-immunes comme l'arthrite et le lupus. « On pense qu'en le bloquant ce récepteur, il serait possible d’améliorer l'état des malades sans affecter les autres fonctions des plaquettes », avance-t-il.

L'étude parue dans PNAS est signée par 24 chercheurs dont 14 de l’Université Laval et du Centre de recherche du CHU de Québec-Université Laval: Nathalie Cloutier, Isabelle Allaeys, Geneviève Marcoux, Benoit Mailhot, Anne Zufferey, Tania Lévesque, Yann Becker, Nicolas Tessandier, Imene Melki, Guy Poirier, Louis Flamand, Steve Lacroix, Paul Fortin et Éric Boilard.


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Renseignements :
Éric Boilard
Faculté de médecine
Université Laval
Centre de recherche du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Québec-Université Laval
418 525-4444, poste 46175
eric.boilard@crchuq.ulaval.ca

Source :
Jean-François Huppé
Relations médias
Université Laval
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