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La baisse de température corporelle liée au vieillissement pourrait aggraver les manifestations de la maladie d’Alzheimer

7 avril 2016

Québec, le 7 avril 2016 – La baisse de la température corporelle liée au vieillissement pourrait aggraver les principales manifestations de l'alzheimer, suggère une étude publiée dans le dernier numéro de la revue Neurobiology of Aging par des chercheurs de l’Université Laval. Même si cette démonstration a été faite à l’aide de souris transgéniques, les chercheurs estiment que les résultats sont suffisamment probants pour que cette piste mérite d’être étudiée chez l'humain.

« Nous savons que l'incidence de l'alzheimer est faible avant 65 ans mais qu'elle double tous les 5 à 6 ans par la suite, rappelle le responsable de l'étude, Frédéric Calon, professeur à la Faculté de pharmacie de l’Université Laval et chercheur du Centre de recherche du CHU de Québec-Université Laval. Nous savons aussi que le métabolisme et la température corporelle diminuent chez les personnes âgées. Nous avons donc testé l'hypothèse que l'altération de la thermorégulation qui survient avec l'âge amplifie les principales manifestations de l'alzheimer et qu'un cercle vicieux peut même s'installer puisque la maladie s'exprime dans certaines zones du cerveau impliquées dans la régulation thermique. »

Pour tester cette hypothèse, les chercheurs ont eu recours à un type de souris transgéniques qui, en vieillissant, expriment les principales manifestations de la maladie d’Alzheimer. Elles produisent de la bêta-amyloïde qui conduit à la formation des plaques séniles dans le cerveau, elles sont affectées par une pathologie des neurones les rendant non fonctionnels et elles perdent des protéines synaptiques. Chez ces souris, des problèmes de mémoire surviennent à partir de l'âge de 6 mois.

En comparant ces souris transgéniques à des souris normales, les chercheurs ont d'abord établi que les premières parviennent moins bien à maintenir leur température corporelle en vieillissant. Cette différence atteint presque 1 degré Celsius à l'âge de 12 mois. Les chercheurs ont aussi constaté que les manifestations de l’alzheimer sont nettement plus prononcées chez les souris transgéniques lorsqu’elles sont exposées à de basses températures: « Les protéines tau anormales, responsable de la détérioration des neurones, augmentent davantage chez les souris transgéniques que chez les souris normales et la perte de protéines synaptiques est plus prononcée », explique Frédéric Calon.

À l'opposé, les chercheurs ont observé que l'exposition à une température ambiante élevée atténue certaines manifestations de la maladie d'Alzheimer. Après une semaine passée dans un environnement à 28 degrés Celsius, la température corporelle des souris transgéniques avait augmenté de 1 degré Celsius, la production de bêta-amyloïde avait diminué substantiellement et les résultats aux tests de mémoire étaient comparables à ceux des souris normales.

« Nos résultats suggèrent qu'il vaudrait la peine d'explorer la question de la thermorégulation chez les personnes âgées souffrant d'alzheimer, estime le professeur Calon. Si nos conclusions se confirment, il s'agirait d'une avenue thérapeutique relativement facile à mettre en application parce que la température corporelle peut être augmentée par la pratique d'activité physique, par l'alimentation, par des interventions pharmacologiques ou tout simplement en augmentant la température ambiante. »

L’étude parue dans Neurobiology of Aging est signée par Milène Vandal, Phillip White, Marine Tournissac, Cyntia Tremblay, Isabelle St-Amour, Janelle Drouin-Ouellet, Mélanie Bousquet, Marie-Thérèse Traversy, Emmanuel Planel, André Marette et Frédéric Calon.


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Renseignements :
Frédéric Calon
Faculté de pharmacie
Université Laval
Centre de recherche du CHU de Québec-Université Laval
418 525-4444, poste 48697
frederic.calon@pha.ulaval.ca

Source :
Jean-François Huppé
Relations médias
Université Laval
418 656-7785
jean-francois.huppe@dc.ulaval.ca

 

 

 


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