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Les Canadiens victimes d’un AVC risquent plus d’en mourir s’ils sont traités en région

12 février 2018

Québec, le 12 février 2018 – Les Canadiens victimes d’un accident vasculaire cérébral (AVC) risquent plus d’en mourir s’ils sont traités dans un hôpital situé en région plutôt que dans un centre urbain. Selon une nouvelle étude publiée dans la revue PLOS One par des chercheurs de l’Université Laval, le taux de mortalité dans le mois qui suit un AVC est environ 25 % plus élevé pour les patients traités en région.

L’équipe dirigée par le Dr Richard Fleet, professeur à la Faculté de médecine de l’Université Laval et titulaire de la Chaire de recherche en médecine d'urgence Université Laval–CISSS Chaudière-Appalaches, arrive à ce constat après avoir comparé le taux de mortalité des victimes d’AVC admis dans 286 hôpitaux situés en région et dans 24 hôpitaux urbains du Canada entre 2007 et 2011. Les hôpitaux en région ont été inclus dans l'étude s'ils se trouvaient dans une agglomération d’environ 10?000 habitants ou moins et s’ils disposaient d’une urgence où un médecin et des lits d’hospitalisation étaient disponibles en permanence.

À l’aide de données compilées par l’Institut canadien d’information sur la santé, les chercheurs ont établi que le taux de mortalité des victimes d’AVC admis dans des hôpitaux urbains a fluctué entre 14,1 et 16,8 % pendant les cinq années couvertes par l’étude. Dans les hôpitaux situés en région, ce taux a varié de 18,3 à 21 %. L'écart entre les deux types d'hôpitaux a été observé chaque année et dans chaque province étudiée.

Selon les chercheurs, cet écart pourrait s'expliquer par un manque de ressources dans les hôpitaux situés en région. Leur étude rapporte que seulement 21 % de ces hôpitaux ont une unité de soins intensifs et qu’à peine 11 % disposent d’un tomodensitomètre, communément appelé scanner. « L’absence de cet appareil à l’intérieur des murs de l’hôpital prive les médecins d’un outil pouvant les aider à poser rapidement un diagnostic d’AVC et à commencer sans délai le traitement recommandé », souligne le professeur Fleet.

Les urgences des hôpitaux situés en région enregistrent plus de 3 millions de visites chaque année au Canada et les AVC sont l’une des trois principales causes de décès au pays. « Environ 20 % de la population canadienne vit en région et notre étude soulève des questions sur l’un des principes de notre système universel de santé selon lequel tous les Canadiens, peu importe où ils vivent, ont droit à un accès égal à des soins de qualité. Il serait temps de s’attaquer aux iniquités dans les soins de santé en région. »

Il est à noter que les hôpitaux québécois n’ont pas été inclus dans les analyses parce que le Québec n’a pas fourni de données à l’Institut canadien d’information sur la santé pour la période étudiée. Par contre, une étude précédente de l’équipe du professeur Fleet a montré que les hôpitaux situés dans les régions du Québec sont bien outillés par rapport à ceux du reste du Canada : 74 % d’entre eux disposent d’une unité de soins intensifs et 78 % possèdent un scanner.
 
L’étude publiée dans PLOS One est signée par Richard Fleet, Sylvain Bussières, Fatoumata Korika Tounkara, Stéphane Turcotte, France Légaré, Julien Poitras et Patrick Archambault, de l’Université Laval, Jeff Plante, de l’Université de la Colombie-Britannique, et Gilles Dupuis, de l’UQAM.


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Source:
Jean-François Huppé
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