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Pas tous égaux devant les régimes amaigrissants : certaines personnes ont un profil qui réduit les chances de succès d’un régime

Québec, le 16 novembre 2021 – Le succès d’un programme amaigrissant n’est pas uniquement une question d’efforts et de respect des consignes, selon une étude internationale qui vient de paraître dans la revue Frontiers in Nutrition. L’équipe de chercheurs dirigée par le professeur Angelo Tremblay, de l’Université Laval, conclut que des caractéristiques individuelles – dont plusieurs liées au stress – réduisent les chances de succès d’un régime.

L’étude repose sur des données récoltées auprès de 2020 sujets en surpoids et prédiabétiques qui ont participé à une intervention en deux temps. La première phase, d’une durée de deux mois, visait une perte de poids représentant au moins 8 % du poids initial. Ceux qui parvenaient à atteindre l’objectif pouvaient entreprendre la seconde phase visant le maintien de la perte de poids sur une longue période. Ceux qui n’atteignaient pas l’objectif étaient exclus du programme.

Au terme de la première phase, 191 participants n’avaient pas atteint la cible prescrite. « Leur engagement dans le programme, que nous avons mesuré par leur taux de participation aux activités de suivi et de soutien, était pourtant aussi grand que celui des sujets qui avaient atteint l’objectif, constate Angelo Tremblay, professeur à la Faculté de médecine de l’Université Laval et chercheur à l’Institut sur la nutrition et les aliments fonctionnels (INAF) et au Centre de recherche de l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec.

Les analyses ont montré qu’avant même d’entreprendre le régime, les sujets du groupe « Insuccès » avaient une sensibilité à la faim et une sensation de faim plus élevées que les sujets de l’autre groupe. Leur niveau de stress était également plus grand. Plus le niveau de stress, la fréquence cardiaque au repos et le sentiment de restriction alimentaire mesurés en début d’intervention étaient élevés, moins la perte de poids subséquente était grande. « Il s’agit de trois variables liées au stress », souligne le professeur Tremblay. 

Les chercheurs ont effectué une seconde série de mesures au terme de la première phase du programme. Même si le déficit calorique induit par l’intervention était deux fois moins élevé chez les participants du groupe « Insuccès », leur sensibilité à la faim et leur sensation de faim s’étaient davantage accrues que dans l’autre groupe. De plus, l’intervention visant l’amélioration du sommeil a été moins profitable pour eux.  

« Nos résultats rappellent que l’insuccès des régimes amaigrissants n’est pas toujours le résultat d’un manque de volonté ou d’engagement de la part des participants, fait valoir le professeur Tremblay. Il existe des caractéristiques individuelles qui font qu’une intervention efficace pour les uns ne fonctionnera pas pour les autres. Les professionnels de la santé doivent faire montre d’empathie et adapter leurs interventions afin qu’elles respectent ce que le corps et l’esprit de chacun de leurs patients peuvent tolérer. » 
 

Source :
Équipe des affaires publiques
Université Laval
418 656-3355
medias@ulaval.ca