Quartiers universitaires
L’Université Laval réfléchit au développement de son campus afin de générer des revenus au service de ses priorités stratégiques et de dynamiser la vie universitaire.
L’Université est propriétaire d’un patrimoine foncier vaste de près de 180 hectares au cœur de la ville de Québec. Au fil des décennies, le secteur de Sainte-Foy s’est transformé d’un territoire rural en un pôle urbain majeur de la ville de Québec. Parallèlement, l’Université Laval a connu une croissance importante de son effectif étudiant et de ses activités d’enseignement et de recherche, sans toutefois mobiliser l’ensemble des espaces disponibles sur son territoire. Aujourd’hui, alors que la Ville connaît un élan de transformation, cette réalité représente pour l’institution une occasion unique de réfléchir à l’avenir de certains de ses terrains situés en périphérie du cœur du campus.
Objectifs stratégiques du projet de quartiers universitaires
L’Université souhaite explorer le développement de nouveaux quartiers qui contribueront à renforcer son autonomie financière et à enrichir la vie du campus.
Renforcer l’autonomie financière
Générer des bénéfices autonomes pour l’Université qui seraient réinvestis au service de la mission universitaire.
Dynamiser la vie universitaire
Favoriser l’émergence d’un campus dynamique en proposant une offre diversifiée d’habitations et de services.
Les futurs quartiers deviendront de véritables milieux de vie complets et animés en combinant logements, services, espaces verts, lieux de rencontres accessibles à toutes et à tous. Ils contribueront à enrichir la vie sur le campus et à renforcer les liens entre l’Université et les quartiers environnants. Le campus deviendra ainsi un lieu où l’on choisit de rester, de se rencontrer, d’échanger et de faire émerger de nouvelles idées.
Bâtir l’avenir en cohérence avec la mission et les valeurs de l’institution
Dans un contexte où les universités doivent composer avec des ressources financières de plus en plus limitées, cette initiative représente une manière de diversifier les sources de revenus, tout en saisissant une occasion rare, soit celle de façonner son propre territoire à son image et en cohérence avec ses valeurs.
S'inscrivant dans la foulée de son Plan directeur immobilier (PDI), l’Université envisage développer un ensemble immobilier novateur, principalement résidentiel, sur ses terrains libres de construction en périphérie du cœur du campus. Réalisé avec des partenaires, ce projet permettra de valoriser de manière responsable une partie du patrimoine foncier, tout en conservant la propriété à long terme. Cette démarche renforcera l’autonomie financière de l’institution afin de soutenir sa mission d’enseignement, de recherche et de service à la communauté. La réflexion s’inscrit aussi dans un contexte plus large de transformation des villes et de recherche de solutions durables pour répondre à plusieurs enjeux contemporains, notamment en matière d’habitation, de qualité des milieux de vie et de transition écologique.
Modèle éprouvé, il a été mis en œuvre avec succès en Colombie-Britannique, notamment à l’Université de Colombie-Britannique, à l’Université Simon Fraser et à l’Université Thompson Rivers.
Secteurs à développer
Parmi les sites identifiés au Plan directeur immobilier, ceux de Quatre-Bourgeois (18 ha) et de Myrand (20 ha) présentent un potentiel particulièrement stratégique pour le développement des quartiers universitaires.
Le secteur Myrand constitue un site clé pour le développement futur du projet. Sa localisation stratégique offre un potentiel important pour la création d’un milieu de vie dynamique, accessible et bien intégré à son environnement.
Le projet pour ce secteur passera prochainement à une phase subséquente de consultation et de participation. Cette étape permettra de poursuivre le dialogue avec la communauté universitaire ainsi qu’avec les citoyennes et citoyens des quartiers avoisinants afin d’enrichir la réflexion et de préciser les orientations d’aménagement.
Les activités de consultation réalisées jusqu’à présent ont permis de faire émerger certaines préoccupations à propos de l’utilisation des terrains situés à l’ouest de l’autoroute Robert-Bourassa.
À la lumière de ces échanges, un délai supplémentaire est nécessaire afin d’approfondir l’analyse et de poursuivre la réflexion. Les discussions avec les parties prenantes internes se poursuivront afin de mieux définir les orientations possibles pour ce secteur.
Participation citoyenne
Midis-conférences du 7 au 16 avril 2026
Du 7 au 16 avril 2026, la communauté est invitée à participer à une série de midis-conférences consacrées au secteur Myrand. Ces rencontres permettront d’aborder les principaux enjeux soulevés lors des consultations précédentes, en les éclairant par les regards croisés d’expertes et d’experts. Elles offriront ainsi l’occasion de mieux comprendre les effets du projet et de nourrir la réflexion collective. Elles sont organisées en collaboration avec le Centre de recherche en aménagement et développement.
Réservez votre place dès maintenant pour un ou plusieurs midis-conférences.
Étapes de la consultation et de la participation de la communauté
Afin d’enrichir la réflexion collective sur la manière de repenser certains espaces du campus, plusieurs activités de participation ont permis et permettront d’impliquer la communauté universitaire.
Mise sur pied du comité vision d’aménagement et tenue de trois ateliers collaboratifs, inspirés de la démarche de design thinking, afin de générer l’ébauche d’un énoncé de vision et des engagements
Période : printemps 2025 - En cours
Diffusion d’un sondage en ligne adressé à l’ensemble de la communauté universitaire
Période : automne 2025 - Complétée
Série de quatre midis-conférences, croisant les regards d’expertes et d’experts et des membres de la communauté universitaire pour approfondir les enjeux et favoriser le dialogue. Les inscriptions pour ces activités sont maintenant ouvertes.
Période : printemps 2026 - À venir
Consultation publique menée par la Ville de Québec, permettant d’intégrer les perspectives citoyennes et municipales dans le projet. Plus d’information sur cette activité sera diffusée prochainement.
Période : été 2026 - À venir
Activité offrant à la communauté universitaire un espace pour partager idées et perspectives sur le projet.
Période : automne 2026 – À venir
Des concepts clés pour penser les quartiers
D’ici 2036, la région métropolitaine de recensement (RMR), qui regroupe Québec, Lévis et leur périphérie, pourrait franchir le cap du million d’habitants (ISQ, 2025). Cette croissance démographique soulève une question cruciale : comment planifier un développement urbain capable d’accueillir cette population tout en préservant la qualité de vie, l’environnement et l’identité du territoire ?
La littérature et les études urbaines convergent toutes pour dire que la planification du territoire doit s’appuyer sur des principes tels que la requalification et consolidation, la mixité fonctionnelle et sociale, la mobilité durable et la qualité des milieux de vie. Ces notions, interreliées, orientent les choix d’aménagement vers une ville plus compacte, inclusive et durable.
La requalification consiste à transformer un secteur pour lui donner une nouvelle fonction, tandis que la consolidation privilégie le développement sur des sites situé en milieu urbain, maximisant ainsi l’usage des infrastructures existantes et les investissements publics. Lorsqu’un terrain combine requalification et consolidation, il favorise un développement urbain plus efficace et durable, contribuant à limiter l’étalement urbain et à réduire les émissions de gaz à effet de serre liées aux déplacements motorisés.
Les projets de requalification et de consolidation entraînent souvent une augmentation de la densité, c’est-à-dire un plus grand nombre de résidents et d’activités (commerces, services, bureaux, etc.). Contrairement à une idée reçue, la densité ne se limite pas à la hauteur des bâtiments, elle est également influencée par la taille des terrains, le type de construction, la superficie des logements et la largeur des rues, autant de facteurs qui façonnent le développement et l’animation d’un quartier.
La mixité sociale correspond à la présence, dans un même secteur, de personnes aux âges, aux revenus et aux origines différentes. Cette diversité permet de créer des milieux de vie dynamiques et inclusifs, plutôt que des espaces uniformes regroupant une population homogène.
La mixité d’usages s’oppose à la segmentation fonctionnelle du zonage traditionnel, en favorisant la cohabitation de plusieurs fonctions (résidentielles, commerciales, institutionnelles ou récréatives) au sein d’un même lieu plutôt que leur séparation stricte dans des zones distinctes. Cette mixité peut s’observer à l’échelle d’une rue (mixité horizontale) ou d’un bâtiment (mixité verticale).
La mixité d’habitation désigne la présence de différents types de logements au sein d’un même quartier. Elle vise à offrir une diversité de formes résidentielles, de tailles et de gamme de prix afin de répondre aux besoins d’une population variée et d’évoluer avec elle dans le temps.
Un milieu de vie complet est un concept clé en aménagement du territoire qui désigne un quartier où il est possible à la fois d'habiter et d’effectuer la majorité de ses activités quotidiennes (travailler, consommer, se récréer, étudier, etc.) à distance de marche. Un milieu de vie complet est généralement caractérisé par une mixité d’activités et d’usages, ce qui lui permet d'assumer un rôle de centralité locale (PMAD, 2025).
La mobilité se réfère à l’accessibilité des lieux et à la capacité des personnes à s’y déplacer. La mobilité durable, quant à elle, vise à réduire la consommation d’énergies fossiles et les émissions de gaz à effet de serre liées aux transports. Elle repose sur la réduction de la dépendance à l’automobile, la promotion des modes de transport actifs (marche, vélo) et collectifs autopartage, autobus, tramway), ainsi que sur une planification intégrée du territoire favorisant la proximité entre les lieux d’habitation, de travail et de services.
Un projet de requalification peut sembler, à première vue, s’opposer à la préservation d’un milieu patrimonial. Pourtant, s’il respecte la qualité du cadre de vie et valorise la mémoire collective des lieux, il contribue à en préserver la continuité et à en renforcer l’attractivité. Le patrimoine, qu’il soit bâti, culturel ou paysagé, constitue un repère important pour une collectivité. Il façonne l’identité des lieux et le sentiment d’appartenance. Un projet qui s’inspire de cet héritage vient ainsi enrichir le milieu qui sera transmis à la collectivité d'une génération à l'autre.
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